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» Ce n’est pas leur diabolisation ou leur tentative de diffamation qui vont m’arrêter. Je parlerai, mais à la différence de ce qu’ils font, je parlerai avec mesure, avec les égards que j’ai pour les Institutions de la République du Niger « , a clamé Soli Abdourhamane En début de ce mois de février, l’Ancien Procureur près la Cour Suprême, Soli Abdourhamane, est intervenu sur la télévision nationale pour réagir par rapport au Livre blanc concocté par l’opposition politique, afin de discréditer les institutions républicaines dont le tome 1 est consacré à la Cour Constitutionnelle.

Cette opposition, à travers une déclaration à réagit à s’attaquant à Soli Abdourhamane. Ce dernier a réagi hier lundi à cette déclaration qu’il qualifie de mensongère. Nous vous proposons l’intégralité de son intervention:

» Il faut regretter dans la déclaration de l’ARDR, une certaine tendance à la manipulation, à la désinformation ainsi que des incohérences. La désinformation, c’est lorsque les membres de l’ARDR ont dit que, je suis sortis en service commandé pour jeter l’opprobre sur eux. Ils savent depuis toujours que moi je ne travaille pas en service commandé. Je ne suis sous les ordres d’aucun organe de presse. Les interviews, il m’est arrivé à en accorder à tous les organes qui existent et qui le demande. Je n’ai pas l’habitude de m’accrocher à un organe de presse pour accorder une interview.

Chaque fois que je suis sollicité, si je juge utile d’intervenir, je le fais, parce que je n’interviens pas sur tous les sujets. Ainsi, je n’ai pas travaillé en service commandé, mais comme j’ai été sollicité et que le sujet me paraissait d’une importance qui justifiait que j’intervienne, alors j’ai parlé ! La manipulation qui conduit aussi à la désinformation, c’est quand on affirme que je suis intervenu au mépris d’une soit- disant obligation de réserve, en ma qualité de membre du Conseil supérieur de la Magistrature, c’est faux !

 Je n’ai pas d’obligation de réserve à ce niveau. La seule obligation qui m’incombe, c’est celle de respecter le secret des délibérations, ce qui n’est pas le cas ici. 

Il s’agit d’un débat public qui concerne la vie de l’Etat, qui concerne une institution de l’Etat. Donc je suis intervenu pour donner mon point de vue.

 J’ai le droit, au même titre que les membres de l’ARDR, de m’exprimer sur la Cour Constitutionnelle. La seule différence c’est que moi, je ne le fait pas avec  la démesure qu’ils mettent à intervenir.

La manipulation et la mise en scène, c’est quand on me prête certains propos. La déclaration dit que, j’ai affirmé que si les dix membres de l’ARDR, (soit dit en passant, je n’ai jamais su s’ils sont dix, vingt ou cinquante), entreprenaient une action de justice contre leurs dissidents, (les dissidents de leurs formations politiques) ils auraient gain de cause : c’est faux ! Un jour, un journaliste m’a demandé est-ce que les partis qui sont victimes des dissidences peuvent se plaindre contre leurs membres dissidents et naturellement j’ai dit oui, parce que la justice est pour tout le monde, car tout celui qui estime qu’il a une question à défendre doit s’adresser à la justice.

Mais de là à dire que j’ai dit qu’ils auront gain de cause, c’est faux ! C’est qu’on recherche une complicité quelque part ou l’aval d’une certaine opinion pour un peu accréditer sa thèse.  Je mets les membres de l’ARDR au défi de fournir l’interview dans laquelle ils me prêtent ces propos ! J’ai dit qu’ils peuvent s’adresser à la justice, et c’est tout ! Je n’ai pas dit s’ils auront gain de cause ou pas !

Moi je ne fait pas du charlatanisme juridico-judiciaire, pour dire que telle action si vous la porter devant la justice vous aurez gain de cause ou pas !

Ensuite, il y a une certaine confusion dans ce qu’ils disent. Premièrement, ils ont accusé le président de la République de s’être immiscé dans le domaine judiciaire, au mépris de la séparation des pouvoirs. Ils ont employé les arguments qu’ils ont l’habitude d’employer pour dire çà. Après ils s’escriment encore à démontrer que la Cour Constitutionnelle n’est pas une juridiction, que ses membres ne sont pas des magistrats, donc ils se contredisent.

C’est une confusion volontaire parce qu’on veut faire feu de tout bois, on fait appel à toutes sortes d’arguments pour essayer de construire une thèse. Leurs deux arguments s’annulent. D’une part, ils disent que le Chef d’Etat s’est immiscé dans une affaire judiciaire et de l’autre, ils disent que la Cour Constitutionnelle n’est pas une juridiction, alors dans quoi s’estil immiscé ? En réalité, nous sommes en présence d’individus en plein désarroi, parce qu’on ne sait pas ou donner de la tête et on cherche des arguments partout. 

