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Suite aux regrettables événements du 16, 17 et 18 janvier 2015, un certain nombre de militants de l’Alliance pour la Réconciliation, la Démocratie et la République (ARDR) avaient été brièvement arrêtés et présentés au juge avant d’être finalement libérés. Parmi ces personnes figuraient Soumana Sanda, Oumarou Dogari, Ousseini Salatou et Youba Diallo. Il faut préciser que Soumana Sanda et Oumarou Dogari étaient déjà en liberté provisoire suite aux violentes émeutes de mai 2014 après avoir passé quatre mois derrière les barreaux.

Pour ce qui est du mouvement insurrectionnel de janvier dernier, l’affaire vient de rebondir avec l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Youba Diallo, confondu par les images d’une caméra d’un agent des RG le montrant actif en compagnie d’une bande de vandales brûlant des pneus et s’alter-calant avec quelques éléments des forces de l’ordre. Par principe, c’est bien, très bien même de sévir. Encore, faudrait-il rechercher les premiers responsables qui tiraient les ficelles dans l’ombre, au lieu d’écrouer des lampistes. C’est vrai que Youba Diallo, ancien DG de la douane, ancien Ministre, haut cadre au passé professionnel lisse, pris en flagrant délit de vandalisme n’est point excusable, mais enfin il faut plutôt plaindre une si triste fin. Ce que les Nigériens dans leur majorité attendent du régime de la septième république, ce n’est point l’arrestation de seconds couteaux, mais bien celle de tous ces hauts responsables qui peuvent être mêlés, à un titre ou à un autre, à des malversations commises dans l’exercice de leur fonction. Ces bandits en cols blancs existent et il convient de les identifier pour leur faire rendre gorge le plutôt possible. C’est par exemple le cas d’un Issoufou Issaka, ancien ministre de l’hydraulique, aujourd’hui à la tête d’un impressionnant patrimoine immobilier (15 villas à Kouara Kano, 2 châteaux à Téra et il est loin d’être le seul dans cette situation confortable ! Pour un fonctionnaire de carrière, vous conviendrez avec nous qu’il s’est bien ‘’débrouiller’’ comme on dit chez nous ! Aujourd’hui, le seul regret que l’on puisse nourrir, c’est le fait que le régime de la renaissance ne soit pas allé si loin dans l’assainissement et la moralisation de la vie publique nationale, même si par ailleurs on peut noter la volonté politique du régime dans ce sens à travers la Halcia qui a enregistré beaucoup de succès dans la traque des grands bandits. Mais notre souhait serait que l’on aille encore plus loin dans cet assainissement, même si cela pourrait remettre en cause certaines alliances politiques, car la justice sociale est au-dessus de tout.

Opinions (N. 257 du 11 Mars 2015)