»C’est ce que nous enseigne un dicton bien sage. Mais l’opposition politique nigérienne ne semble pas être habitée par cette grande sagesse africaine. En effet, depuis 2012 que la président de la République dresse le bilan annuel de sa gestion, sur la base des faits visibles et des chiffres réels, l’opposition, regroupée au sein de l’ARDR, jalouse du succès des réalisations faites au profit des populations nigériennes, s’échine à chaque fois de contredire ces bilans et même de nier toutes réalisations depuis 2011. Cette année encore, après que lors d’une conférence de presse le Président Issoufou eut présenté avec brio le bilan de ses quatre ans de gestion de pouvoir, cette même opposition, à travers un de ses membres, Seini Oumarou, saisissant l’occasion de la journée de la femme nigérienne, le 13 mai dernier a, à travers une conférence de presse, attaqué le bilan de la renaissance.

Il faut d’abord dire qu’il a parlé en sa qualité de chef de file de l’opposition. Cela est aujourd’hui sujet à caution au regard de la dernière configuration de l’Assemblée nationale où le MNSD dont il est le président (en attendant bien entendu l’évolution judiciaire du dossier sur la légalité de la direction du parti) est passé de la 2è à la 3è place au sein de l’hémicycle. Soit. Seini Oumarou a estimé dresser le contre-bilan de la gestion du Président Issoufou Mahamadou. C’est une bonne chose qu’il y ait ce choc des idées entre le régime en place qui dit avoir fait des réalisations même s’il reconnait que beaucoup reste à faire, et l’opposition qui dit que rien n’a été fait. Comme l’année dernière, l’opposition a peint en noir le bilan de quatre ans de mise en œuvre du Programme de Renaissance. Comme l’année dernière, elle s’est cramponnée sur les chiffres qu’elle conteste prétendant avoir fait des enquêtes de terrain. Si c’était réellement le cas, il serait intéressant que les résultats de ces enquêtes soient publiés comme le pouvoir l’a fait pour son bilan. Pour résumer le bilan de quatre ans du Président Issoufou, il faut retenir que dans bien de domaines on a senti que les lignes ont bougé, que le pays a bien avance. Mais des efforts restent encore à consentir dans ce pays où tout est prioritaire et où les ressources ne sont pas suffisantes. Qu’il s’agisse des recrutements des jeunes, de l’emploi plus globalement, des infrastructures sanitaires, éducatives, des points d’eau, de la sécurité des personnes et des biens, de la démocratie etc, des efforts énormes ont quand été même faits. Cependant, des améliorations doivent être apportées. Quand Seini emploie un langage de la rue Lors de son intervention, on peut par contre, s’attrister du ton utilisé par l’orateur Seini Oumarou, des propos qui ne font pas honneur aux acteurs politiques, notamment ceux qui ont assumé des fonctions au sommet de l’Etat. Des propos qui rappellent au triste souvenir des Nigériens les appels insurrectionnels qui ont été suivis plus tard des actes de violence et d’assassinat des 16 et 17 janvier 2015 à Zinder et Niamey. C’est un langage prêté à la rue, et qui ne correspondent pas à l’image que nous devrions donner de nos Institutions républicaines. Il y a aussi des contre-vérités comme sur la fuite de Hama Amadou parce qu’il ne voulait pas répondre tout simplement à la Justice de son pays. Il y a aussi l’action de Boko Haram que l’opposition tente d’imputer à la prétendue volonté guerrière du Président Issoufou alors qu’elle a voté toutes les fois l’envoi des troupes à l’extérieur y compris au Nigeria, les organes de gestion des élections où l’opposition accuse le pouvoir de vouloir les ré- genter alors qu’elle en est membre, etc. Que dire du fameux et trop controversé Livre blanc de l’opposition qui fait abstraction de toute règle d’éthique, de la courtoisie, du respect de la personne humaine ? Il n’y a pas que les gouvernants qui aient des responsabilités dans la promotion de la démocratie dans notre pays. Les opposants en ont aussi, parce qu’ils aspirent à diriger le pays. Ils doivent aussi prendre de la hauteur pour dire ce qui ne va pas et reconnaitre ce qui marche plutôt que de continuer à donner du Niger l’image d’un pays qui est au bord du chaos Il faut convaincre les Nigériens que le programme de Renaissance n’est pas bon pour le Niger. Pour cela, il faut que l’opposition ait un programme, un programme pertinent. En plus, il faut aller vers les populations pour le leur présenter et les convaincre, car le dernier mot leur revient. Un discours incarnant l’irresponsabilité politique à son stade le plus achevé Nous retenons un petit passage de l’apocalypse dont rêve Seini Oumarou pour le Niger :  » C’est dire que notre pays est au bord d’un cataclysme, d’un terrible séisme politique. D’aucuns parlent d’infarc tus politique tellement le pays va mal. Les symptômes de cette pathologie sont en passe de gangrener la marche du Niger sur le plan de la stabilité des institutions nationales, de la gouvernance, de la sécurité et de la géopolitique régionale. « . C’étaient-là les propos irresponsables tenus par Seini Oumarou, démontrant ainsi toute son incapacité à incarner des valeurs politiques saines et à être porteur d’un projet politique ambitieux pour le Niger et son peuple. Jamais dans l’histoire politique contemporaine du Niger, un homme politique, fût-il de l’opposition, n’était descendu si bas pour pervertir et travestir la parole publique en souhaitant tout simplement l’apocalypse à son pays ! Toutes les extrémités du discours antipatriotique et de l’autodénigrement ont été franchies par ce démago aux petits souliers qui est entré en politique par effraction, sans aucune formation initiale acquise sur les campus universitaires ou autres endroits d’édification citoyenne, après qu’il eut fait faillite dans sa vocation première qui était le commerce de cahiers pour scolaire. Que Dieu préserve les Nigériens de la jalousie, de la médisance, du mensonge, des injures et surtout des égarés. Amen !

Abdoulaye Boubacar

OPINIONS N° 263 DU 20 MAI 2015