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Une bonne nouvelle ? A la différence de l’Indice du développement humain du PNUD, le rapport mondial sur le bonheur publié ce 23 Avril ne classe plus le Niger dernier pays de la planète. 144eme sur 158. L’écart n’est pas extraordinaire. Mais même en classe lorsqu’un élève obtient un tel résultat, la tendance est au satisfecit général : maitres, parents et camarades  se délectent avec a la clef la mention ‘’mieux faire’’.   Selon ce rapport, pour être heureux,  avoir quelqu’un sur qui compter, la possibilité de faire ses choix de vie librement ou encore la générosité semblent être des critères tout aussi importants  que le PIB ou la santé.

 « Pour une fois Niamey se gardera certainement « d’attaquer » un Rapport mondial sur le classement. Le Rapport mondial sur le bonheur, publié le 23 avril 2015, situe le Niger à la 144e place sur 158. Notre pays est probablement « plus heureux « que ses voisins comme le Bénin (155e), le Tchad (149e), le Burkina (152e) et même….la Côte d’Ivoire (151e) et le Togo qui ferme cette marche en se classant à la 158eme place sur 158. », écrit Saidou Djibril commentant ce rapport.

Pour élaborer ce rapport qui tient compte des valeurs moins objectives que l’économie ou la sante,  l’ONU a commis des économistes,  des spécialistes des neurosciences et des statisticiens issus de prestigieuses universités anglo-saxonnes.

Le constat reste et demeure toujours alarmant : l’Afrique toujours le continent le plus malheureux. Il y a certes des surprises dans ce classement ou des pays en guerre  ou qui ont connus des catastrophes naturelles détiennent l’indice du bonheur plus intéressant que des pays très stables. En Afrique aussi surprenant que cela puisse paraitre la Libye est le pays le plus heureux ! Il parait également que ,  selon les experts, les catastrophes naturelles renforcent les liens de solidarité et de générosité.

Mais soyons réalistes : qu’il s’agisse de ce rapport ou de l’IDH, nous sommes souvent en déphasage avec la réalité. Il est évident que selon ce rapport les mêmes pays en tete au niveau de l’IDH se retrouvent être les mêmes en tète de listes sur l’indice de perception du bonheur. Les revenus et la sante sont les éléments les plus  déterminants pour satisfaire les besoins du peuple en termes de bonheur. Cependant,  ces rapports ne sont pas tout de même des saintes écritures. Un confrère du journal Le TEMPS écrit d’ailleurs à juste titre : « Il n’existe pas encore une équation du bonheur. Mais l’ONU y travaille. La recette? Ses principaux paramètres sont le revenu, la santé, l’encadrement social, la liberté de choix, la générosité et la confiance. Ils sont pondérés par les expériences positives (rire, joie, sécurité, repos et engagement) ou négatives (colère, inquiétude, tristesse, dépression, stress et douleur) et bien d’autres facteurs tout aussi subjectifs. Pas si simple à mesurer. »

Je me pose beaucoup de questions sur la pertinence des critères utilisés pour mesurer la pauvreté ou le bonheur tant les contradictions sont flagrantes dans notre monde aussi savant qu’évolué. Deux critères par exemple font références a la solidarité et la générosité (avoir quelqu’un sur qui compter et l’encadrement social), deux valeurs morales.

 Ici il faudrait savoir proportions gardées  par rapport a ces rapports fondés sur une autre philosophie, un autre système de valeurs pas forcement le meilleur. Ceux qui connaissent la vie en Occident comprendront  aisément comment la vie peut être plus misérable avec assez de ressources disponibles à comparer avec notre dénuement matériel soutenu par des valeurs humanisantes. Bref il faut être simplement critique sur ces rapports non pas pour se délecter ou s’apitoyer sur notre rang. Il est curieux  qu’on soit plus pauvre au plan mondial avec un taux de criminalité et de suicide.. ….très négligeable.

Elh. M. Souleymane