Les travaux de la 1ère session ordinaire au titre de l’année 2015 dite session des lois, se poursuivent à l’hémicycle sis place de la concertation à Niamey, sous la présidence de SE. Amadou Salifou, président de l’Assemblée nationale. Il importe de rappeler par ailleurs que lors de sa session plénière du lundi 25 mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi portant première rectification de la loi n°2014-73 du 04 décembre 2014, portant loi de finances pour l’année budgétaire 2015. Ce projet de loi a recueilli 77 voix pour, 22 voix contre et zéro abstention.
Pour la séance plénière d’hier, un seul point était à l’ordre du jour des travaux. Il s’agit de l’examen et du vote du projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence dans la région de Diffa. Au terme des discussions, les députés nationaux ont adopté ledit projet de loi par un vote de 88 voix pour, zéro contre et zéro abstention, autorisant ainsi le gouvernement à proroger l’état d’urgence dans la région de Diffa. Ainsi, l’état d’urgence est prorogé pour une durée de trois (3) mois pour compter du jeudi 28 mai 2015.
Un vote qui a réjoui le commissaire du gouvernement, M. Massoudou Hassoumi, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses. Aussi, le ministre en charge de l’Intérieur s’est-il félicité de ce vote à travers lequel la représentation nationale donne aux forces de défense et de sécurité, les moyens légaux de mener leurs missions de sécurisation du territoire, des populations et de leurs biens dans le contexte sécuritaire particulier que vit cette région du fait des attaques de la secte Boko Haram. Devant la représentation nationale, le commissaire du gouvernement a d’abord présenté aux députés nationaux, la situation de l’application de l’état d’urgence, mais aussi celle des populations déplacées des îles du Lac Tchad. Pour ce qui est des opérations, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses a indiqué que quelque 841 personnes ont été interpelées par les services de sécurité. 695 ont déférées, 52 libérées et 643 inculpées.

L’état d’urgence a permis, selon Massoudou Hassoumi, de démanteler des réseaux dormant.  »Ce que nous risquions si nous n’avions pris décrété l’état d’urgence rapidement après l’attaque de Bosso, c’est une situation semblable à celle de Gao avec les jihadistes au Mali » a-t-il rappelant que Gao n’a pas été prise à partir de l’extérieur, mais par de l’intérieur par un soulèvement.  »Si il n’y avait eu cette efficacité et cette rapidité d’intervention, nous aurions eu affaire à des multitudes d’attentats à l’explosif à Diffa et peut être ailleurs. La preuve est que nous avions trouvé des tas d’explosif et de ceintures d’explosifs à Mainé Soroa et à Diffa dans des endroits où nous avons perquisitionnés et avec des personnes que nous avons arrêtées.
Le ministre Massoudou de rappeler les deux tentatives d’attentats à l’explosif à Diffa dont l’un a réussi à se faire exploser tandis que l’autre a été abattu par les FDS avant de se faire exploser. Ces actions menées dans le cadre de l’état d’urgence a permis aux populations de revenir à Diffa et de retrouver petit à petit leur vie normal.  »Evidemment la menace est permanente, même si Diffa n’est pas une région en guerre, mais la menace de la guerre est permanente et la guerre est juste à côté.
Le commissaire du gouvernement est par la suite revenu sur les grandes victoires remportées par nos FDS. Massoudou Hassoumi a d’abord rappelé les attaques de Bosso et de Diffa à partir de Douchi, qui se sont soldées par des grandes victoires de nos FDS.  »Nous avons ensuite projeté notre armée au Nigeria. Elles ont remporté les batailles de Douchi, de Gachagar, de Damasak, de Malam Fatori. Toutes les grosses agglomérations, toutes les places fortes de Boko Haram au Nigeria ont été reprises par l’armée nigérienne et celle du Tchad » a rappelé le ministre Massoudou Hassoumi, qui déplore qu’une certaine opinion passe sous silence cette série de victoires pour ne parler que d’une seule bataille perdue à Karamga.
En outre le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, a tenu à apporter un démenti formel relativement des allégations qui font état d’un déplacement forcé ou un déguerpissement des populations des îles. En effet, rappelle M. Massoudou, lors de son déplacement sur l’île de Karamga, les rescapés sont étaient venu demandé à la délégation de pas les laissés parce que les terroristes de Boko Haram vont les tuer.  »Nous avions deux hélicoptères et nous n’avions de places. C’est terrible d’être confronté à une demande vitale qu’on ne peut satisfaire tout de suite », confie-t-il. C’est pourquoi depuis ce temps ajoute-t-il des dispositions ont été prises. Aujourd’hui la situation est totalement gérée.
Le ministre en charge de l’Intérieur a saisi cette occasion pour souligner les défis sécuritaires énormes auxquels fait face notre pays. En effet,  »nous avons aujourd’hui trois (3) fronts. Il y’a le front libyen, puis la frontière avec le Mali et la situation à Diffa. Nous avons des forces sur tous ces fronts. Et tous les jours nos forces sont sur le terrain et se battent pour contrôler et sécuriser nos frontières », a déclaré Massoudou Hassoumi. Il a aussi évoqué les efforts consentis par le gouvernement pour permettre aux FDS dans les conditions optimales d’assurer leurs missions.
Ainsi, rien que dans la loi de finance rectificative, les ressources allouées au ministère de la Défense nationale et à celui de l’Intérieur, ont respectivement augmenté de cinq (5) et 2,7 milliards de francs. Ces efforts viennent s’ajouter à l’équipement des FDS en moyen depuis plus de quatre ans par le gouvernement. Il a ensuite abordé la question de la collaboration avec les FDS. Sur cette question sensible, le ministre Hassoumi Massoudou a clairement indiqué que le gouvernement restera réfractaire à toute attitude, à tout comportement visant à démoraliser le moral de la troupe. « Nous n’accepterons jamais cela ! », a souligné le ministre en charge de l’Intérieur.
(Nous y reviendrons)Siradji Sanda(onep)

Niger Inter

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