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Quelques minutes seulement après la fin du vote qui a consacré le député Amadou Salifou au poste de nouveau président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou n’a pas mâché ses mots pour dire tout ce qu’il pense de la procédure ayant conduit à son remplacement à la tête du Parlement. « Les règles ne sont pas respectées, la loi et la constitution ont été violées » a fulminé le président du Moden LUMANA depuis son exil parisien. Sans s’attarder sur le déroulement de la séance de ce lundi, Hama Amadou est revenu sur la décision de la Cour Constitutionnelle ayant constatée la vacance du pouvoir à la présidence du Parlement.

Selon lui, la Constitution ne donne aucune attribution à la Cour Constitutionnelle en la matière. « Vous pouvez lire la Constitution de long en large et même de travers, nulle part vous ne verrez où la Cour Constitutionnelle a la compétence pour déclarer la vacance de la présidence de l’Assemblée nationale » a rétorqué Hama Amadou. L’ancien principal allié du Président Issoufou Mahamadou n’a, également, pas été tendre avec le régime de Niamey. « Nous sommes dans un système de totalitarisme où aucune institution n’est indépendante » a estimé Hama Amadou, expliquant que « tout dépend du pouvoir exécutif, que ce soit la Cour constitutionnelle et les autres institutions de la république, ils ne regardent pas ce que la loi dit ; ils font ce que le monarque du moment dit ». Hama Amadou qui se positionne désormais comme le principal challenger du Président Issoufou pour les prochaines élections n’a pas voulu dévoilé le temps que prendra son exil.

Par rapport justement à ces échéances de 2016, il a estimé que « les élections nigériennes se dérouleront un peu partout dans le monde et les nigériens votent et sont éligibles aux législatives même à l’extérieur », une manière pour lui de laisser entendre qu’il se portera candidat d’où qu’il se trouve et même si son exil s’éternisera jusqu’à cette période. Enfin, dernière déclaration de l’ancien président de l’Assemblée nationale qui dispose encore de son statut de député, Hama Amadou a affirmé qu’il ne souhaite aucune intervention de la France ou de l’extérieur dans ce dossier.

« La France n’a rien à voir, c’est une affaire nigéro-nigérienne » a conclut le président de LUMANA balayant ainsi les rumeurs qui font état de négociations entre lui et son ancien allié afin de colmater les brèches ouvertes par son départ de la majorité il y a plus d’un an maintenant.

A.Y.Barma