Issoufou Konaté a suivi des études de Commerce à Paris en France puis en Démocratie et gouvernance au Bénin et au Canada. Il a donc une certaine autorité pour parler du fameux discours de La Baule adressé par feu François Mitterrand aux Chefs d’Etat des anciennes colonies françaises d’Afrique.
«Le discours de La Baule 20 juin 1990» de Issoufou Konaté est sous-titré « une nouvelle thérapie pour l’Afrique» et c’est cela qui en fait tout l’intérêt. En effet, si Issoufou Konaté ne fait pas grand cas de l’effondrement du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, qui a provoqué tous les remous sociopolitiques et économiques à l’Est et dans l’hémisphère Sud de la planète Terre, il s’attache à étudier les modèles et politiques de domination et d’exploitation des anciennes colonies d’Afrique par l’Occident.

Pour ce faire, Issoufou Konaté convoque tout ce que le monde compte de « grandes consciences », des hommes politiques comme Thomas Sankara aux essayistes comme Viviane Forester et, pour ne rien gâcher, il donne ses avis sur les sujets qui fâchent : la très inadaptée et hasardeuse démocratie libérale, les regroupements régionaux inopérants, l’incertaine intégration africaine, l’oppressante mondialisation, la ruineuse dette du Sud qu’il faudrait effacer, la corruption des élites africaines, la fuite des cerveaux et des capitaux, l’inadaptation du système éducatif, etc.
Combien sont-ils les intellectuels et hommes politiques qui prennent sérieusement à bras le corps et avec constance ces questions essentielles pour le devenir de l’Afrique si l’on exclut des hommes infatigables comme Mamane Sani Adamou de l’Organisation Révolutionnaire pour la Démocratie Nouvelle ou comme notre auteur? Qu’ils soient minoritaires n’est pas la question car « la qualité sera toujours marginale» ; mais, dit-on, la répétition a une vertu pédagogique. Et, donc, en signant ce livre de plus de 190 pages, paru en février 2015 aux éditions L’Harmattan, Issoufou Konaté fait œuvre utile, d’autant que son ouvrage est une invite à l’action salvatrice.

Sani Soulé Manzo (onep)