Encore un camouflet de plus pour Mahamane Ousmane alias Nafarko 1er, dans ses ultimes tentatives de survie politique en voulant s’accrocher à des dilatoires judiciaires abu- sifs pour retarder son sort à la tête de la Convention Démocratique et Sociale (CDS/Rahama).

En effet, la Cour de Justice de la CEDEAO vient de débouter le demandeur Mahamane Ousmane qui, refusant de s’incliner devant les décisions de justice intervenues dans l’affaire CDS/Rahama, avait saisi cette juridiction communautaire de deux demandes : une demande relative à un sursis d’exécution de l’arrêt de la Cour de Cassation du Niger ayant invalidé le congrès CDS de Zinder et tous les actes subséquents ; une seconde demande visant l’annulation pure et simple du congrès de novembre 2014 organisé par le Bureau Politique dirigé par Abdou Labo.

Nous l’avions écrit à maintes reprises dans ces mêmes colonnes, la carrière politique de Mahamane Ousmane est semblable à une tragédie grecque où le héros a beau faire, il ne pourra jamais modifier ou échapper à son sort déjà scellé : inévitablement il ne pourra que mourir de sa belle mort ! A y regarder de près, le sort politique actuel de Mahamane Ousmane prend fatalement les allures d’une malédiction divine pour un personnage ayant occupé les plus hautes fonctions de son pays et qui se retrouve aujourd’hui en train d’errer comme une ombre de zombie sans se rendre compte que so avenir politique est déjà derrière lui !

La déchéance politique actuelle de Mahamane Ousmane entraîne aussi dans sa chute tout un pan de l’histoire politique contemporaine du Niger, car n’oublions pas que ce dernier avait été, quand même, le premier président démocratique- ment élu de notre pays depuis son accession à l’indépendance, il ya de cela 22 ans ! Nous avons regardé et scruté un peu partout à travers le monde pour voir si on pouvait trouver d’équivalent au destin politique actuel, en vain, nous n’y sommes jamais parvenu ! En réalité, la brutalité de la chute était tellement vertigineuse qu’il était difficile de ne pas le ressentir : de la présidence de la république à une situation de Sans Domicile Fixe (SDF) aujourd’hui !

Soyez-en rassurés, nous n’exagérons point lorsque nous comparons le sort actuel de Mahamane Ousmane à celui d’un clochard de la politique nigérienne. Comment alors expliquer, objectivement, une telle triste fin politique pour quelqu’un ayant été, pendant trois ans, président de la république et dix ans président de l’Assemblée Nationale ? Déjà au regard d’un tel parcours politique, on constate la pente descendante qui le caractérise, car la logique voudrait que l’on allât de la présidence de l’Assemblée à la magistrature suprême ! Mais Mahamane Ousmane s’en fout éperdument de la logique intrinsèque des choses, tout ce qui l’a jamais intéressé, c’était les avantages matériels et financiers qu’il pouvait tirer de ses situations politiques !

Le premier facteur explicatif de la déchéance politique de Mahamane Ousmane pourrait avoir une source sentimentale : la haine à l’état pur comme carburant ! A force de trop ruminer une haine morbide contre Issoufou Mahamadou, d’ailleurs à tort, Mahamane Ousmane aura fini par s’obscurcir tous ses horizons politiques, car la haine rend aveugle celui qui y est en proie. Il avait toujours pensé, dans son for intérieur, que son court mandat présidentiel était le seul fait du retrait du PNDS Tarrayya de l’Alliance des Forces du Changement (AFC) qui l’avait
porté au pouvoir 22 ans plus tôt, tout en refusant toujours de tirer lui- même toutes les conséquences qui découlaient de sa gestion chaotique de cette époque.

Issoufou Mahamadou n’était pas détenteur du pouvoir suprême pour donner ou retirer, à qui que ce soit, le pouvoir, mais c’était-là un attribut d’Allah le Tout-Puissant ! Vouant ainsi une haine viscérale au Président Issoufou, en dépit des rapprochements politiques entre les deux personnalités pendant le tazarché, Ousmane continuait à sourire le poignard en main ! Ainsi, pendant que Issoufou, après avoir vidé toutes les charges émotionnelles et autres sentiments de petits étages, avançait à grand pas vers la réalisation de ses ambitions politiques, Ousmane se consumait, à petit feu, dans une vaine attitude vindicative qui ne pouvait plus lui permettre de rebondir sur la scène politique nationale, et comble de ses malheurs, Dieu fera les choses de belle manière comme toujours : il ne sera même pas député aux dernières législatives !

Ses déboires politiques actuels découlent justement de son aveuglement politique en refusant de respecter une décision consensuelle du Bureau Politique de la CDS qui appelait ce parti à soutenir le candidat de la CFDR au second tour des présidentielles de 2011. Violant ouvertement ce pacte, Mahamane Ousmane venait de semer-là un des germes qui conduiront plus tard le parti dans une spirale négative, lorsque certains dirigeants du parti et non des moindres, comme Abdou Labo et ses camarades, avaient commencé à en avoir assez d’une telle versatilité préjudiciable aux intérêts du parti.

Jusque-là, Nafarko avait réussi à faire face à toute forme de rébellion au sein de l’appareil du parti : presque toujours les frondeurs choisissaient de quitter le parti au lieu d’y rester livrer combat. C’était déjà le cas de STJ, Hamid Algabit, Zilly, Cheiffou Amadou, Souley Abdoulaye et bien d’autres membres fondateurs de la CDS. Malgré la descente aux enfers électoraux du parti, en effet à chaque consultation le parti s’effilochait et perdait du poids, Mahamane Ousmane n’en avait cure, l’essentiel étant pour lui de devenir un ‘’ga ruwa’’ (porteur d’eau) dans la conquête du pouvoir suprême au Niger ! Mais hélas, cette fois-ci, ce joueur d’échecs n’avait pas mesuré toute l’intensité de la dynamique interne qui venait de se déclencher sous la houlette du Taureau du Gobir, Abdou Labo, qui, contrairement aux précédents frondeurs, décida de rester, quoiqu’il en soit, à l’intérieur de la CDS pour mener le combat de l’aggiornamento du parti.

Cette stratégie jusqu’auboutiste de rester au sein de la CDS pour affronter Ousmane avait permis à labo et ses camarades de remporter la mise face à un adversaire sans imagination qui n’avait pas encore compris que les choses étaient en train de bouger. L’obstination, l’opiniâtreté et le courage politique dont ont fait preuve Abdou Labo et ses camarades sont aujourd’hui couronnés de succès, car partout sur le terrain, la CDS est en train de renaître de ses cendres sous la conduite responsable d’Abdou Labo. Quant à Mahamane Ousmane, devenu aujourd’hui un simple SDF, il ne lui resterait qu’une seule alternative : ou créer une nouvelle formation politique, ce qui parait totalement improbable, car radin pour entretenir un parti ; ou bien alors, aller ‘’clandoter’’ chez Seini Oumarou, pour parler en termes estudiantins !

Zak (OPINIONS N° 261 DU 29 AVRIL 2015 )