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Le secteur minier et industriel peut servir de levier au Niger afin d’amorcer une transformation structurelle du développement économie du pays. Après 4 années de mise en œuvre du Programme de la Renaissance du Niger les deux secteurs ont connu une révolution sur la base du développement de plusieurs stratégies. Dans le domaine minier, les principaux objectifs portent sur la diversification de la production, l’intensification de la recherche et l’amélioration de l’environnement institutionnel en vue de promouvoir l’investissement privé. Plusieurs actions ont porté sur la diversification de la recherche minière.
Ainsi, 579 demandes ont été enregistrées et analysées. Il s’agit de 188 dossiers de demande de permis de recherche analysés, 52 conventions minières approuvées et signées, 57 arrêtés d’octroi de permis de recherche minières signés, 13 arrêtés d’octroi de permis de recherche, 54 permis de recherche minière renouvelés, 25 autorisations d’exploitation artisanale, 48 autorisations d’ouverture et d’exploitation de carrière, 107 agréments à la commercialisation, 33 renouvellement d’agrément à la commercialisation de l’or et de 2 demandes d’autorisation et de prospection. En plus, 13 permis de recherche ont été transférés et 40 permis de recherche retournés au domaine public.
Il faut souligner que dans le souci de diversification dans ce secteur, la fin des contrats entre AREVA et les sociétés SOMAIR et COMINAK a engendré de nouvelles discussions sur la révision des conventions minières au cours desquelles un accord dit Accord de Partenariat Stratégique (APS) a été signé en mai 2014. Ces nouvelles conventions généreront des recettes additionnelles de l’ordre de 20 milliards par an et d’importants acquis ont été enregistrés à la suite de ces négociations. Il s’agit de la nigérisation des postes de Directeur Général de SOMAIR et COMINAK, la définition d’une formule de prix conventionné prenant en compte 50% prix spot et 50% prix long terme, l’engagement d’appuyer la reprise de la Route Tahoua-Arlit à hauteur de 90 millions d’euros, la construction à hauteur de 10 millions d’euros d’un siège pour les sociétés minières et la mise en œuvre du projet d’aménagement de la vallée de l’Irhazer.

Au cours des 4 dernières années, selon le Ministère des Mines et du Développement Industriel, les productions d’uranium ont donné 16 848 tonnes, 943 456 tonnes du charbon et 5 357 kilogrammes d’or. Ces ressources minières ont apporté au budget national un montant de 73,5 milliards dont 70,9 milliards de F CFA de redevances minières, 2,1 milliards de F CFA de redevances superficiaires et 398,7 millions de F CFA de droits fixes miniers et diverses taxes. Il faut cependant prendre en compte, la couverture en cartographie géographique et prospection minière du Damagaram Monio (22.000 km2) et du sud Maradi (1.300 km2), la couverture en géophysique aéroportée de 73.757,60 km2 dans le bassin de IIullimenden et la prospection de 92 sites de matériaux de construction et minéraux industriels au tour des grands centres urbains de Niamey, Maradi et Zinder.
Par ailleurs, le projet de la construction de la cimenterie de Kao ainsi que les travaux de construction de la Nouvelle Cimenterie du Niger (NCN Diamond SA) à Malbaza se poursuivent normalement. Ainsi, dans le cadre du projet de cimenterie de Keita, la Société Borkir International Company limited de Dan Gotey a obtenu 2 autorisations d’ouverture et d’exploitation de carrières permanentes de calcaire et de gypse à Garadaoua dans la commune de Keita. Le montant des investissements prévus est de 400 millions de dollars US, dont 350 millions pour le complexe industriel de la Cimenterie et 50 millions pour la construction d’une (1) centrale thermique à charbon de 100 MW. Dans ce projet, 3.000 emplois permanents et plus de 6.000 emplois temporaires seront créés. La production annuelle est de 1.500.000 tonnes de ciment.
Au niveau du secteur du développement industriel, l’objectif est de sauvegarder toutes les unités industrielles existantes et de créer les conditions de l’émergence de nouvelles unités en veillant entre autres ; à donner la priorité aux industries de transformation des produits agro-pastoraux ; favoriser les industries pharmaceutiques et de matériaux de construction ; favoriser l’implantation d’unités dans les différentes régions du pays, selon leurs avantages comparatifs, en vue de contribuer à leur développement et mettre en place des financements appropriés en faveur des jeunes de manière à en faire de véritables capitaines d’industrie.
Pour la promotion du développement industriel, de multiples actions ont été menées sur plusieurs plans. Sur le plan institutionnel, une Agence Nationale de Promotion de l’Innovation et de la Propriété Industrielle (AN2PI) a été créée. Ainsi, le Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau de l’Industrie du Niger (BRMN) est érigé en EPA et un projet de politique nationale qualité a été élaboré. De même, un Centre d’Appui à la Technologie et à l’Innovation (CATI) a été créé à l’Université Abdou Moumouni de Niamey avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) et un centre de documentation de la propriété intellectuelle d’un coût de 260 millions de FCFA a été construit.
Au plan réglementaire, le code des investissements a été révisé et promulgué, et un avant projet de la politique nationale de la qualité et des procédures de la certification de la conformité aux normes a été élaboré. A cela s’ajoutent la signature d’un contrat de sous-traitance entre l’AVCN et les Sociétés Intertek (Angleterre) et SGS (Suisse) pour l’inspection et la vérification de conformité aux normes des produits importés au Niger, l’accompagnement de 6 entreprises industrielles par le Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau de l’Industrie du Niger (BRMN).En matière de projets et programmes de développement, un programme-pays avec l’ONUDI d’un coût total de 8,283 milliards de FCFA dont le document a été signé entre l’Etat du Niger et l’ONUDI a été lancé en juin 2014. Un protocole d’accord et un contrat de partenariat avec la Société China Road and Bridge Corporation pour la construction de la cimenterie de Kao d’une capacité d’un million de tonnes par an ont été signés. De plus, un protocole d’accord et de contrat a été signé pour la construction d’un complexe sucrier de raffinage de 100.000 tonnes par an dans la région de Dosso. Il faut enfin noter qu’un projet de Promotion de la Qualité et des Normes Industrielles au Niger d’un coût de 1,19 milliard de FCFA a été élaboré.
Seini Seydou Zakaria