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La conquête du graal suprême sera devenue presque obsessionnelle chez le personnage au point de boucher tous ses horizons politiques. Tout le monde le sait au Niger, la seule aspiration de Hama Amadou est la conquête et l’exercice du pouvoir suprême.
Pour parvenir à ses fins, le hamisme, depuis ses premiers balbutiements, n’aura pas lésiné sur les moyens en formatant l’historique MNSD- Nassara et en débarrassant celui-ci de tout ce qui pouvait entraver la réalisation de ce grand dessein. La hamisation de toutes les structures du MNSD atteignit son point d’orgue dans la décennie 2000, lorsque le tout-puissant Premier Ministre Hama Amadou était le maître incontesté et incontestable de la Cinquième République, reléguant ainsi le président à un rôle d’inauguration des chrysanthèmes.
Au faîte de sa gloire politique, Hama Amadou écrasai tout au Niger de sa puissance : camarades du parti frondeurs, opposants, syndicalistes, acteurs de la Société civile, islamistes, bref tout le microcosme politique et social devait marcher dans les pas forcés du hamisme ou périr. Au cours de cet âge d’or, tous les oracles de la politique lui prédisaient un avenir radieux avant que Dieu le Tout-Puissant ne fît connaitre sa volonté par la motion de censure du 31 mai 2007 qui l’éjecta de la primature.
En plus de cette éviction, ce fut la descente aux enfers, avec son arrestation et son incarcération à la prison de haute sécurité de Koutoukalé. Commençait alors le début d’une longue nuit pour lui et sa carrière politique devait, désormais s’écrire en pointillés. Il y passa onze bons mois avant que, à titre humanitaire, les dirigeants du PNDS voulussent aider à sa libération. Ce fut le temps du fameux ‘’J’ai changé’’ plein d’humilité en rupture totale avec le hamisme flamboyant et arrogant du passé.
Exilé du territoire national durant tout le temps du tazarché, laissant le soin à ses partisans de mener le combat autour de Zaki, le seul leader politique resté au pays, il ne revint au pays qu’au lendemain du coup d’Etat ayant renversé le régime de l’imposteur et du parjure Tandja. Engagé malgré lui dans la CFDR, il ne tardera point à fausser compagnie à Issoufou en allant créer l’Alliance pour la Réconciliation Nationale (ARN) qui n’était valable à ses yeux, qu’au cas où il serait admis au second tour de l’élection présidentielle de mars 2011 !
Encore-là, un trait de caractère du personnage : ramener tout à sa seule personne. N’ayant pas atteint l’objectif visé, sans vergogne et sans états d’âme, il n’hésita point à rejoindre le Président du PNDS au second tour de l’élection présidentielle. C’était également le temps du Hama qui affirmait partout dans les meetings :’’Qui est Seini ? C’est quelqu’un que j’ai pris par la main pour l’amener en politique, lui qui n’était qu’un simple vendeur de cahiers d’écoliers !
’’ Allié stratégique au sein de la MRN, Hama Amadou était le chouchou du Président Issoufou : tout ce qu’il touchait ou sur lequel il posait un regard lui revenait comme de droit s’il en faisait la demande. Aujourd’hui, que reste-t-i à Hama Amadou ? Il laisse derrière lui un parti politique exsangue, une famille meurtrie, une carrière politique à jamais brisée. Dans tous les cas, en fuyant, Hama aura certes réussi à sauver sa peau, mais pas sa carrière politique, car dans les prochains mois, la Justice nigérienne donnera une suite définitive à ce dossier infamant de trafic de bébés importés.
S’il est reconnu coupable, il sera condamné par contumace et s’en sera fini de ses ambitions présidentielles pour 2016, chose pour laquelle il se sera trop pressé. A-t-il seulement mesuré toutes les conséquences et toute la dimension de sa fuite ? Visiblement non. Quelque part, le personnage est beaucoup plus à plaindre, car il aura plus montré son attachement à sa petite personne qu’à ses convictions politiques. C’est bien dommage pour tous ceux qui avaient aimé l’homme politique Hama Amadou.
Nous sommes aux regrets d’écrire ces lignes qui ont l’allure d’une oraison funèbre politique, car durant des années, Hama Amadou nous aura inspirés pour alimenter régulièrement votre journal. A n’en point douter, il nous manquera certainement, mais nous saurons, ne vous inquiétez point, nous en passer parfaitement !

Zak (ECHOS DU NIGER )