Votre mot de passe vous sera envoyé.

Briska, Kokowa, Zaboua, Kountcha, Gourdjey, etc., la lutte traditionnelle, avec ces vocables qui varient d’une région à une autre, a toujours suscité un engouement réel auprès des populations nigériennes. Un engouement qui dépasse même, de bien loin, la célébration de certaines fêtes nationales. Cette pratique sportive, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, intervient après de bonnes récoltes dans ces zones traditionnellement connues bien avant les indépendances, notamment en pays haoussa. Depuis son institutionnalisation en 1975, elle est devenue le sport roi au Niger.
Plus qu’un simple rendez-vous sportif annuel où les lutteurs de toutes les régions du Niger s’affrontent pour acquérir le Sabre, la lutte traditionnelle est devenue l’un des rares événements que les Nigériens ne tiennent pas à rater. Durant les années qui suivirent les différents championnats de lutte traditionnelle, Agadez n’a toujours fait que de la figuration dans les arènes, avant de prendre goût au sabre avec Aboubacar Djibo, un ressortissant de l’Ader qui permit aux visages, même les plus ternes, de se dérider pour toujours. Le célèbre champion Laminou Maïdaba a fait le reste en apportant un peu plus de réconfort aux Agdésiens, qui aujourd’hui n’hésitent plus à s’afficher au-delà des frontières nationales.
Depuis plusieurs semaines, le gouverneur de la région d’Agadez, le Colonel Major Mamadou Fodé Camara, le ministre de la Jeunesse, le président de la FENILUT, et l’honorable sultan de l’Aïr Oumarou Ibrahim Oumarou, ont mis le paquet pour que ce championnat national soit une réussite et puisse répondre à l’attente des populations, malgré ce que racontent les langues de mauvaise augure et le climat de suspicion qu’entretiennent certains individus autour de la tenue de l’événement à Agadez, ancien carrefour caravanier et centre de rayonnement islamique. Agadez, une des plus vieilles villes du Niger, avec un passé plein d’histoire glorieuse, capitale des sultans l’Aïr, vit dans l’ambiance de la lutte traditionnelle. Et c’est pour que chacun profite de cet important événement que l’Etat a pris toutes les dispositions sécuritaires.
Toutes les dispositions sécuritaires sont prises
Le séjour des différentes délégations constitue une ressource importante pour l’économie locale. La population a confiance et de nombreuses activités se sont développées autour de cet événement tant attendu. Une aubaine pour les hôteliers qui ont fait le plein, les transporteurs (taximen, kabu-kabu), les restaurants, les lieux de loisirs.

L’espoir renait aussi chez les gérants des stations d’essence, les pompistes qui ce sont préparés à l’avance pour vendre des centaines de fûts d’essence aux petits tout comme aux grands transporteurs. Les commerçants ne sont pas en reste dans les affaires : revendeurs de camelote, tabliers, boulangers, épiciers, garagistes, vont tirer des profits substantiels de la présence à Agadez des délégations.
On peut affirmer  »que tout le monde profite de l’évènement », me confie un jeune qui fait de bonnes affaires non loin de l’arène où il tient un petit commerce de vente de sucreries, de sachets d’eau fraîche, de noix de colas, de cartes de recharge et de cigarettes. Avec plus de 400 participants officiels venus de toutes les régions du Niger, la ville accueille ses hôtes dans la pure tradition agdésiene.
La cité historique d’Agadez qui est pour le Niger ce qu’est Tombouctou, la cité mystérieuse aux trois cent-trente-trois (333) saints pour le Mali, a ouvert ses portes à tous ces milliers de Nigériens qui viendront partager les moments forts de la lutte traditionnelle. Une opportunité pour les hôtes de visiter la ville d’Agadez ou tout simplement, le vieux noyau urbain très pittoresque, aujourd’hui classé comme site du Patrimoine Mondiale de l’Unesco.
