Le Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Issoufou Mahamadou, a procédé, hier matin, au lancement des travaux de Construction d’un Pont sur le Fleuve Niger à Farié, dans la commune rurale de Gothèye, région de Tillabéri. C’était au cours d’une cérémonie qui a drainé une véritable marée humaine composée des populations de toutes les contrées de la région de Tillabéri. La cérémonie a également enregistré la présence du Président de l’Assemblée Nationale, SE Amadou Salifou, du Premier ministre, Chef du gouvernement, SE. Brigi Rafini, l’ancien chef de l’Etat, le Général de Corps d’Armée Djibo Salou, des députés nationaux, du ministre de l’Equipement, M. Ibrahim Nomao, des membres du gouvernement, du gouverneur de la région de Tillabéri ainsi que des représentants du corps diplomatique accrédités dans notre pays, du représentant du président du Groupe de la Banque africaine de Développement ainsi et de plusieurs personnalités militaires et civiles.
Longtemps attendue par les populations, la réalisation de ce pont sur le Fleuve Niger à Farié, est d’une grande importance pour le Niger et la sous-région en général de part sa position stratégique. Notons que la construction de ce pont s’inscrit dans le cadre du Programme de renaissance du Niger qui vise à améliorer de manière significative les conditions de vie des populations du Niger ; à assurer une meilleure intégration régionale et sous-régionale au grand bénéfice de notre pays afin de booster le Niger au rang des nations émergentes au plan régional et international. Il s’agit précisément, à travers la réalisation de ce pont, de faciliter aux populations le trafic afin d’endiguer leur calvaire de l’enclavement de la rive droite du fleuve. Les populations de la zone rencontraient en effet, d’énormes difficultés dans leurs activités quotidiennes. Le Pont de Farié une fois achevée et réceptionnée, mettra assurément fin aux interminables attentes du Bac devenu vétuste, voire hors d’usage, pour la traversée du fleuve.

prn-2Les travaux de construction du Pont de Farié sont constitués d’un pont d’une longueur de 630 m à quatorze (14) travées d’une longueur de 45 m chacune et comportant chacune quatre (4) poutres en béton précontraint ; 3.000 m de voies d’accès revêtues en béton bitumineux ; et deux (2) carrefours. A ceci, s’ajoutent d’autres aménagements d’infrastructures notamment la construction de huit (8) salles de classes et deux (2) points d’eau ; la construction d’une case de santé à Farié ; la reconstruction du Centre de Santé Intégré (CSI) de Koria Haoussa ; la construction du marché rural de Farié. Le coût de ces travaux hors études et contrôles s’élève à onze milliards sept cent soixante seize millions neuf cent soixante cinq mille quatre cent dix francs (11.776.965.410 FCFA) Hors taxe, pour un délai d’exécution de trente six (36) mois. L’exécution des travaux est confiée à l’entreprise Chinoise CGC International.
Après avoir donné le premier coup de la pelleuse marquant le lancement officiel des travaux, le Président de la République qu’accompagne une forte délégation, s’est rendu au bord du fleuve. Il a, à cet effet exprimé toute sa satisfaction pour avoir tenu la promesse faite au peuple nigérien, et en particulier aux populations de la région de Tillabéri. Le Chef de l’Etat a précisé que cet investissement est un investissement structurant pour le Niger, car il permet de désenclaver le pays non seulement du point de vue intérieur, mais aussi par rapport aux pays voisins. Il devait par la suite ajouter que ce projet s’inscrit dans un cadre très large, dans un cadre sous régional. Cela permettra de multiplier les échanges à l’intérieur du Niger d’abord, et entre le Niger et les pays voisins notamment le Burkina Faso et le Mali et même au-delà. « Il s’agit là d’un projet structurant de plus que nous sommes en train de mettre en œuvre. Il y a d’autres projets qui vont intervenir », a confié le Chef de l’Etat.
Sachant que le fleuve traverse le Niger sur plus de 500 km, le Président de la République a souligné qu’il est important de multiplier des ponts sur le Fleuve Niger. « Aujourd’hui, c’est le Pont de Farié, demain ça sera un pont face à Mehana, après demain ça sera un autre pont face à Kirtachi, etc. Mon ambition, c’est de mettre des ponts à des distances régulières sur le Fleuve Niger afin de désenclaver intérieurement le pays, mais aussi de désenclaver le pays par rapport aux pays voisins et l’extérieur », a affirmé le Chef de l’Etat.
