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«Le projet des opposants vise à décrédibiliser les Institutions. Ce qui est plus triste dans leur livre, ce sont les mesquineries et les mensonges », déplore Bazoum Mohamed

Le tout nouveau ministre d’Etat à la Présidence et président du PNDS-Tarayya Mohamed Bazoum, a animé samedi dernier, une conférence de presse. Plusieurs points ont été évoqués dont notamment la question sécuritaire, la situation sociale, économique et politique du Niger, son départ du Ministère des Affaires étrangères. Le président à surtout parlé de l’attitude ‘‘violente’’ et ‘‘irresponsable’’ de l’opposition politique regroupée au sein de l’ARDR. Nous vous présentons l’essentiel de cet entretien :

Mr le président le livre blanc de l’ARDR semble avoir assommé votre régime ?

 Bazoum Mohamed : Pas du tout ! Mais, je trouve tout à fait lamentable que des hommes qui ont dirigé ce pays puissent se comporter de la sorte. Leur livre blanc est un tissu de mesquinerie, de mensonge qui a été servi aux Nigériens mais surtout à la communauté internationale. Je crois qu’ils sont dans une logique qui est l’expression de leur désarroi et qui les pousse à faire des choses totalement désespérées.

Monsieur le président, restons dans le cadre de ce livre blanc, l’opposition, regroupée au sein de l’ARDR, voit tout au rabais. Le livre blanc veut aussi dé- truire toutes les Institutions. Comment appréciez-vous cela ?

 La substance de ce livre blanc consiste à dire : ‘’ nous ne faisons pas confiance à la Cour constitutionnelle comme juge électoral et nous ne prendrons probablement pas part aux élections prochaines tant que c’est cette Cour’’ ! Or, cette Cour est mise en place en vertu des dispositions bien pré- cises de la Constitution, qui dit que les membres de la Cour ont un mandat de six ans et qu’ils sont inamovibles. Même s’ils avaient raison, que la Cour est aussi compromise qu’ils le pré- tendent, quel moyen avions-nous pour qu’elle puisse être changé de façon à aller au devant de leur vœu ? Je voudrais dire a tous ceux qui nous écoute que, contrairement aux autres Cours que notre cour est constituée de fa- çon à ce qu’il n’y ait pas possibilité pour le pouvoir en place de disposer de personnel qui lui soit favorable. Quand vous prenez, par exemple, la Cour Constitutionnelle (CC) des pays voisins, en général, elle est toujours composée de 9 membres : 3 désignés par le Président de la République, 3 désignés par le Président de l’Assemblée Nationale et trois représentants soit du ministre de la justice ou le procureur ou encore du sénat, dans les pays où cette représentation existe. Au Sénégal par exemple, c’est 5 membres, tous désignés par le Président de la République ! En France c’est 9 membres : 3 représentants du Président de la République, 3 désignés par le Président de l’Assemblée Nationale et trois représentants du sénat. Ces représentants sont des gens auxquels leurs désignateurs font confiance sur le plan moral et il faut justifier des compétences pour faire ce travail. Ici au Niger, le Président de la République n’a désigné qu’une seule personne sur les sept qui émane ou des Institutions, ou d’associations qui n’ont rien avoir avec la Présidence. Tous ces représentants sont là où ils sont à l’issue d’élections libres et démocratique que leurs structures ont opérées ! C’est tous ensemble que nous avons opté pour une telle composition et depuis plusieurs années nous faisons figurer dans notre Constitution cette disposition. Donc, notre CC par construction ne peut pas être le lieu d’expression de la volonté du pouvoir. Le projet des opposants vise à décrédibiliser les Institutions. Ce qui est plus triste dans leur livre, ce sont les mesquineries et les mensonges. Par exemple, quand ils disent que la présidente de la Cour, pour la dénigrer, est toujours avec le président de la République, cela est un mensonge ; quand ils disent que sa mère, qui est âgée de 80 ans, est conseillère du Président de la République, là aussi, ils disent un mensonge ; c’est mesquin et indigne.

Moi, je suis en contact avec les diplomates, je puis vous assurer que ce document les a discrédités aux yeux des organisations internationales. Je rappelle que la Cour Constitutionnelle n’organise pas les élections, c’est la CENI qui le fait. Cette dernière est composée de façon que le pouvoir ne puisse pas exprimer sa volonté et exercer une quelconque hégémonie. Son bureau est composé des représentants des structures de la société civile et tous les partis participent au même titre. Le recensement se fait par un comité où tout le monde prend part avec des capacités de contrôle et de contrepouvoir avéré. C’est cette même CENI qui proclame les résultats et qui les envoie à la Cour Constitutionnelle. Depuis que nous avons commencé des élections dans notre pays, la CC ne joue pas un grand rôle, susceptible  d’influer sur les résultats qui lui sont transmis par la CENI. Si donc on ne veut pas aller aux élections, il faut chercher un autre prétexte.

