Le tribunal de grande instance hors classe de Niamey a rendu, ce mercredi 29 avril 2015, son verdict dans l’affaire de la CDS Rahama qui oppose l’aile Mahamane Ousmane à celle de Abdou Labo.

Dans son délibéré, la justice a débouté l’aile Mahamane Ousmane qui avait attaqué en justice pour annulation, le Congrès tenu en septembre dernier par l’aile Abdou Labo.

 Il s’agit d’un coup dur pour l’ancien Président de la République (93-96) qui voit ainsi ses voies de recours s’amenuiser dans le feuilleton judiciaire qui l’oppose à un de ses anciens lieutenants pour le contrôle du parti vert.

Il convient de noter que c’est la deuxième fois en mois d’une semaine que le président du parti depuis sa création au début des années 90, subit un revers judiciaire. En fin de semaine dernière, il a été débouté par la Cour de Justice de la CEDEAO dans sa plainte contre l’Etat du Niger qu’il poursuit pour ingérence dans la gestion des affaires d’un parti politique. Pour celui qui est rentré dans l’histoire comme le premier président démocratique élu du Niger et qui dirige actuellement l’opposition politique (ARDR), la guerre de leadership qui l’oppose à Abdou Labo est un coup monté de toutes pièces par le régime en place pour lui ravir la CDS en prélude aux prochaines élections.

La rupture entre Abdou Labo et son ex-mentor remonte aux lendemains du premier tour des élections présidentielles de 2011.

Mahamane Ousmane a opté pour le candidat du MNSD Seyni Oumarou alors que plusieurs membres du bureau politique du parti se sont ralliés à la candidature de Issoufou Mahamadou du PNDS. Par la suite, Abdou Labo s’est érigé en chef de file d’une dissidence alliée à la majorité contre Ousmane qui est parti rejoindre les rangs de l’opposition. A l’issue d’un long feuilleton judicaire à multiples rebondissements et qui est allé jusqu’en cassation, la justice a renvoyé les deux parties dos à dos. Il fallait organiser un congrès, ce que contestait Ousmane. En septembre dernier, Abdou Labo et les dissidents de la CDS ont convoqué un congrès qui l’a élu Président du parti. L’aile Mahamane Ousmane n’a pas pris part au dit congrès qui a reçu quelques semaines après, le quitus du ministère de l’Intérieur.

Le président de l’ARDR dispose encore de voies de recours notamment en interjetant appel mais avec ce premier jugement, les choses se compliquent davantage pour son aile.

Contrairement au cas MNSD Nassara, cette fois la justice s’est prononcée en faveur des dissidents en l’absence de motifs valables pour annuler le Congrès de l’aile Abdou Labo.

En attendant la suite de l’affaire et la décision que prendra celui qui est désormais ancien président de la CDS, Mahamane Ousmane dispose de plusieurs alternatives pour se maintenir au sein du Parti.

Fort heureusement pour lui, il n’a pas été exclut du parti et pourrait réintégrer la CDS afin de reconquérir son poste lors d’un prochain congrès. Cependant, il est difficile d’envisager cette hypothèse surtout qu’à l’évidence, c’est lui qui contrôle le gros des troupes des militants du parti, notamment dans son fief historique de Zinder. Dans un tremplin qui pourrait constituer une base solide pour lui dans l’optique où il décide de créer une nouvelle formation politique.

Ainsi, Abdou Labo, ministre à plusieurs reprises et actuellement en attente du jugement en appel de l’affaire dite « de supposition d’enfants » dans laquelle lui et une de ses épouses sont impliqués, peut envisager les prochaines élections avec sérénité et surtout se préparer pour le défi qui l’attend, celui de redorer le blason de la CDS. L’objectif est assez ambitieux au vu de l’histoire du parti qui a connu plusieurs départs de grands militants en deux décennies d’existence avec à la clé l’émergence d’une panoplie de formations politiques (PNA, RSD entres autres), toutes issues du parti qui a été au pouvoir sous la 3e République.

A.Y. Barma

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