C’est une question d’heures. Mahammadu Buhari prend les commandes du Nigeria demain vendredi 29 Mai 2015. Le sortant Goodluck Jonathan lui passera le témoin. Cette passation de service se tiendra sous une polémique qui a déjà commencée car l’administration Jonathan n’a pas du tout satisfait à la requête ou vœu de Buhari de voir le comité mandaté par lui-même doté du bilan de la gestion de l’équipe sortante. Ce n’est pas commode rétorquent les membres de l’équipe Jonathan qui estiment qu’on ne saurait faire le bilan d’une gestion en un laps de temps. Mais tout laisse à croire que cette attitude serait une stratégie de celui qui ne voudrait plus qu’on l’appelle général, pour enfoncer son devancier a qui il reproche très certainement mille et un griefs.

Et a mon humble avis, c’est le sentiment des nigérians et de plus d’un citoyen du monde que Buhari doit procéder d’une certaine manière a coup de massue pour réhabiliter les valeurs dans ce grand pays qui ne mérite pas un tel héritage fait d’impuissance et de lâcheté. Avec Jonathan on a comme l’impression que l’Etat est mort au Nigeria. Un bilan catastrophique. Dégoutant et inacceptable d’une puissance sous-régionale qui a fait ses preuves tant sur le plan économique que militaire.

Il y a des dirigeants dont le passage aux affaires ne laissent rien que regret et ressentiment tant ils ne méritent pas cette haute fonction. Ce haut niveau de servir ses semblables et de promouvoir les valeurs. Jonathan fait partie de ceux-là dont les historiens vont retenir simplement crimes et désolation sous leur gouverne. Ce Goodluck a cesse, comme qui dirait, d’incarner la chance ou fortune peut-être juste après sa succession au pouvoir suprême.

Mais soyons positifs: les échecs des uns mettent en évidence des leçons a tirer par et pour les autres. Pour ceux qui veulent écrire l’histoire au lieu de la subir. Bahari doit tirer toutes les conséquences de la débâcle de Jonathan pour redonner l’espoir pas seulement aux nigérians. Mais aussi le monde entier qui attend que l’ordre et la discipline reviennent dans ce pays. L’ordre et la discipline pour que des efforts de ses visionnaires de voisins : Issoufou Mahamadou et Idriss Deby portent leurs fruits pour mettre Boko Haram hors d’état de nuire. A jamais. En effet, on saurait voir d’impact de façon décisive dans cette guerre qui n’a que trop durée tant que la collaboration de l’Etat nigérian n’est pas effective. Idriss Deby l’a dit en haute et intelligible voix. Les officiels nigériens le disent tout bas, realpolitik oblige.

Pour faire court, je dirais que le monde entier attend Buhari en premier chef sur le dossier Boko Haram. Il ne fera certes pas de miracle. On ne s’attend non plus pas d’une panacée de lui, mais si tant est qu’il est vérifié que l’Etat nigérian a manqué de volonté politique pour assurer son rôle régalien, il va sans dire qu’il est tout a fait légitime qu’on s’attende que l’entame du règne de Buhari booste l’effort de nos pays vers une solution finale. Solution finale pas au sens connu ailleurs (comme extermination) mais tout de même une solution, un terme aux calamités de Boko Haram. Sans vouloir faire un dessin : notre vœu c’est de voir nos pays venir à bout de l’obscurantisme et de la négation des valeurs universelles prônées par les illuminés de Boko Haram. Avec la synergie entre Buhari, Issoufou et Deby il est permis d’espérer. Une victoire totale. Une victoire ultime. Qu’Allah accompagne cette dynamique !

Elh. Mahamadou Souleymane