Niamey, le 12 mai 2015

Mesdames et Messieurs les Leaders de l’ARDR,
Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau Politique National, Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana – Africa,
Distingués invités,

La commémoration du 6ème anniversaire de la création de notre Parti le Moden-Fa / Lumana- Africa, coïncide hélas cette année avec une période où notre pays le Niger, traverse les pages les plus sombres de notre ère démocratique, disons le honnêtement, les pages les plus sombres du Niger indépendant. À cet instant, nous avons une pensée profonde pour nos soldats tombés sur le champ d’honneur, victimes de l’ignoble agression perpétrée par la secte BOKO HARAM.

Notre pensée va également à l’endroit des nombreuses familles endeuillées, victimes de cette nébuleuse. Nous sommes également solidaires des milliers d’hommes et de femmes poussés à l’errance, démunis de tout.

À votre nom à tous, nous exprimons notre totale compassion émue aux familles éplorées et à l’ensemble de nos Forces de Défense et de Sécurité. Qu’Allah le Tout Miséricordieux accueille dans son Paradis éternel ces vaillants défenseurs de notre nation ainsi que toutes les victimes collatérales.

Nous avons aussi une pensée triste pour toutes les familles qui ont perdu les leurs, emportés par l’épidémie de méningite qui sévit dans notre pays, et dont la portée est aggravée par l’inconséquence de la réaction fébrile et disproportionnée du Gouvernement.

Nous invoquons la Clémence du Tout-Puissant pour que les malades recouvrent leur santé.
Nous l’invoquons également pour préserver le Niger et son Peuple de tout danger et de toute menace, y compris le péril chaque jour grandissant vers lequel ils sont exposés du fait de l’attitude et des actes inconscients du gouvernement de la 7ème République.

Mesdames et Messieurs les Leaders de l’ARDR,
Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau Politique National, Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana-Africa,
Distingués invités,
Aujourd’hui, le moment est grave et la situation de notre pays cahoteuse. L’heure n’est pas à la fête, mais au recueillement et à la méditation. C’est du reste, au nom de la prise en compte de la dimension dramatique de ces instants que le Bureau Politique National de notre Parti a voulu cette commémoration, la plus sobre possible, dénuée de toute ambiance festive. Même si nous constatons à notre corps défendant que pour certains, le recueillement n’a aucune signification ni aucune valeur. C’est justement ce moment grave qu’ils choisissent pour simuler une mobilisation aux contours trompeurs à travers une campagne prématurée et indécente.

L’heure n’est pas à la fête non plus devant le sort injuste fait à notre Président qui l’a amené à s’éloigner de sa famille, de son parti et de son peuple.

Nous en appelons donc à l’engagement renouvelé des militantes et des militants de notre cher parti, partout où ils se trouvent: Nous saluons particulièrement l’engagement volontariste et désintéressé des Femmes Lumana, la combativité des Phénix, l’Esprit de Sacrifice des Jeunes Lumana, la loyauté des Cadres Lumana et le Don de soi des Militants de la Diaspora. Nous saluons la détermination de tous pour la défense de notre Parti.

Merci Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana-Africa ! Merci ! Vous qui avez bâti ce si grand parti dans la douleur ! Vous qui l’érigez un peu plus haut chaque jour dans la souffrance et le sacrifice. Vraiment merci à toutes et à tous.

Nous en appelons aussi à l’engagement des Militantes et Militants des Partis membres de l’ARDR ; eux qui sont restés fidèles malgré les assauts multiformes du régime. Ces partis dont les leaders, notamment le Président de l’Alliance S.E Mahamane OUSMANE et le Président Seyni OUMAROU, Chef de file de l’Opposition, nous ont toujours témoigné leur solidarité. Qu’il nous soit permis de réitérer à tous, l’engagement résolu du Moden-Fa / Lumana-Africa, à travailler au sein du cadre de l’ARDR pour le renforcement de l’unité de notre peuple et la sauvegarde des valeurs démocratiques et républicaines.