Aujourd’hui, samedi 7 mars 2015, le collectif des associations de la société civile élit leurs représentants à la Cour Constitutionnelle, à la suite d’un tirage au sort qui a révélé que les représentants de la société civile et du barreau doivent être renouvelés.

Ensuite les avocats feront la même chose pour désigner le leur. Donc, comment pouvons-nous changer cela ? Si on nous demande la lune, vous pensez que nous pouvons l’offrir ? Et parce que nous n’arrivons pas à le faire, va-t-on nous traiter de défaillant ? Nous demander de changer la Cour Constitutionnelle c’est nous demander d’offrir la lune ! Nous ne leur ferons donc pas le cadeau de changement la Cour Constitutionnelle parce que nous ne sommes pas capables de le faire. Qu’ils disent que cette Cour fonctionne mal, qu’elle est inféodée, tout çà c’est de la mesquinerie. La Cour Constitutionnelle est une Institution qui mérite respect, la Constitution a même prévue que lorsqu’on jette sur elle ce genre de discrédit on est passible d’une sanction pénale.

Mais pourquoi c’est vous qui défendez la CC ?

Parce que la CC ne peut pas se défendre. Elle n’a pas vocation à parler. En plus, nous leur répondons parce qu’ils attaquent nos institutions, le régime et le Président de la République. Si encore ils sortent un autre chiffon, çà sera de même facture, cela va contribuer à les discréditer encore. Dans tous les cas chaque jour ils s’enfoncent un peu plus dans la médiocrité et perdent toujours de leur crédibilité !

Le comble de leur dérive, c’est quand ils appellent à la guerre civile, en cas de victoire du PNDS. Comment appréciez vous cela ?

Je ne sais pas si vous suivez leurs déclarations. Elles se terminent toujours par une mise en garde contre la déflagration, l’apocalypse et la guerre civile. C’est ce qu’ils avaient préparé le 18 et on sait ce qu’il en a été. Pour mobiliser les Nigériens, contrairement à ce qu’ils font maintenant, il va leur falloir autre chose. Ne croyez pas un seul instant que ce qu’ils brandissent comme menace ne nous inquiètent nullement. D’entendre des gens qui n’ont aucune emprise sur les citoyens proférer de telles menaces, c’est ridicule ! Dans tous les cas ils n’ont que la violence, l’injure et la dureté dans leur langage outrancier ! Ils sont en train d’utiliser leur dernière réserve. (….)

Dans leur langage, ils parlent de concassage des partis. Si par exemple on prend le cas de la CDS ce parti était en crise depuis 2010, lorsque nous étions dans l’opposition. A l’issue des élections du choix de candidat de la CDS, en 2010, la décision avait été prise, par le congrès de ce parti de désigner Mahamane Ousmane, il avait signé une déclaration avec Abdou Labo, qui était son concurrent, où un certains nombre de conditions lui sont posées comme devant régir son comportement par la suite ! Cela est symptomatique d’une crise.

Quand au MNSD, il y a eu deux tendances à son sein : celle conduite par Seyni Oumarou et celle conduite par le ministre d’Etat Albadé. Tous sont allés faire un congrès ; tous on déposé les résultats de leurs congrès au Ministère de l’Intérieur. Le ministre de l’Intérieur a délivré un récépissé pour une des parties. Il est donc loisible pour l’autre aile d’intenter un procès et c’est tout ! Cette situation n’à rien a voir avec celle de CDS.

Pour le cas de Lumana, c’est Hama qui a décidé de quitter la mouvance présidentielle pour prendre langue avec l’opposition et mettre en cause la majorité. Son projet de recomposition n’ayant pas eu de succès, s’est ajoutée cette affaire de bébés importés. Cette affaire est devenue une aubaine parce que nous avons affaire à un adversaire. Est-ce que nous serions blâmable en laissant la justice poursuivre son cours contre un adversaire, parce nous avons vocation à défendre un adversaire ? Le cas de Hama est simple, il suffit que sa femme fasse ce test d’ADN, ainsi que lui a recommandé l’Institution internationale qu’il avait lui-même saisit, pour que si c’est vrai comme il le prétend que ces enfants appartiennent à sa femme, pour que son problème et celui de Lumana cesse et que Monsieur Hama rentre pour vaquer à ses occupations et qu’ils préparent les élections de 2016. (…)