La réalité, c’est que la Cour constitutionnelle est bel et bien une juridiction, c’est la Constitution qui le pro
clame  Ils n’ont donc qu’à regarder dans cette Constitution qu’ils rabâchent à tout bout de champ. C’est dans le même titre qu’on parle du pouvoir judiciaire, de toutes les cours et tribunaux du Niger. Cette Cour est donc un pouvoir judiciaire et personne n’a le droit de dénier à ce service cette qualité. Ils disent encore que le procureur a agit sur ordre afin de les poursuivre ou pour les faire entendre, ce qui est tout à fait normal au demeurant !

Le procureur, contrairement à une idée répandue, il n’est pas l’avocat du gouvernement, c’est l’avocat de la société. Dans cette affaire, du livre blanc, c’est la société, c’est l’Etat qui est en cause, donc le procureur est bel et bien habilité à ordonner une enquête préliminaire pour comprendre de quoi il s’agit, pour s’avoir s’il y a infraction. C’est-à-dire une faute commise contre la société, un acte susceptible de causer du désordre social et troubler l’ordre public, il est habilité à agir et c’est en cette qualité que le procureur est intervenu. Ce n’est pas parce que le Chef de l’Etat lui aurait dit de poursuivre.

La Cour Constitutionnelle peut s’estimer comme victime, mais la société est aussi victime parce qu’il y a menace de désordre. Quand, dans une place publique, quelqu’un fracture le bras de son voisin, ce dernier peut se plaindre ou ne pas le faire aussi, mais le procureur s’il est au fait de la question peut se plaindre aussi pour blessure involontaire ou volontaire et il poursuit. Donc l’un n’empêche pas l’autre. La Cour Constitutionnelle est une institution de l’Etat, elle concerne donc le Président de la République comme les autres citoyens. C’est à ce titre que moi, je suis intervenu pour dire mon point de vue sur cette question et j’ai le droit de le dire.

Qu’est ce qui explique cette attitude des membres de l’ARDR face à quelqu’un qui exerce un droit inscrit dans la Constitution ? Celui de jouir de sa liberté d’expression sur un problème national ?

Cette attitude s’explique par le fait qu’on veut simplement imposer, même à coup de manipulation, de tentative de diabolisation et de mensonges, donc imposer le silence à tous ceux qui peuvent apporter un minimum de clarté dans la confusion qu’ils veulent semer quotidiennement, sur un problème posé. Ils veulent  »clouer le bec » à tous ceux qui osent parler autres choses que ce qu’ils veulent entendre. Ce n’est que çà et rien d’autre ! 

Or, si c’est cela effectivement, je leur garantis charitablement que, ils le font en pure perte de temps. Parce que jamais  je ne me tairai lorsque j’ai quelque chose à dire sur une question qui intéresse une ou plusieurs institutions de l’Etat. Ce n’est pas leur diabolisation ou leur tentative de diffamation qui vont m’arrêter.  Je parlerai mais à la différence de ce qu’ils font, je parlerai avec mesure, avec les égards que j’ai pour les Institutions de la République du Niger.

Parce que moi j’ai une autre idée du Niger. Quand eux ils parlent du Niger, c’est en termes de menaces, de malheur de toutes sortes. Ils ne rêvent que plaies et bosses. Ils ne parlent que guerre civile, cataclysme et autres catastrophes absolues pour un rien. Moi je ne parle pas comme çà. Je parle de ce que je sais avec respect et mesure. 

Donc, je parle en fonction de ce que dit la loi et le règlement. Je ne parle pas en désordre. Mais eux, leur problème c’est qu’il faut parler, dire n’importe quoi, pour parler et parler ! Ils s’en foutent de ce que dit la loi.. C’est pour cela que moi, mon crédo reste le respect de la loi et d’essayer d’atténuer les exagérations qui vont à l’encontre des dispositions des textes ; donc pour le reste, ils peuvent toujours courir, moi je ne me tairais pas, tant que j’aurais quelque chose de sensé à dire !

Pour conclure, je trouve que leur déclaration contient  beaucoup d’inexactitudes volontaires contre moi et que je viens de relever ici. Leur déclaration contient de la confusion volontairement semées et surtout des mensonges à propos notamment du devoir de réserve, en ce qui concernent les membres du Conseil supérieur de la magistrature, qu’il n’ont tiré d’aucun texte !

Mais c’est-là une manière de se battre avec l’énergie du désespoir.  S’ils ne veulent pas que je dise qu’ils sont partis battus, ils n’ont qu’à se comporter en responsables. On dit que leur Chef de file est responsable et sage mais moi je n’ai pas trouvé de la sagesse à travers leur déclaration. Sinon, jusqu’à preuve du contraire, je le considérerai comme ce berger que j’évoquai dans l’interview que j’ai donné précédemment. Referez-vous à cette interview, vous trouverez ce que j’ai dit sur l’histoire d’un certain berger qui a fini par être victime de ses propres turpitudes. C’est la même chose, s’ils veulent qu’on les croie, ils n’ont qu’à se rendre crédibles, par des comportements crédibles, pas par de boniments !  »

 Propos transcrits par Mahamadou Diallo (OPINIONS N° 255 DU 25 FEVRIER 2015 )