« Sans pour autant faire de l’autosatisfaction, je dirais que le président Issoufou avec le programme de la Renaissance du Niger vient de faire une réelle fondation pour faire du Niger un pays où l’espoir est permis… », déclare l’honorable député Assoumana Malam Issa

Le jeune député Assoumana Malam Issa vient d’être élu président du groupe parlementaire chargé de questions de jeunesse au parlement panafricain à la 6ème Session ordinaire de la 3ème mandature du parlement africain. Il aborde dans cet entretien les actions de ce groupe parlementaire en faveur de la jeunesse, de sa perspective pour la jeunesse en tant que député et également des questions politiques et d’actualité.

Niger Inter : Honorable député, bien vouloir vous présentez à nos lecteurs et internautes.

Député Assoumana Malam Issa : Je m’appelle Assoumana Malam Issa. Je suis né à Sanam, chef-lieu de la Commune rurale du même nom où je fis mes études primaires puis le Collège à Filingué; j’obtins le Bac après mes études secondaires au lycée Kassai de Niamey. Une maîtrise en gestion des entreprises, un DEA en gestion et théories financières puis un DESS en Ingénierie et gestion des systèmes de formation constituent les diplômes universitaires et post-universitaires que j’ai obtenus respectivement à la Faculté des sciences économiques et juridiques de l’université Abdou Moumouni de Niamey, à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion d’Abidjan puis au CESAG de Dakar. Cadre de Air inter Niger en 1995-1996, d’entreprendre au Niger en 1996-1997, je me lance dans le Privé jusqu’en 2006 ou je fus recruté comme Directeur du Centre National de Perfectionnement à la Gestion (CNPG). Sur le plan syndical et associatif, je fus membre du bureau de l’organisation des élèves du CEG1 de Filingué quand j’étais en classe de 5ème en tant Secrétaire adjoint chargé de la presse. Animateur des affaires culturelles et sportives en tant que footballeur et acteur de théâtre au lycée Kassai, puis militant actif de l’USN section de l’UENUN et de l’AESN/CI avec la également un rôle de footballeur et d’acteur de théâtre.

Sur un autre aspect, j’ai milité et je milite encore dans le Club Ami des enfants, l’Orconi, la Jeune Chambre Internationale et l’Association des scouts du Niger. Je suis en effet Sénateur de la Jeune Chambre International sous le Numéro 67308. Sur le plan politique, j’adhère au PNDS en 1991 vers la fin de la conférence nationale. Un des animateurs de la section étudiante de l’époque, je fus actif dans la section Côte d’Ivoire de ce parti de 1993 à 1995. De 1999 à aujourd’hui je me consacre aux structures locales de mon parti à la sous-section de Sanam, la Section kourfeye Nord et la fédération de Tillabéry. En 2009, je fus élu membre du Comité Exécutif National du parti et le 13 février 2010 je fus élu pour présider l’Organisation de la Jeunesse TARAYYA de Niamey, cumulativement vice-président national de la jeunesse Tarayya (BEN OJT). Je suis actuellement 1er Secrétaire Adjoint aux relations extérieures et avec les autres partis amis du PNDS. A la faveur des élections de 2011, je suis élu député à l’Assemblée Nationale, vice-président du groupe parlementaire de mon parti et Président du Réseau Parlementaire de lutte contre la corruption et les infractions assimilées. Je suis membre du Parlement Panafricain depuis 2011.

Niger Inter : Vous venez justement d’être élu président du groupe parlementaire chargé de questions de jeunesse au parlement panafricain. Pouvez-vous nous dire comment ce groupe parlementaire aborde les questions de la jeunesse africaine ?

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Hon. Assoumana Malam Issa © NigerInter.com

Député Assoumana Malam Issa : La problématique de la jeunesse demeure une préoccupation pour tous les États africains, raison pour laquelle le parlement panafricain, qui vient de se voir attribuer un pouvoir législatif plein, a créé depuis 2012 un groupe parlementaire qu’on appelle Caucus sur la Jeunesse avec pour objectif principal, une meilleure prise en charge des questions de la Jeunesse continentale. Le Caucus se donne comme mission de constituer un pôle de Plaidoyer et de sensibilisation à l’endroit des décideurs et des Jeunes eux-mêmes. Nous envisageons cette année de mettre en œuvre un projet de sensibilisation sur l’immigration qui pourrait déboucher sur la création d’emplois pour les jeunes dans des secteurs tels que l’agriculture et la production de l’énergie. Nous sommes également en train de préparer une campagne de sensibilisation des jeunes sur la nécessité de leur auto implication dans les questions politiques, c’est-à-dire leur engagement politique dans une sphère où se prennent les décisions engageant leur avenir et leur épanouissement. Je demeure convaincu que la meilleure façon d’impacter les systèmes politiques et les systèmes de décisions actuels est de se constituer acteurs et non spectateurs. Personne au monde ne peut inverser une tendance en restant au dehors du système qui la sous-tend.

Niger Inter : Vous êtes jeune député issu du parti au pouvoir. Que faites-vous en termes de lobbying ou plaidoyer en faveur de la jeunesse nigérienne ?

