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Indubitablement, la barque de l’Alliance pour la Réconciliation, la Démocratie et la République (ARDR) chavire et prend l’eau de toutes parts ! Personne au Niger n’avait pensé qu’une coalition qui s’était constituée comme une alternative au régime de la renaissance du Niger en 2016 serait aujourd’hui réduite à n’être qu’un piètre ramassis de politicards ringards, haineux et surtout revanchards pour hurler dans le désert ! Quand on avait connu l’opposition sous la Cinquième république incarnée par la CFDR, on mesure aujourd’hui toute l’échelle qui sépare l’ARDR actuelle de l’opposition de cette époque, tant par la qualité des méthodes de lutte utilisées par Zaki et ses camarades que par la pertinence et surtout la profondeur des thématiques développées par ces derniers.

En effet, sous cette cinquième république, l’opposant Issoufou Mahamadou nous avait habitués à une toute autre stratégie de lutte qui alliait, à la fois, le respect de l’adversaire, l’amour de la vérité et surtout la classe dans la manière d’aborder les questions touchant à la vie de la nation. Jamais, cet intrépide opposant n’était descendu si bas dans le combat politique pour s’en prendre à ses adversaires dans leur personne. Il avait toujours axé son discours politique sur le choc des idées, ne laissant nulle place aux attaques personnelles qui sont aujourd’hui les armes favorites de l’ARDR.

Aujourd’hui, l’ARDR est aux antipodes de cette opposition responsable que l’on avait connue dans la décennie 2000, une opposition sérieuse et crédible qui s’était posée, par la force des choses, en une alternative face aux dérives mafieuses du régime du duo Tandja/Hama. Rappelez-vous ces épisodes rocambolesques du pillage des ressources publiques à travers les LAP, les PSOPP, les ententes directes, les marchés de gré à gré et autres surfacturations monstrueuses qui avaient permis à un certain Hama Amadou de se constituer un patrimoine hors du commun dont un somptueux appartement de 14 chambres dans le XVI Arrondissement de Paris où il écume présentement son séjour d’exil forcé ! Lorsque Zaki dénonçait la mauvaise gouvernance des princes de cette époque pas si lointaine, il ne le faisait jamais en l’air, car il en apportait toujours les preuves. Souvenez vous, lorsqu’il avait provoqué un immense coup de tonnerre avec la révélation fracassante de 120 milliards de marchés publics attribués à neuf (09) opérateurs économiques veinards proches du pouvoir, Zaki ne s’était pas arrêté à ce niveau seulement, mieux il avait mis au défi tous ces opérateurs économiques de porter plainte en justice s’ils estimaient qu’ils auraient été diffamés ! A ce jour encore, aucun de ces neuf ‘’veinards’ n’a bougé ses fesses pour cela ! C’est cela la responsabilité politique, mieux, la responsabilité tout court.

Un chef de file de l’opposition, quand il prend la parole, ce n’est point pour raconter ses états d’âme, ou pour proférer des mensonges aussi grotesques qu’ubuesques. C’est exactement ce que disait le vénérable Soly Abdourahamane dans une interview récente : ‘’ils sont tellement habitués au sensationnel que même quand ils diront quelque chose de vrai, personne ne risque de les croire, tellement ils sont habitués à parler pour ne rien dire !’’ C’est cette pauvreté de l’ARDR, cette absence totale d’imagination qui constituent le signe le plus expressif de sa perte totale de crédibilité au sein de l’opinion publique, mais surtout expliquent ces attaques gratuites contre l’institution gardienne de la construction démocratique du Niger. En réalité, il faut comprendre les leaders actuels de l’ARDR qui sont, pour la plupart, des gens qui ont toujours vécu dans la facilité, n’ayant jamais eu besoin de lutter pour mériter les responsabilités qui leur ont été confiées par le passé. C’est pourquoi ils ont du mal aujourd’hui à mener une opposition sereine et responsable, car ils n’ont pas cet ADN de la lutte épique qui forge toute opposition. Alors, puérilement, ils s’avilissent dans des complaintes, des attaques personnelles gratuites contre la Cour Constitutionnelle et le Président de la République. Par ces agissements bas, ils tentent d’infantiliser le peuple nigérien en lui faisant croire que le Président Issoufou ne serait qu’un vulgaire usurpateur, un préparateur d’un hold-up électoral futur et que c’est pour cette raison qu’ils ont jugé utile de ne pas aller aux futures élections !

A la vérité, l’ARDR est à bout de souffle, tous ses plans pour déstabiliser le régime de la Septième République ayant lamentablement échoué, elle se trouve aujourd’hui saisie d’une gueule de bois à la mesure de l’ivresse de la veille l Elle perd ainsi pied et tout sens de la réalité et de la mesure et n’a d’autres choix que de s’enfoncer davantage dans les abîmes de la diffamation, de la calomnie et des insultes gratuites. La dernière preuve de cet égarement de l’ARDR, c’est son ‘’combat’’ inopportun et totalement inutile contre la Cour Constitutionnelle pour justifier son boycott des élections prochaines, alors que le bon sens aurait commandé que ce fût plutôt la CENI qui soit dans sa ligne de mire, comme partout en pareil cas en Afrique !

Aujourd’hui, nous sommes au regret de constater que, cliniquement, l’ARDR est DCD. Nous ne nous en réjouissons pour autant, car pour le bien suprême de notre démocratie, nous avons besoin d’une opposition forte, sérieuse et crédible. Pour l’avancée de notre démocratie, nous avons besoin d’une opposition qui se bat avec des idées nobles et novatrices pour constituer une alternative crédible au pouvoir en place. Personne au Niger n’est fier que notre opposition se comporte en terroriste politique

Source: Opinions (N. 256 du 04 Mars 2015)