Entre le principal parti de la majorité présidentielle et son ex grand allié, tout n’est pas encore terminé. Du moins, rien n’est impossible, et ce en dépit de la violence verbale démesurée à laquelle se livrent issoufistes et hamistes sur les réseaux sociaux. A bien scruter la galaxie des « coquilles vides », on se rend compte que les courants extrémistes commencent à reculer face à la montée des courants réalistes qui n’écartent plus désormais aucune piste pour sauver les meubles du MODEN/HA.

Dans les équations posées, on s’étonne même des scénarios improbables, impensables, inimaginables et inacceptables pour le commun des militants. « Pourtant, le jeu en vaut la chandelle », nous confie un proche de Hama Amadou revenu depuis quelques temps de ses nombreuses illusions. Comment sauver Hama Amadou et le MODEN/HA ? Depuis que l’Union Interparlementaire (UIP) a mis sa bouche dans l’affaire dite des bébés importés et souhaité le test ADN, tout est devenu compliqué et difficile pour Hama Amadou qui devant l’évidence s’est terré dans un silence total.

Désormais, même ses « mollahs » enragés ne parient pas un seul de leurs cheveux sur l’innocence de leur « Ayatollah ». N’est ce pas que l’acteur principal du feuilleton « les petits ibos » a carrément changé de langage utilisant depuis un certain temps l’expression « les enfants de ma femme » ? Dans sa défense constituée par Maitre Mossi alias « Confusion » et consorts, on ne cherche plus à prouver l’affiliation des « jumeaux à papa » à « Papa plus » ou à sa femme, mais on s’accroche à des subterfuges genre vice de procédure pour mouler et rouler les Nigériens les moins lucides dans la farine de Lumana. Mais qui peut-on encore tromper dès lors qu’au Burkina Faso, au Bénin et au Nigeria, le dossier des « usines à bébés » commence à prendre de l’ampleur ?

Alors, au sein du MODEN/HA, on commence à prendre conscience que les carottes sont cuites pour le « Guru ». Et on pose l’équation en ces termes : Comment sauver ce qui peut l’être ? Comment sauver la peau du « cheval ailé » et négocier une fin de carrière politique douce à « l’animal politique » ? Une équation difficile mais pas impossible. Depuis deux ou trois semaines, les courants modérés commencent à dominer le devant de la scène dans le parti de Hama Amadou. « Et si l’on retournait à la case départ », « Et si on oubliait ces coquilles vides », « Et si on faisait la paix avec le ‘’lion’’ », voilà les « si » qui ont cours dans les milieux lumanistes.

Des « si », qui, selon certaines confidences, auraient eu des échos favorables du côté de la Seine à Paris. Autrement dit, Hama Amadou ne serait pas hostile à ces « si », n’en déplaise à ses fanatiques. Lui qui connait bien la politique, la gestion des affaires publiques et la raison d’Etat pour avoir été un acteur de première ligne de la « liquidation » de nombreux adversaires sait mieux que quiconque que l’ère de la « Renaissance » est implacable et n’a rien de comparaison à celle du « Tazartché », de surcroît, avec l’étiquette « acheteur de bébé », à lui, collé. « Nous serions cons si nous n’en profitons pas », a dit en substance le patron des socialistes nigériens, Mohamed Bazoum, dissertant sur l’affaire dite des bébés importés lors d’un entretien accordé à un confrère d’une télévision privée de la place.

Comme quoi, le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya) ne lâchera pas le morceau, à moins que Hama Amadou n’aille à la reddition. Si au lendemain de son « retrait momentané », l’ex-numéro deux du régime de la « Renaissance » a beaucoup compté sur sa langue, sa bonne poignée de fanatiques rompus dans l’art de l’intox pour sortir du guêpier, aujourd’hui, il se rend certainement compte que le temps est passé et jusque-là (à moins d’un an des prochaines élections), rien (ni Charlie, ni Boko Haram, encore moins la méningite) n’est jusque-là parvenu à troubler la tranquillité de Zaki.

Voilà qui peut bien expliquer le silence dans lequel se complait Hama Amadou depuis un certain temps se contentant de simples textos innocents balancés sur le net attendant impatiemment ce bras tendu que l’aile modéré de son parti est en train de lui tendre. Et que pensent les socialistes nigériens d’un probable retour de « l’enfant prodige » au bercail ? Au Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya), on a les oreilles grandement ouvertes au développement des contradictions au Lumana et on ne voit aucun inconvénient au retour de Hama Amadou dans la « grande famille » de la « Renaissance ».

On attend vivement ce déshonneur qu’on veut savourer avec délectation. « S’il revient, nous l’accepterons et nous lui remettrons ses coquilles vides », ironise un militant d’un parti membre de la MRN (Mouvance pour la Renaissance du Niger). Au PNDS Tarayya, on pense tenir le bon bout et on est convaincu que le spécialiste des grandes enjambées finira par craquer et qu’il ne supportera pas trois hivers successifs. « Dans les tout prochains mois, il commencera à multiplier les salamalecs chez les amis parisiens d’Issoufou ».

Selon certaines sources, l’exPrésident de l’Assemblée nationale a déjà mis ses clignotants vers la gauche et n’attend que les signaux de ses facilitateurs et négociateurs disséminés un peu partout dans la nature. 2016 doit se faire avec lui. Un minimum vaut mieux que rien.

Oumar Sanda (LE HERISSON N°68 DU 26 MAI AU 02 JUIN 2015)