Nous en appelons à toutes les Nigériennes et à tous les Nigériens épris de démocratie et pétris de valeurs républicaines. Nous en appelons à leur détermination pour la construction de l’alternance devenue aujourd’hui plus que jamais, un enjeu sacré devant les agressions répétées qui ponctuent la gouvernance du régime du Guri.

Militantes et Militants du Moden-Fa/Lumana-Africa,
En 2011, c’est fort de la conviction que notre pays a beaucoup souffert et qu’il aspire à la stabilité et au progrès que notre parti a fait le choix, sans calcul politicien aucun, d’offrir au candidat Mahamadou Issoufou, les précieux suffrages qui lui ont permis d’accéder à la magistrature suprême de notre pays. Et disons le haut : Nul autre que Lumana ne sait la somme des sacrifices et des efforts qu’il a fallu consacrer pour que les militantes et les militants du parti acceptent de voter le candidat Mahamadou Issoufou.

Car le passif de trahison auquel son image est associée était présent dans tous les esprits.

Ce sont au demeurant, les mêmes raisons, associées aux intérêts supérieurs de notre pays, qui nous ont dicté de taire nos appréhensions durant les deux années passées au sein du régime de la 7ème République. Ces deux années, nous les avons vécues douloureusement dans notre âme et dans notre chair tant la suspicion, l’irrespect, le mépris, la déloyauté sous toutes ses formes en étaient le lot quotidien.

Disons le également, et sans ambages : les dirigeants de notre parti n’étaient nullement dans l’ignorance du plan ourdi par le PNDS, pour se séparer au plus vite de Lumana et liquider son Président S.E Hama Amadou, qui depuis toujours, incarne à leurs yeux l’homme à abattre.
Rappelez-vous, à l’occasion de la commémoration 2013, au moment où rien ne laissait présager de la rupture de notre participation à la majorité d’alors, le Président Hama Amadou, dans son adresse, faisait remarquer que, contrairement à l’idée que tous se faisaient du statut de Lumana faiseur de roi, la place de notre parti était des plus inconfortables. Le Moden-Fa / Lumana-Africa était en effet exposé à la méfiance maladive du PNDS et à l’agacement des autres partis membres de l’alliance d’alors. Mais malgré tout, au nom des intérêts supérieurs du pays, nous avons tenu bon.

Pendant ces deux premières années de la 7ème République, nos représentants à tous les niveaux de la sphère étatique et administrative, ont tout donné ; ils se sont surpassés dans leur engagement au profit de la construction nationale tandis que les autres n’avaient d’autre objectif que l’enrichissement et le confort personnels ; objectifs démesurément aggravés par les fantasmes les plus saugrenus construits durant leurs longues années passées à l’opposition.
Mesdames et Messieurs les Leaders de l’ARDR,
Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau Politique National, Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana-Africa,
Distingués invités,
C’est toujours au nom des intérêts de notre cher pays, que nos avons décidé de prendre nos distances de ce régime opportuniste et largement inconscient des grands enjeux de la gouvernance démocratique et de l’aspiration du peuple au développement.

Ce choix, nous avons décidé de l’assumer pleinement par la suite, en adhérant à une dynamique d’opposition constructive au sein de l’Alliance pour la République, la Démocratie et la Réconciliation (ARDR).

Mais pour le Président de la République et son Parti, le départ du Moden-Fa / Lumana-Africa de la majorité est un insupportable affront, un véritable crime de lèse-majesté devant lequel, ils ne feront l’économie d’aucune mesure de rétorsion, dussent-ils passer par le viol de l’état de droit, de la démocratie et de la morale : « Chasse aux sorcières » dans l’administration contre les militants Lumana ; Immixtion du gouvernement dans le fonctionnement des assemblées locales ; Achat de conscience à l’Assemblée nationale et Vindicte contre son illustre président forcé à l’exil …
En fait, le choix politique hautement responsable de notre parti, vient compromettre le plan machiavélique du pouvoir, tendant à assurer à Mahamadou Issoufou un passage en force à l’occasion des élections de 2016. L’agitation frénétique et l’acharnement du régime sont sans aucune limitation et menacent profondément la stabilité sociale et politique de notre pays.
Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana-Africa, Distingués invités,
La stabilité sociale et politique du Niger ? Guri et son régime n’en ont que faire et la preuve, les Nigériennes et les Nigériens le vivent au quotidien, surtout depuis ces deux dernières années à travers des actes et attitudes qui défient la raison.