Je regrette que l’opposition ait boycotté la marche républicaine. Pire, ils n’ont pas condamné Boko Haram, ils ne l’ont jamais fait et ils ne le feront jamais. C’est qui est suspect. Je les accuse d’être des complices de Boko Haram. Vous vous rappelez, ce que leurs internautes avaient fait lorsque Shekau a menacé Mahamadou Issoufou. Ils s’attendaient à ce que Shekau entre au Niger et qu’il sème la désolation. Leurs éléments de langage consistent à dire ‘’Issoufou le va-t-en guerre’’ a provoqué Boko Haram. Malheureusement pour eux, nous avons pris des dispositions telles que rien de ce qu’ils espéraient ne s’est réalisé. Ils avaient fait de Boko Haram un allié objectif. Je trouve çà lamentable. Là où ils encore été plus minables c’est lorsqu’ils ont vu la réussite de la marche, ils ont insinué que nous avons payé des gens pour venir à la marche. Ils ont dit qu’on a dépensé un milliard à cet effet ! Je trouve cela minable et lamentable ! (…) Avec Issoufou au pouvoir, nous avons donné une voix et une personnalité à notre pays. Nous allons continuer sur cette voie, malgré les risques que nous n’ignorons pas. (…)

Le compte à rebours pour la fin de Boko Haram a commencé. Abubakar Shekau est totalement en désarroi. L’armée Tchadienne est en train de faire un travail remarquable au Nigéria, l’armée nigé- riane est remobilisée conformé- ment à la volonté des autorités de ce pays. Des succès sont en train d’être remportés sur Boko Haram et partout Boko Haram est en train de battre en retraite. La guerre contre Boko Haram est donc presque à son terme.

Dans leur déclaration, les opposants disent que je n’ai pas de base et que je ne mérite pas de diriger un si grand parti. Je leur dis que j’ai décidé de faire la politique et d’avoir une base à Tesker qui est chez moi ; et depuis plusieurs années j’y suis élu en tant que député national. Cela seulement suffit pour qu’on ne considère pas que je n’ai pas de base. Mieux, Tesker relevait du département de Gouré, qui relève de Zinder. Aux premières élections comme Zinder était en ce temps-là massivement en faveur du CDS, nous avons eu un score très faible. Nous étions le 3ème parti. Mes camarades et moi, nous avons travaillé dur mais remarquablement, si bien qu’aux élections de 1999, le PNDS a eu beaucoup de militants et c’est le fruit d’un travail patient et laborieux. Aujourd’hui nous sommes 1er dans la commune de Kallé, Guidiguir, Biné, et partout nous avions le maire, nous sommes 1er dans la commune de Gamou, 2ème à Gouré et à Garazou. et 1er de loin à Tesker où nous avons 8 conseiller sur 11. Pour moi, çà c’est une base et j’en suis fier ; quand on me dit que je n’ai pas base, çà me fait sourire ! Mais je sais ce qui est insinué à travers cela.

Aux dernières élections de 2011, au 1er tour de la présidentielle, à Zinder, le Président Issoufou était 1er, le président Seyni Oumarou 2ème et le président Mahamane Ousmane 3ème !!! Donc, si la référence c’est les élections, même à Zinder les choses ont changé. Le PNDS, dont j’étais le vice-président et responsable politique au titre de Zinder, a pu faire en sorte que son candidat a recueilli les suffrages les plus nombreux. On ne peut donc pas me faire ce procès. J’ai écouté la déclaration des jeunes de l’ARDR qui disait que je suis illégitime et que je n’ai pas de base. Ils sont sortis pour me dire que ‘’les dirigeants de l’ARDR sont des véritables nigériens, qu’ils sont enracinés dans leur pays et n’ont pas d’autres pays. Vous, vous pouvez brûler le Niger parce que vous avez d’autres pays’’. C’est une dérive raciste qui est d’ailleurs fausse quant à son contenu factuel. En tenant de tels propos l’ARDR veut dire que j’appartiens à un groupe minoritaire et qu’à ce titre je n’ai pas de légitimité pour diriger un grand parti ; Ils veulent dire que moi, je viens d’ailleurs. Je les informe que lorsque les français sont venus ici au Niger ils ont trouvé ma communauté à moi, qui certes, vient de Libye, à l’issue d’une guerre de 1842 contre l’empire Ottoman. Ma communauté a migré pour venir au Tchad et au Niger. Puisque eux sont enracinés, je veux leur faire remarquer que le président Tandja, tout le monde le sait et lui-même l’a dit, et il en est fier, son père est venu de la Mauritanie. Alors que moi, c’est mon arrière grand-père qui est venu de la Libye en 1900, lorsque le Niger a existé comme territoire militaire et qu’on a tracé une frontière avec la Libye et avec le Tchad ! Le président Tandja a dû souvent entendre ces propos racistes. Je veux leur dire que les Nigériens ont dépassé çà. Parce que tout simplement aux élections de 1993, il y avait Tandja Mamadou, dont le père venait de Mauritanie et Mahamane Ousmane dont le père, semble t-il, venait du Tchad. C’est pour dire que pour les Nigériens cela n’a aucune espèce d’importance. J’ai un Etat, une culture, une langue et j’en suis très fier. Que mon grandpère ait quitté la Libye en 1842, et qu’il se trouvait que je sois né ici ne fait pas de moi quelqu’un qui n’est pas tout à fait nigérien et pour que je sois moins enraciné qu’un autre ! Nous sommes tous des gens qui sommes venus d’ailleurs. Aujourd’hui, c’est un noir, dont le père est Kenyan qui est président de la plus grande puissance du monde ! C’est des filles descendantes d’esclaves qui dorment dans les chambres de la Maison blanche. C’est çà le monde d’aujourd’hui. Je vous dis aussi que le Premier Ministre libyen Abdallah Tinni, du gouvernorat de Tobrouk est un haoussa ; sa mère est de Zinder. Quand il était ministre de la défense, il parlait haoussa avec Karidjo Mahamadou et chaque fois qu’il rencontre le président de la République ils causent en Haoussa. Il est d’ailleurs élu par un parlement.

