« Les coupures intempestives sont dues à la grève du secteur pétrolier au Nigeria », selon M. Alassane Halid

Le Directeur général de la Société Nigérienne d’Electricité (NIGELEC), M. Alassane Halid, a animé, hier dans l’après-midi, un point de presse afin d’éclairer les abonnés sur les raisons des coupures intempestives observées ces temps-ci. De ce point de presse, il ressort que les raisons des coupures intempestives au Niger sont dues à la grève du secteur pétrolier au Nigeria.

«Nous disposons aujourd’hui autour de 120MW et la demande se développe. Elle ne fait que s’accroitre. Nous avons ces dernières années une augmentation de l’ordre de 15% par an. Nous sommes rattrapés par l’évolution forte de la demande d’électricité. Nous avons cette année, 118 MW pour un disponible de 120 MW. Toutes nos machines sont en marche sans arrêt », a expliqué le DG de la Nigelec. Selon lui, il arrive que certains moteurs s’arrêtent, c’est ce qui provoque les fluctuations, mais ce sont des coupures qui ne durent pas, car la Nigelec remet aussitôt les machines en marche pour rétablir la situation.
Cependant, a ajouté le DG de la Nigelec, depuis le début de la semaine écoulée, «les coupures ont commencé à se prolonger parce que, dans notre disponibilité, plus de 60% nous viennent des importations du Nigeria. Quels que soient les efforts que nous fournissons, quant il y a une perturbation sur le réseau du Nigeria, nous n’arrivons pas à faire face à la situation. Malheureusement, ces derniers temps, il y a eu des problèmes au niveau du secteur pétrolier nigérian, et les agents sont allés en grève », a expliqué M. Alassane Halid.
Précisant que la production de l’énergie au Nigeria provient du gaz, le Directeur général de la Nigelec, a dit que sa distribution est perturbée. Hier, ils en étaient arrivés à une phase critique d’effondrement total du réseau de distribution. « Actuellement aucun mégawat n’est disponible sur le réseau du Nigeria qui fournit le Niger. C’est cette situation de grève qui nous impacte parce que, ce sont des cas de force majeure. Nous travaillons avec les machines que nous disposons pour couvrir ici Niamey et toutes les régions du pays en mettant la priorité sur les zones sensibles que sont les hôpitaux, l’administration, les casernes etc. A Niamey, nous pouvons couvrir 40 à 60%, mais les zones périphériques ne sont pas prioritaires, les coupures seront très longues », regrette-t-il.
Quant à savoir à quand la fin du calvaire, M. Alassane Halid est clair: « la situation ne finira qu’à la fin de la grève du Nigeria». D’autre part, a-t-il expliqué, en cette période, il n’y a pas d’eau dans les barrages fournissant de l’électricité au Nigeria. Enfin, «Nous savons ce que le Nigeria représentait pour le Niger depuis 1976, ce pays nous fournissait plus de 70% d’électricité que nous consommons. C’est ce qui nous permet de gagner les tarifs les plus bas de l’électricité. Si le Nigeria ne nous fournit pas de l’électricité, le prix sera le double de ce qu’il est aujourd’hui», a-t-il conclu.
Seini Seydou Zakaria (Onep)
Niger Inter

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