Les Nigériennes et les Nigériens le vivent à travers le détournement des objectifs de développement qui a permis à certains de construire en très peu de temps, des fortunes à la fois vertigineuses et insolentes.

L’irresponsabilité du régime, les Nigériennes et les Nigériens le vivent dans les choix obscurs, irrationnels et contrastés d’une gouvernance qui fabrique les milliardaires à la chaine mais qui est incapable d’offrir aux Nigériens la moindre parade contre la faim et la maladie.
Une gouvernance qui multiplie les dépenses faramineuses de prestige alors que son Peuple est exposé aux affres de la maladie et à la famine. Pourtant, notre pays n’a jamais connu de période si riche en opportunités et en ressources. !

L’irresponsabilité du régime, c’est encore le mensonge et le voilage de la vérité. A cet, nous apprenons par voie de presse que le Niger vient de perdre 18 villages et 560 Km2 sur notre frontière avec le Burkina Faso. Cependant, aucune communication du gouvernement. Silence total et mépris pour le peuple comme lors des événements survenus à Diffa. Le Ministre de l’intérieur avait même à son retour de Garamga, la fanfaronnade de proclamer que nous ne céderons aucune portion de notre territoire national. Mais en même temps, son gouvernement demandait aux populations d’évacuer au profit des terroristes leurs îles, la terre de leurs ancêtres.

L’irresponsabilité du régime, nos compatriotes le vivent surtout dans les actes de provocation dangereux qu’il commandite à travers des sources diversifiées : Atteintes aux libertés fondamentales qui lui ont permis d’embastiller nombre de militants de l’opposition, sans aucun respect des procédures, ou même en parfaite contradiction avec les dispositions légales en vigueur ; Violations répétées de la Constitution fondées sur une instrumentalisation des attributs d’état et la caporalisation de ses moyens ; Injustices multiples et multiformes qui rompent expressément et impunément le principe constitutionnel de l’égalité de tous les Nigériens ; Scandales financiers et autres actes de détournement et d’enrichissement illicite devenus omniprésents et choquants, y compris au sommet de l’État. Autant de motifs qui auraient pu vraisemblablement provoquer des crises sociopolitiques aux conséquences dramatiques pour notre pays.

Distingués invités,
Oui en effet, jusqu’ici, n’eussent été la maturité et la vigilance des leaders de l’ARDR, qui ont très tôt compris les sombres desseins attachés à ces actes de provocation, et exhorter leurs militants à la retenue, le climat politique et social aurait certainement connu des tournures tragiques dont le régime aurait été tenu pour seul responsable.

Ces actes de provocation qu’aucun privilège du pouvoir d’État ne saurait autoriser, ainsi que l’action liberticide, injuste et inacceptable, volontairement répétée, du ministre de l’Intérieur, montrent à suffisance que le passage en force aux élections de 2016 est pour le régime, un objectif stratégique pour lequel il est visiblement prêt à mettre le pays à feu et à sang.

Tous ceux qui gênent doivent être, soit contraints au silence, soit rendus incapables d’offrir une alternative à leur projet suicidaire pour le Niger. Car les Nigériens ont suffisamment perçu les signaux implacables de la mauvaise gouvernance du régime de Issoufou Mahamadou pour se permettre de lui confier un second mandat.

Aujourd’hui notre camarade, le Président Youba Diallo dont tous les Nigériens reconnaissent la sagesse et la retenu, reste encore prisonnier du régime sur la base d’arguments fallacieux.

Distingués invités,
Il est très clair aujourd’hui que les enjeux électoraux de 2016 s’invitent de manière indécente dans notre vie politique, étalant de manière vulgaire et choquante les contradictions d’un parti prétendument à vocation socialiste, longtemps idéalisé, mais qui se révèle plus glouton de confort que de démocratie et de justice. Aujourd’hui, ce parti à érigé l’immoralité en modèle de gouvernance politique.

