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Il y a un peu plus de quatre (4) ans, j’avais écrit dans ce même journal que le tazartché allait inévitablement s’effondrer. J’avais, à l’époque, expliqué pourquoi et comment ce processus illégal et illégitime, quoique revêtu de certains oripeaux, allait s’effondrer. J’avais également soutenu que comme en maçonnerie, en politique aussi (et surtout devrais-je dire), ce sont les fondations, les bases objectives qui conditionnent la qualité et la survie des structures. Il n’y a aucun don particulier à pouvoir dire cela à l’époque tant les raisons (subjectives et objectives) étaient réunies pour que le projet de Tandja échouât. Les lecteurs le savent, toute organisation, tout processus, toute construction contient en son sein ses forces et faiblesses. Et lorsque les faibles ses sont prédominantes par rapport aux forces, inévitablement cette organisation s’éteindra, cette construction s’effondrera.

Ce fut le cas pour le tazartché et je sais, aujourd’hui, qu’il en sera ainsi pour L’ARDR. Les raisons sont multiples et elles sont insurmontables. Donc, quoi qu’on fasse, quelle que soit la (bonne ou mauvaise) volonté des acteurs, ce regroupement ne survivra pas aux enjeux de pouvoir propres à toute organisation politique, aux enjeux et faiblesses des agendas individuels et aux enjeux et (grosses) faiblesses des partis qui le composent. Les raisons sont donc multiples, dans cette première partie de la réflexion, j’en évoquerai juste trois (3). Une des premières faiblesses tient à l’effectif, à  » la force de frappe  » comme disent les militaires.

  • L’ARDR, combien de divisions?

L’une des faiblesses de l’ARDR tient d’abord à ses effectifs et au moral des troupes. Il est vrai que sur le papier sa composition pourrait être impressionnante. C’est un regroupement du MNSD, du Lumana, de la CDS et certains petits partis (totalement insignifiants électoralement et politiquement). Les trois partis cités étaient des forces politiques majeures au Niger. Oui « étaient », parce que désormais leur avenir est derrière eux. Ces partis-là, même s’ils s’obstinent à vendre auprès de l’opinion publique occidentale une arithmétique absurde basée sur les élections de 2011, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Ils présentent les résultats de 2011 comme des valeurs figées, intangibles et permanentes. Or aujourd’hui, une véritable dynamique s’est opérée dans le champ politique et a profondément et radicalement changé les donnes. Au demeurant, les Nigériens eux le savent et tout le discours n’est destiné qu’aux étrangers ayant très peu ou aucune connaissance du Niger réel. C’est auprès des occidentaux particulièrement que l’ARDR escompte provoquer un certain charme pour cette théorie. La réalité de l’ARDR est terriblement simple, c’est un regroupement fantomatique qui fonctionne sur la base des illusions anciennes. Comme si les anciennes gloires de football comme Pelé, Maradona et Platini pouvaient reformer une équipe et gagner la Coupe du monde. Faisons maintenant une petite revue des troupes et généraux de l’ARDR. A tout seigneur tout honneur, commençons par le Chef de file de l’opposition. Seini Omar n’est à l’ARDR qu’à titre personnel, inti tus personae comme disent les juristes latins. Jusqu’à ce que la justice décide autrement, il n’a ni le parti légal, ni la légitimité du MNSD, étant donné que l’essentiel des leaders, députés et militants, ont aujourd’hui rejoint l’autre camp. Avec armes et bagages. Seini est donc presque d’une valeur nulle pour l’ARDR aujourd’hui. Il doit d’abord et nécessairement régler la question de son propre statut et de son propre avenir pour pouvoir compter et espérer jouer un rôle politique au sein de son groupement ou au Niger. Mahamane Ousmane est possiblement à la fin de sa carrière .Politiquement et juridiquement, son histoire avec la CDS est terminée. Il a épuisé toutes les Cours et tous les recours. Il a usé et épuisé tous les charmes de sa personnalité. En vérité, Il ne représente plus aujourd’hui que quelques milliers de voix à Zinder. Donc, même s’il s’incarnait dans un parti politique, il ne pourrait au maximum que récolter la moitié des voix que la CDS a réalisées il y a 4 ans, soit 3 à 4%.  Le Lumana est presque entier au niveau de son leadership puisque les départs du Secrétaire général et du Vice-président n’ont pas substantiellement modifié la direction du parti. Par contre, à la suite de la fuite du Chef et après que les Nigériens eurent découvert les contours de l’affaire scabreuse dans laquelle il est impliqué, des militants ont quitté le parti par vagues et structures entières. Les opérateurs économiques sur lesquels le parti a toujours reposé et dont les plus importants vivent au niveau des côtes ouest africaines, ont déserté et rejoint pour la plupart le PNDS. Le parti aujourd’hui ‘est essoufflé, sans ressources humaines et financières, sans chef et sans boussole. C’est un parti en errance. Dans beaucoup de régions, il a quasiment disparu; il est souvent plus facile de trouver un éléphant qu’un militant de Lumana dans certaines zones du pays. (A suivre)

 

Opinions (N. 258 du 19 Mars 2015)