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Le 7 avril 2011, Mahamadou Issoufou, Président de la République du Niger prêtait serment. Cette date devait constituer l’entame d’une nouvelle ère de prospérité, de développement, de bonne gouvernance et de changement qualitatif dans les conditions de vie et d’existence des nigériens. Le discours d’investiture  du nouveau Président de la République annonçait une rupture totale avec le passé et promettait un développement radieux dans un cadre démocratique idéal.

Quatre ans après cet événement, le désenchantement est largement partagé par les populations nigériennes, la désillusion est totale, l’échec est malheureusement consommé.

De fait, les constats majeurs sont qu’en quatre ans:

– Sur le plan social,

L’avènement du PNDS, parti s’affirmant socialiste aurait en principe permis la mise en œuvre  des réformes sociales fortes consacrant la lutte contre les inégalités et l’application du principe constitutionnel de solidarité nationale.

Hélas, Hélas, après quatre ans de mise en œuvre de la gouvernance de Mahamadou Issoufou, le système éducatif est en déliquescence avancée, l’accès au soin reste théorique, la gratuité de soins est gravement menacée, la cherté de la vie devient insoutenable pour la majorité des Nigériens, les jeunes restent sans perspective etc.…

Les milliers de milliards de francs CFA  mobilisés et engloutis n’ont pas permis l’amélioration du quotidien du nigérien. En atteste la cherté de la vie du fait de l’augmentation exponentielle, depuis maintenant quatre ans, du prix des produits de première nécessité et le classement de notre pays au dernier rang du monde au titre de l’Indice de développement Humain.

Bref, la renaissance n’a pas été une réalité pour la majorité des nigériens. La vie au Niger, en quatre ans de gouvernance de Mahamadou Issoufou,  n’est rose que pour les oligarques roses.

– Sur le plan économique

Le régime a commencé avec tous les atouts, les élections venaient de se dérouler, la communauté internationale marquait fermement son retour avec à la clé des financements importants pour le Niger.

Mieux le pétrole, pour lequel les régimes précédents ont travaillé est désormais exploité et les dividendes engrangées.

Mais les reformes tant attendues tardent à être mises en œuvre. Le programme 3N pouvant donner du boost à notre économie tarde à se concrétiser.

Les ressources naturelles du sol et du sous-sol sont, plus qu’ hier, exploitées et gérées dans une opacité totale. Elles sont bradées et cédées aux investisseurs étrangers dans le cadre d’un vandalisme économique et financier  qui traduit tout simplement une compromission des intérêts vitaux du Niger et de son peuple.

L’affairisme et l’opacité entourent l’octroi des marchés publics, qui sont destinés principalement à une clientèle politique et rentière.

– Sur le plan politique et institutionnel

Après la tentative de mise en œuvre du fameux gouvernement d’Union Nationale, le Président issoufou et son pré-carré ont engagé un vaste, cynique et effronté mécanisme de déstabilisation, de concassage et d’aliénation de toutes les forces démocratiques.

Une machine consacrant une dictature drapée de démocratie, une machine instaurant la pensée unique, permettant l’émergence et le maintien d’une oligarchie possessive, agressive et arrogante , déversée dans l’affairisme et hypothéquant notre citoyenneté, notre sécurité, le bien vivre ensemble, la cohésion et l’harmonie des paisibles populations Nigériennes.

En quatre ans de mise en ouvre de la gouvernance « GURI »:

– Jamais le Niger n’a été en si grave insécurité, le régime a attiré vers le Niger tous les diables et misères sécuritaires. La diplomatie agressive et belliciste développée par le régime a mis le Niger dans l’œil du cyclone.

Heureusement, nos vaillantes forces de défense et de sécurité veillent avec honneur, bravoure et courage sur  nos villes et villages, nos routes et nos pistes. C’est le lieu de leur rendre un vibrant hommage ;

– Jamais l’opacité dans l’attribution des permis d’exploration et d’exploitation des ressources naturelles n’a été aussi criarde ;

– Jamais la collision d’un gouvernement avec les intérêts étrangers n’a été flagrante qu’en ces quatre ans de gestion.  En dehors de la souveraineté nationale qui a été compromise à travers l’installation des bases militaires étrangères, nous pouvons malheureusement rappeler le très déséquilibré contrat AREVA-Niger. Le gouvernement Nigérien a travaillé pour AREVA et ce contre le peuple Nigériens et ses intérêts.  Le report sine die de l’exploitation d’Imouraren en est la parfaite illustration.

– En quatre ans de règne, jamais l’impunité n’a été autant consacrée et promue, la Halcia et la ligne verte étant détournées de l’objectif attendu par les Nigériens. Elles sont même transformées en institution de harcèlement et d’intimidation politique ;

– En quatre ans, jamais un petit groupe de Nigériens  ne s’est accaparé de tout l’Etat, de ses leviers et de ses ressources ;

– En quatre ans jamais, on a autant violé la constitution ;

– Jamais les institutions Républicaines, n’ont été déstabilisées; la séparation des pouvoirs a vécu;

– Jamais la corruption n’a été érigée en moyen de gouvernance particulièrement en ce qui concerne la commande publique, l’accès à la fonction publique ou  la promotion aux emplois techniques et politiques;

– Jamais, la presse nationale n’a été autant intimidée, menacée et ouvertement violentée,

– Jamais les collectivités territoriales n’ont été déstabilisées, minimisées et spoliées dans leurs ressources que sous le régime de la 7ème république l‘illustration la plus récente et même la plus éloquente est celle de la commune rurale de Ngourti où les mesquines attentes d’une famille relativement aux redevances minières, prennent en otage une population entière et menacent l’unité nationale.

Pour le collectif « Sauvons le Niger», quatre ans de gouvernance sous la houlette de Mahamadou Issoufou,  c’est tout simplement quatre ans de gouvernance nouvelle, nouvelle par l’ampleur des méfaits décriés par le même Mahamadou Issoufou quand il était à l’opposition ;

Quatre ans d’endettement, de surendettement, de dérivation et d’enrichissement pour les uns de paupérisation pour les 17 millions de nigériens ;

Quatre ans de règne d’un système inique, irrespectueux des normes fondamentales, désagrégeant, annihilant toutes les valeurs et confisquant les acquis démocratiques et républicains.

Pire les perspectives de 2016 sont sombres car la coalition au pouvoir ne semble pas préparer des élections. Elle est plutôt dans la logique d’un fiasco électoral et nous constatons que les forces démocratiques et républicaines rechignent à prendre ouvertement position. En effet ,  les réactions des démocrates tardent à s’affermir pour exiger que soient créées les conditions d’organisation et de tenue d’élections non tronquées, démocratiques, libres et ouvertes à tous.

Au vu de tout ce qui précède, le collectif Sauvons le Niger entend initier et  participer dans les prochains jours à la mise en œuvre d’un large front républicain qui œuvrera d’une part à militer pour la tenue d’élections ouvertes et transparentes et d’autre part,  au respect des libertés individuelles et collectives.

Nous lançons un appel en vue des concertations, à la fois aux acteurs sociaux et politiques, pour aboutir à la mise en place de ce front citoyen.

Le Guri est loin, il menace toutes les dignes  valeurs et attentes du peuple nigérien, il est temps, grand temps de se réveiller, de se mobiliser, de s’unir et ainsi œuvrer à la persévération de la démocratie, de l’état des droits et des acquis démocratiques.

Ensemble, mettons fin à ce système de prédation et à cette dérive antidémocratique.

Vive le Niger!!

Collectif Sauvons le Niger