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Les partisans de l’ancien président Mahamane se frottent les mains depuis l’annonce de la rencontre improvisée entre leur leader et le président nouvellement élu du Nigeria, le General Muhammadu Buhari, une visite à travers laquelle l’ancien président de la CDS-Rahama tente en réalité de court-circuiter ses allies de l’Alliance pour la Réconciliation, la Démocratie et la République (ARDR). En se rendant seul à Daoura (ville natale de M. Buhari), sans Seini Oumarou ni Hama Amadou (alias fugitif), le président Ousmane essaye de s’imposer comme interlocuteur privilégié de l’opposition nigérienne auprès de la nouvelle administration nigériane, un opportunisme, un sens des affaires au propre comme au figuré dont lui seul a le secret. C’est le genre de visite que les Hausa appellent «Gaisuwa rasuwa da rokon inrin wake». Autrement dit profiter lâchement d’une certaine situation. Malheureusement, tout ou presque oppose le général Buhari au président Ousmane, deux personnalités diamétralement opposées. L’un, le Général Buhari avait dirigé le Nigeria d’une main de fer donnant l’image d’un vrai chef d’état à l’époque. L’autre, Mahamane Ousmane avait fait du «laisse-guidon» à la tête de notre pays. Jamais la fonction présidentielle n’a été aussi banalisée au Niger et à travers le monde qu’avec Ousmane.

L’un, Buhari a unifié son parti et gagner la confiance de l’ensemble de l’opposition nigériane même les plus farouches de ses adversaires. L’autre Ousmane n’arrive même pas à fédérer sa propre formation politique la CDS-Rahman à plus forte raison unifier l’opposition. Tous ses anciens camarades du parti ont fini un a un par quitter la CDS-Rahama soit pour créer leurs propres formations politiques, soit pour se retirer de la scène politique.
Deux conceptions différentes du pouvoir, deux destins différents

Enfin l’un, le General Muhammad Buhari s’est courageusement battu dans l’opposition pendant des années sans jamais fléchir, se compromettre ou renoncer à ses principes, l’autre Mahamane Ousmane est partisan du moindre sacrifice, champion des voltefaces et business au sommet. C’est un «balseur» tout fait comme on aime à le dire à Niamey. Autant les nigérians avaient massivement voté pour Buhari, lui donnant une nouvelle chance de gouverner leur pays, autant les nigériens ne sont pas prêts à voter en masse pour Ousmane et le ramener à la tête du pays car il n’est pas porteur d’espoir. Il est un anti modèle. Il n’incarne pas les valeurs d’un leader. Pour dire les choses terre à terre, disons que «Dan Ousmane» ne fait plus rêver personne. Bref entre le General Muhammad Buhari et le Président Mahamane Ousmane, c’est comme le jour et la nuit : deux mondes différents, deux conceptions différentes du pouvoir… deux destins différents.

Pour mettre en exergue l’opportunisme de celui que Ibrahim Hamidou a surnommé Nafarko 1er, les Nigériens ont en mémoire sa fuite de la capitale pour ne pas participer à l’investiture du président Issoufou tant l’homme est rancunier et jaloux devant l’éternel ! En effet, comment expliquez-vous son deux poids, deux mesures : ne pas assister à l’investiture de son président et aller saluer un président d’un autre pays qui n’est même pas investi. Il faut être Nafarko pour penser que les Nigériens n’ont pas la mémoire de l’essentiel. Encore une autre bourde de l’ARDR qui s’embourbe dans ses tares et incohérences.

Enfin, une anecdote (qui ne va certainement pas surprendre les auditeurs de BBC Hausa) pour finir cette comparaison. Il y a quelques mois, lors de l’investiture du General Buhari comme candidat du «All People Congress» (APC) aux présidentielles nigérianes, un journaliste de la BBC avait demandé à une personnalité de l’APC pourquoi Buhari portera-t-il encore les couleurs du parti et de l’ensemble de l’opposition nigériane alors même qu’il avait échoué à plusieurs reprises par le passé.

La réponse pleine de conviction de cette personnalité était simple et claire comme de l’eau de source : «Voyez –vous monsieur le journaliste, combien de fois l’actuel président du Niger M. Mahamadou Issoufou s’était-il présenté aux présidentielles de son pays ? Ou est-il maintenant ? N’est-ce pas lui le président actuel du Niger ?» C’est que dans l’esprit de Buhari Issoufou est un modèle. C’est dire que Issoufou est plus proche des valeurs de Buhari que Ousmane. Un fait curieux ? A l’occasion de cette visite, on vu sur une photo de Buhari, Ousmane et Doudou Rahama ou ce dernier souriait comme si on lui annonçait qu’il est admis au paradis. Nous comprenons enfin que notre opposition ARDR se cherche et …. vit déjà l’opposition comme un drame.

 

Tiemogo Bizo