J’ai été élu par toutes les sections PNDS présentent au congrès, j’ai recueillis 113 sur 113 voix et çà, ce n’est pas un hasard !!!. (….)

Concernant l’avion du Président, l’opposition a déclaré que c’est une corruption de Areva. Il y un bonhomme qui s’appelle Stéphane Lhomme, qui dirige une petite ONG, appelée pompeusement ‘’Observatoire du nucléaire fran-çais’’, qui est un militant écologiste et qui a déjà été condamné, qui s’est servit de la déclaration de l’ARN de l’époque, sur son blog pour dire qu’Areva a corrompu le président de la République en lui achetant un avion à 10 milliards ! Areva a porté plainte contre lui, il a été condamné et il fait appel de cette décision du Tribunal de 1ère instance de Paris ; la Cour d’appel a repris le jugement. Monsieur Lhomme n’a pas été condamné cette fois-ci parce que la Cour d’Appel a estimé que ce qu’il a dit, même si c’est faux, il n’avait pas l’intention de diffamer Areva. C’est un militant, ce n’est pas son objectif, donc on n’a pas besoin de le condamner. Donc on ne peut pas à partir du document de cette cour établir qu’ Areva a corrompu. Maintenant concernant le chantier d’Imouraren, il est seulement en stand-by. Il n’est pas abandonné comme le prétendent certains. Nous espérons que le cours de l’uranium va monter pour que nous lancions ce chantier. (…)

Vous venez d’être nommé à un poste ministériel sans vé- ritable portefeuille. Pourquoi ? Est-ce que vous n’êtes pas un ministre réduit ?

Je l’ai voulu, simplement parce que je suis élu président du PNDS, depuis décembre 2013 et j’ai proposé au président de la République que la fonction de ministre que j’exerçais est incompatible avec celle du président du parti au vu aussi des engagements que j’ai pris auprès des militants du PNDS, et aussi pour être en position de mieux assumer convenablement ma mission de président du parti. Je ne suis pas un politicien de salon, je suis habitué au terrain. Je suis désormais prêt à parcourir les villages du Niger, ce que d’ailleurs je ferais avec beaucoup de plaisir.

Le PNDS-Tarraya est devenu le plus grand parti du Niger. Avec les manifs contre Charlie est que ce parti maintien ce rang ?

Les manifs anti-Charlie, c’étaient qui ? Les gens qui ont été arrêté lors des manifs de Niamey ont un profil très particulier : ils appartiennent tous à une mouvance bien connue. Ce n’est pas çà la population. Ce n’est pas parce que on a brûlé beaucoup de pneus, parce qu’il ya eu beaucoup de fumée qu’il y eu beaucoup de monde et de mobilisation ! C’est un non- évènement. Sauf que cela a permis de montrer que l’opposition est très violente, qu’elle à tendance à recourir de plus en plus au feu. D’ailleurs ils n’ont pas condamné les violences, n’ont pas témoigné leur compassion, ils assument ce qu’ils ont fait à travers ces violences. Je leur dis que lorsque la haine est trop vive on se met en dessous de celui qu’on hait. Il faut qu’ils fassent un peu leur rétrospection car la haine, comme le dit un autre c’est la colère du faible !

 Transcription : Mahamadou Diallo

Opinions (N. 257 du 11 Mars 2015)