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Le dimanche 11 janvier 2015, le Président de la République a pris part à la marche organisée par le gouvernement français pour protester contre l’attentat terroriste dont avait été victime, le mercredi 7 janvier, le journal « Charlie Hebdo ».

Pour le Président de la République, ce geste comporte un double objectif: Premièrement, il s’agit de témoigner au gouvernement et au peuple français éprouvés l’amitié et le soutien du peuple du Niger. Notre pays, lié à la France par des relations multiformes et anciennes, se souvient en particulier de la promptitude avec laquelle, il y a deux ans, l’armée française avait volé au secours du peuple frère du Mali pour le sauver d’une équipée terroriste dont le dessein était de l’asservir. Notre pays se souviendra toujours, à cet effet, des jeunes militaires français morts ou blessés pour la cause du Mali qui est aussi en l’occurrence la cause du Niger. Le Gouvernement mesure également, de façon précise, les effets positifs de l’opération Barkhane sur la sécurité de notre pays.

Deuxièmement, ceux qui ont commis cet attentat ignoble ont déclaré l’avoir fait au nom de l’Islam. Le geste du Président de la République, en tant que Chef d’Etat d’un pays de confession musulmane à plus de 98%, vise à contribuer à empêcher les amalgames si courants par ces temps où en Europe, l’islamophobie est exploitée à des fins politiciennes. Il s’agit pour le Président de la République de contribuer à protéger l’image de l’Islam contre ceux qui la dénaturent à travers des actes criminels foncièrement réprouvés par la foi musulmane. En effet, ceux qui ont commis cet attentat n’ont rien de musulmans. Ils sont exactement comme ce jeune Nigérien du nom de Moustapha Goni Omar qui, le 26 mai dernier, après s’être enrôlé dans les troupes de Boko Haram au Nigeria, était revenu nuitamment dans son village de Chétima Wango, en compagnie d’autres personnes, réveiller son propre père, chef dudit village et le faire assassiner parce qu’il ne serait pas un bon musulman.

La participation du Président de la République à la manifestation du 11 janvier procède donc de son engagement contre le terrorisme et pour la liberté. Il ne signifie nullement un quelconque soutien aux dérives qui peuvent découler d’une certaine conception de la liberté de presse.

C’est pourquoi le gouvernement dénonce, et condamne avec véhémence, la caricature du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur lui) contenue dans le numéro de « Charlie Hebdo » du mercredi 14 janvier 2015, qu’il considère comme une provocation injurieuse totalement inacceptable. Aussi, sur instruction du Président de la République, le gouvernement a-t-il décidé d’interdire la vente et la diffusion de ce numéro sur l’ensemble du territoire national.

 

 

Fait à Niamey le 15 janvier 2015