Parlant du Barrage de Kandadji, le Président Issoufou Mahamadou a rappelé que les travaux préparatoires sont très avancés et que le Barrage de Kandadji est en bonne voie. En effet, a-t-il assuré, le financement du Barrage est totalement bouclé et, très prochainement, l’entreprise qui reprendra l’essentiel des travaux sera sélectionnée. Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le ministre de l’Equipement, M. Ibrahim Nomao, a rappelé que le lancement de la construction d’un pont sur le Fleuve Niger à Farié intervient après le lancement des travaux d’aménagement et du bitumage de la première tranche des 70 km de voirie de Niamey, du tronçon Balléyera-Loga, la route Madaoua-Bouza-Keita-Tamaské, du bitumage de 20 km des voiries à Maradi dans le cadre de Maradi Kollya et de l’inauguration de la route Goudel-Tondibiah-Tondikoirey et Boulevard Askia Mohamed ainsi que de la Blue zone de Niamey.
En outre, le ministre de l’Equipement a indiqué que l’avènement de cet important ouvrage reliant les deux rives du Fleuve Niger revêt deux (2) intérêts sur le plan de désenclavement au plan interne et externe. S’agissant du plan externe, il a expliqué que le pont de Farié constitue une jonction centrale entre les routes communautaires notamment Ouagadougou-Dori-Téra-Farié-Niamey et Gao-Tillabéri-Farié-Niamey. C’est ce caractère fortement intégrateur qui a permis l’inscription de ce projet au programme d’actions communautaires des infrastructures des transports routiers et le financement des études par l’UEMOA, a-t-il dit. En effet, M. Ibrahim Nomao a attiré l’attention de l’entreprise en charge de l’exécution de travaux et du bureau de contrôle sur la qualité des travaux qui seront effectués ainsi que le respect du délai contractuel.
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Le ministre a par la suite souligné que des futurs projets dans le cadre du programme d’équipement en infrastructure de transports de notre pays comporte pour la région de Tillabéri, entre autres, la réhabilitation de la route Balléyara-Filingué ; la réhabilitation de la route Ouallam-Banibangou ; l’aménagement et le bitumage de la route Tillabéri-Ouallam ; l’aménagement et le bitumage de la route Balléyara-Banibangou-Frontière du Mali ; l’aménagement et le bitumage du tronçon Sanam-Tébaram de la route Fillingué-Tahoua ; l’aménagement et le bitumage de la route Say-Kobadié ; et l’étude d’un pont sur le Fleuve Niger à Méhana.
Poursuivant son intervention, le ministre de l’Equipement a mis un accent sur les grands investissements déjà réalisés ou en cours de réalisation dans la région de Tillabéri dont la construction de la route Say-Tapoa ; la construction de la route Niamey-Namaro-Farié et de ses bretelles ; la construction de la route Fillingué-Abala-Sanam ; la réhabilitation de la route en terre Kollo-Kirtachi, Farié-Samira, Ouallam-Mangueïzé ; la construction des routes en terre Dargol-Wama, Téra-Bangaré, Bossia-Bongouziba, RN4-Guériel , Manguéïzé-Tilloa-Tchizégorou. Sur un tout autre plan, il a appelé les personnes impactées à plus de discernement concernant la question de dédommagement avant d’inviter l’ensemble des parties prenantes à collaborer davantage pour une mise en œuvre de la disposition de la loi en la matière en bannissant tout comportement de nature à retarder l’avancement normal des travaux.
Pour sa part le représentant du président du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) a rappelé que la Route transsaharienne fait partie de vision et politique sectorielle des transports de la CEDEAO, de la CEAC, de l’UEMOA et de la CEMAC. La réalisation de la route transsaharienne permettra au Tchad d’accéder aux ports de l’Afrique de l’Ouest notamment ceux du Bénin, du Togo, du Ghana et de l’Afrique du Nord comme celui de l’Algérie et de la Tunisie sur qui, il doit avoir impact sur le coût de réduction de certains produits. Selon lui, le Pont de Farié apparait comme un ouvrage stratégique pour relier plus facilement la RTS aux réseaux routiers de la CEDEAO. En contribuant au financement des travaux du Pont de Farié, la BAD entend accompagner le Niger dans ses efforts du développement de la région de Tillabéri qui, partage des frontières avec le Mali au Nord, le Burkina Faso à l’ouest et Sud-ouest et le Bénin au Sud. La région de Tillabéri, dit-il recèle d’importantes potentialités naturelles et économiques avec une production agricole et pastorale les plus significatives du pays. Revenant sur la route transsaharienne, il a souligné que cette route au-delà de financement apporté par les gouvernements de l’Algérie, du Tchad, du Niger et des partenaires, elle est le symbole de la vision de nos institutions respectives à contribuer au développement des échanges commerciaux et l’intégration régionale entre les régions de LIMA, de la CEDEAO et de la CEAC.
Le gouverneur de la région de Tillabéri, M. Djabiri Hassimiou, a transmis les remerciements des populations de sa région au Chef de l’Etat pour tout ce qu’il fait dans le cadre de l’amélioration de leurs conditions de vie. Quant au maire de la commune rurale, il s’est réjoui de la construction du Pont Farié qui contribuera au développement de sa localité, du pays et de la sous région en général.Laouali Souleymane, Envoyé Spécial