« …si le gouvernement du Niger fait respecter et appliquer nos textes, nous pourrions parler d’une même voix… », déclare Monsieur Adamou Garba, Président du RSV-NI’IMA, parti Vert.

Echos du Niger : Monsieur le Président, au mois de mars passé un film documentaire intitulé « La Ceinture Verte ne doit pas disparaitre » a été produit et a commencé à être largement diffusé sur les chaînes de télévision au Niger. De quoi s’agit-il ?

Adamou Garba: je vous remercie pour l’intérêt que vous et vous lecteurs accordez à ce sujet qui nous tient à cœur. La réhabilitation de la Ceinture Verte est incontestablement une préoccupation nationale. Ce film documentaire est une production du cinéaste nigérien Harouna Coulibaly et du RSV. C’est un film de sensibilisation d’une durée de 10 minutes. Il fixe le décor et tire sur la sonnette d’alarme pour alerter l’opinion et les décideurs sur les actions à entreprendre pour sauver la Ceinture Verte. Il situe aussi la responsabilité des uns et des autres. Enfin, il comporte les témoignages d’éminentes personnalités comme l’Ancien Premier Ministre Mahamadou Danda et d’autres acteurs tels les forestiers et les militants écologistes. C’est un film qu’il faut absolument voir.

Echos du Niger: Depuis la parution de ce film et bien d’autres actions de sensibilisation que vous menez, quelles ont été les réactions enregistrées ?

A G : Même si les réactions sont timides, il reste que les lignes commencent à bouger du côté des autorités politiques et administratives. C’est ainsi que quelques arrêtés du ministre en charge de l’Urbanisme pris dans l’emprise de la Ceinture Verte ont annulés. En outre des boutiques construites dans la Ceinture Verte le long du Boulevard Mali Béro, côté Police Secours ont été démolies. Récemment encore le Gouvernement a procédé au déclassement de quelques hectares au profit d’une école Nigéro-Turque. Aussi, un Comité Ad hoc sur l’accaparement des terres a été mis en place. Il s’agit là d’autant d’actes positifs mais assez timides. Ce qui est paradoxale, pendant ce temps, les lotisseurs privés continuent de lotir dans la Ceinture Verte et aucune action concrète n’est prise pour les arrêter. Voyez-vous toute la contradiction. Pendant ce temps également, le Niger prépare comme tous les autres pays du monde la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

Echos du Niger: Mais, quel lien y a-t-il entre la COP 21 et la réhabilitation de la Ceinture Verte de Niamey ?

A G : Le lien qui existe entre la COP 21 et la réhabilitation de la Ceinture Verte réside dans les réponses aux changements climatiques. C’est la somme des actions locales qui impactent la situation globale. Lorsque le gouvernement est dans l’incapacité de faire appliquer et faire respecter ces propres textes relatifs à la protection de l’environnement, pensez-vous franchement qu’il soit capable de faire appliquer les conventions internationales en matière de protection de l’environnement ? Quel message aurat-il à l’endroit de la Communauté internationale ? Quel est sa crédibilité en matière environnementale à l’extérieur ? Voilà quelques questions que doit se poser le gouvernement au moment où il prépare cette grande réunion sur l’environnement qui vraisemblablement est à un tournant historique.

Echos du Niger: Pour les Verts du Niger, comment préparezvous cette grande réunion ?

A G : Comme vous le savez les Verts du Niger font partie du vaste réseau des Verts Mondiaux. Nous sommes membres de la Coordination des Verts Mondiaux. Nous sié- geons au sein du Conseil d’Administration du Global Green dont le siège est à Bruxelles. A ce titre nous préparons aussi la COP 21 à notre manière pour nous faire entendre. Il y a beaucoup d’activités au programme des Verts Mondiaux en collaboration avec les Verts fran- çais qui sont sur place. Alors, si le gouvernement du Niger fait respecter et appliquer nos textes, nous pourrions parler d’une même voix. Dans le cas échéant, nous dénoncerons sans état d’âme les entraves à la protection de l’environnement notamment celles sur la Ceinture Verte et l’accaparement des terres, entre autres.

Echos du Niger : Est-il encore possible pour que le gouvernement et les Verts du Niger parlent d’une même voix ? Quelles sont les conditions pour que cela soit possible ?

A G : il n’est jamais trop tard pour s’accorder sur l’essentiel et éventuellement parler d’une même voix. Pour cela, nous devrions être consultés par le gouvernement sur toutes ces questions y afférentes et je pense que nous devrions être associés à toutes les décisions relatives à la protection de notre environnement. Nous sommes le seul parti Vert du pays et qui se préoccupe des défis environnementaux de notre pays. Mais, malgré tous nos efforts, le gouvernement ne nous accorde pas la place qui doit nous revenir, si bien que nous évoluons en marge de la Mouvance présidentielle à savoir la Mouvance pour la Renaissance du Niger ?

Echos du Niger : Monsieur le Pré- sident, est-ce à dire que vous n’êtes plus membre de la MRN ?

A G : Je pense que la question mérite d’être posée, d’autant plus que dans toute organisation même informelle, chaque membre doit avoir une place attitrée. Ce qui n’est pas notre cas au sein de la MRN. Le RSV n’étant pas un parti classique, nous voulons être traités pour ce nous sommes à savoir un parti écologiste. On n’en reparlera.

Transcription de Zak

ECHOS DU NIGER N° 02 – DU 10 JUIN 2015