Placée sous l’autorité directe du sultan, la vieille ville compte 11 quartiers parmi lesquels: Katanga, Améréouat, Obitarat, Ougoual Bayi, Tendekaïna, Inmourdan Magass, Akanfaya, et la place du marché Tamalakoye qui autrefois servait de tribunal public.
L’architecture médiévale qui singularise la ville constitue un attrait touristique important.
Le minaret de la célèbre mosquée Amiskini, haute de 27 mètres, construite au 15ème siècle par l’Ermite Zakaria, un pieux originaire de Ghadamès, constitue la carte d’identité d’Agadez et le miroir de cette cité où l’architecture des quartiers, de par un style singulier, s’exprime et force l’admiration : des fortes ressemblances avec des constructions de Djenné et Tombouctou au Mali.
Agadez renferme d’énormes potentialités touristiques: le Sultanat à lui seul suffit pour édifier les visiteurs. Agadez fut aussi un véritable foyer religieux avec des lieux sanctifiés pour avoir été fréquentés par des érudits tels que Zakaria, Mohamed El Bagdadi. Ce dernier aurait introduit la Tarigâ Haulauhiya durant son séjour dans la montagne d’Aghalanga où il construisit une mosquée du même nom. Sa confrérie est dominante dans le massif de l’Aï, et son siège actuel se trouve à Eghandawel non loin de Tchirozérine. Les mosquées et les tombes de ses disciples sont encore considérées comme des lieux saints : Aguelal, Tefis, les tombes d’Aboul Yatoma à Titiassane Taghaï au nord d’Arlit, de Mohamed Mohamed, El Faquik à In’Zigarane à l’ouest de In’Gall, de Mohamed El Moqadem à Amalllag à l’est d’Agadez. D’autres lieux saints sont disséminés dans la ville dont le plus célèbre est celui du Saint Abawagé où sont célébrées les grandes fêtes religieuses (Aïd El Fitr, Aïd El Kebir).
Les mosquées de Tendé (une des mosquées de Zakaria), le Massalatchi Abawagé où vécut le saint Abou Yazid, la mosquée de Melé (dirigée par Malam Ousseini), celle de Amdit( située à côté du puits de Teska et construite par Zakaria), la mosquée Dan Fodio où avait séjourné au 18ème siècle Ousmane Dan Fodio), celle de Abadidi, la mosquée privée du sultan , celle de Alkali ( ou cadi d’Agadez ), de Malam Almoki dans le quartier Obitara, Guidan Madaha, Guidan Madaha Dan Yaro, de Adani, Malam Abdou, El Hadji Amma etc. Les écoles coraniques, constituent un autre solide point d’appui d’Agadez.
Parmi d’autres curiosités et pas des moindres, il y a la maison de l’explorateur allemand Heinrich Barth, la maison du boulanger, le cimetière Hougbéri etc. La fête du Bianou célébrée chaque année après la Tabaski est aussi un attrait culturel d’Agadez.
La région d’Agadez renferme d’importantes potentialités touristiques : les salines de Tiguidan Tessoum, le site paléontologique et archéologique de Taghiat, le musée des dinosaures à In’Gall, les sources thermales de Tafadek non loin de Anou Araren, celles de Gélélé, Faghosia, In’jitan etc… , les gravures rupestres dans la zone de Mamanet (région d’Arlit).
Une excursion sur le site d’Azelik permet de ramasser une quantité proprement incroyable de scories et même de cailloux portant des nodules de cuivre ; la tradition garde le souvenir très précis de l’extraction d’un métal (agheri), qui n’est nullement confondu avec le sel (tessoum).
Le site d’Azelik se trouve à 17 km environ au nord-est de Teguiddan-Tessoum. On y trouve des vestiges d’occupation humaine comme les tumulis, des cimetières d’époques diverses, des débris de poteries, tant en surface qu’en profondeur, des meules dormantes, des industries lithiques, des foyers, des ruines de constructions en pierres, des scories très abondantes, etc.Abdoulaye Harouna