Cela est visible dans la façon mafieuse dont les ressources pétrolières notamment sont gérées. Cela est perceptible dans les déclarations de positionnement intempestives sur commande, irrespectueuses des aspirations d’un peuple affamé et meurtri ; un peuple dont la jeunesse, désemparée et livrée à elle-même, n’a même pas parfois le minimum requis pour l’école et la santé.

Cela est enfin attesté par les violations répétées et insouciantes de la Constitution que le président de la République a pourtant juré sur le Saint Coran, de respecter et de faire respecter.

La Constitution nigérienne, faut-il le rappeler au président de la République, ainsi qu’à tous ceux qui lui apportent soutien et aide dans cette entreprise pleine de périls pour notre pays, stipule dans son préambule que, (je cite) : « Notre pays rejette tout régime fondé sur la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personnalité », (fin de citation).

Le Moden-Fa / Lumana-Africa dénonce avec la dernière énergie, et entend combattre sans faiblesse, cette situation délétère que le régime entretient à coups de billets de banque, de trafics d’influence, d’achat de conscience, de chantage politique, aux fins d’embrigader classe politique, société civile, journalistes et populations dans une valse dangereuse et va-t-en- guerre de déclarations d’adhésion et de dissidence. Toutes choses qui sont monnaies courantes sous le magistère du Président Issoufou Mahamadou et qui risquent à terme, de précipiter le Niger dans les lendemains incertains, un Niger déjà meurtri par des épreuves dont nous n’avons pas encore fini de panser les plaies.

Les menées liberticides incarnées par le fiévreux ministre de l’Intérieur, à l’encontre des partis membres de l’opposition, la rhétorique violente des parlementaires du PNDS, le silence assourdissant de nombre d’institutions de la république, sonne comme la confirmation des velléités du pouvoir en place de redessiner la carte politique du Niger. Non pas sur la base de la volonté des Nigériennes et des Nigériens, mais bien selon la seule volonté du président de la République et de son parti.

Lorsqu’on est en paix, on oublie facilement que l’injustice entraîne inéluctablement la violence. Car, vouloir caporaliser les instruments d’Etat, notamment la justice, au service d’un clan, ne peut qu’entraîner des conséquences forcément fâcheuses pour notre cher pays.

Les harcèlements divers dont les militants des partis de l’opposition sont exclusivement l’objet, parfois sous le fallacieux prétexte d’un combat dans lequel le régime a depuis longtemps perdu toute crédibilité, ne sauraient être admis dans un Etat de droit dont la constitution proclame que « Tous les Nigériens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs ».

Mesdames et Messieurs les représentants des partis amis, Militantes et Militants du Moden-Fa / Lumana-Africa, Mesdames et Messieurs,
Le Moden-Fa / Lumana-Africa profite donc de cette tribune et de l’occasion de la commémoration de son 6ème anniversaire pour prendre à témoin l’opinion nationale et internationale, sur les graves périls que fait courir à notre pays la politique inconsciente, irresponsable et sans issue que mène le régime en place.

Nous sommes déterminés à nous battre pour la défense de la démocratie et de la République, ainsi que pour la survie de notre parti au service de notre pays.

Nous sommes plus que jamais engagés et résolus à défendre nos droits et ceux de tous les citoyens nigériens, pour que vive la République et la démocratie au Niger.

Nous entendons constituer l’alternance en 2016 avec les partis membres de l’ARDR et tous les Nigériennes et Nigériens avides de démocratie et de progrès.

Nous veillerons à ce que les institutions chargées de l’encadrement judiciaire et de l’organisation technique des élections, soient impartiales et neutres. Nous veillerons également que les élections locales, c’est-à-dire, municipales et régionales, se déroulent avant les élections législatives et présidentielles. Nous veillerons que le chronogramme soit respecté. Tout comme nous veillerons que les élections à venir soient libres, transparentes justes et équitables.

Et personne, vraiment personne, In Cha Allah, ne nous volera la décision des urnes. Nous y veillerons.

Je vous remercie.