Député Assoumana Malam Issa : Les questions de jeunesse sont des questions transversales. Toute action visant à améliorer les décisions par les gouvernants a un lien avec la jeunesse, mais nous avons tendance à ne voir que les aspects de recrutement ou de nomination des jeunes aux postes de responsabilité. A mon sens tout ce que nous faisons pour contribuer à l’avènement d’un meilleur système éducatif, d’une meilleure prise en charge sanitaire, de l’instauration d’une formation professionnelle et technique cadrant avec les aspirations des jeunes en termes d’emploi et de qualification, relève de la promotion de la Jeunesse. Mais de façon spécifique, j’ai personnellement entrepris des conférences publiques visant à mieux outiller les jeunes à faire carrière en politique ou à participer activement à la vie de la nation. J’ai animé des conférences pour des jeunes chrétiens de Niamey, pour des jeunes militants et sympathisants de mon parti et même à l’endroit des étudiants sur la Place Amadou Boubacar de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. L’autre façon de faire du lobbying efficace pour les jeunes, c’est pour nous autres, qui avons la chance d’être à des positions comme celle-là, de mieux nous comporter pour inspirer confiance et démontrer que les jeunes sont capables et sont dignes de confiance.

Niger Inter : Au plan politique l’opposition reproche au PNDS de ne pouvoir pas s’accommoder avec le multipartisme et aussi de vouloir instaurer la pensée unique dans le pays ….

Deputé Assoumana Malam Issa : Ce comportement de l’opposition frise l’irresponsabilité des leaders politiques qui l’animent. Pour moi c’est honteux de fuir ses responsabilités, de ne pas assumer ses propres tares et mauvaises attitudes. Je crois que leurs formations politiques ont été bouleversées par la pertinence du programme proposé par le président Issoufou, qui, malgré quelques ratés dans la mise en œuvre, connaît un succès jamais égalé en termes de réalisations concrètes ! La construction d’une démocratie se mesure par le bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, le respect de la séparation des pouvoirs et le respect des libertés fondamentales. Seulement cela ne doit pas se confondre au laisser aller, à l’anarchie. Gouverner un pays, assurer la sécurité, instaurer l’ordre et la discipline exige aussi une certaine rigueur et c’est peut-être cela qui dérange certains concitoyens notamment notre opposition politique actuelle en perte de vitesse et en mal d’initiative.

Niger Inter : Entre autres griefs de la société civile à l’encontre de votre gouvernance c’est de brader la souveraineté du pays à travers les négociations avec Areva, la présence des forces extérieures (américaine et française) au Niger et récemment cette histoire des magasins sous douanes avec Bolloré. Que répondez-vous ?

Député Assoumana Malam Issa : Je comprends et même je partage de fois ces griefs car je sais que nous nigériens, sommes jaloux de notre souveraineté. Mais de fois, face à des menaces qui défient le monde entier, je me demande bien ce que peut faire le Niger? Aussi La coopération internationale a-t-elle un prix qui ne se paie pas toujours en espèce! Relativement à la question des magasins sous douanes, je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose si les dispositions contractuelles sont bien encadrées. Souvent nous préférons l’informel ce qui nous guide vers une certaine résistance aux changements. Il faut mettre en place des mécanismes de contrôle impliquant la société civile et les opérateurs concernés. Je ne pense que le gouvernement a envisager de recourir à cette mesure en voulant brader les intérêts du pays. Nous comprenons la société civile qui est dans son rôle traditionnel de dénoncer mais vous savez aussi le gouvernement ne vise que la satisfaction de l’intérêt général en envisageant souvent des reformes. Encore une fois je pense qu’il y a lieu d’impliquer tout le monde et aussi le gouvernement doit à mon sens mieux communiquer en amont.

Niger Inter : Vous êtes issu du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya). Récemment la société civile vient de manifester son indignation en dénonçant ce qu’elle appelle les dérives autoritaires de votre régime. Cette société civile est composée justement des jeunes comme vous. Quelle est votre perception de cette protestation de la jeunesse nigérienne ?

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Hon. Assoumana Malam Issa © NigerInter.com

Député Assoumana Malam Issa : Personnellement je ne suis pas surpris par l’organisation de cette marche pour trois raisons: d’abord elle est organisée au lendemain de l’arrestation de deux acteurs de la société civile que sont Messieurs Moussa Tchangari et Nouhou Arzika. Pour moi c’est tout à fait normal que leurs collègues manifestent leur soutien et cherchent une sorte de revanche sur le régime. Ensuite nous sommes tous unanimes que cette marche a été renforcée par l’opposition politique qui par elle-même ne représente rien aujourd’hui et qu’elle se contente d’être satellite d’autres forces plus représentatives qu’elle ne l’est! Enfin, en tant que pouvoir, nous n’avons pas la prétention de régler les problèmes du Niger par une baguette magique. Et je crois que toutes les déclarations souvent incendiaires que certains des acteurs ont faites prouvent au besoin que le régime n’est pas autoritaire. Je suis personnellement un produit de cette même société civile mais je reconnais, comme plusieurs de mes concitoyens, que certains acteurs se refusent simplement de faire de la politique. J’étais très actif dans tous les combats mais quand j’ai été élu conseiller municipal en 2004, j’ai dit à mon ami Nouhou Arzika, il peut témoigner, que je ne pouvais plus être aussi neutre donc je me devais de me mettre en retrait par rapport aux actions de la Société Civile et me consacrer en toute responsabilité à l’action politique. C’est ce que doit faire tout acteur de la Société civile qui sait en son âme et conscience qu’il se cache derrière une formation politique.

Niger Inter : Si vous devez noter vos 4 ans de gestion du Niger ce serait quoi votre appréciation ?

Député Assoumana Malam Issa : La Construction d’un État est une course de fond, certaines actions d’hier portent leurs résultats aujourd’hui, celles d’aujourd’hui ne se sentiront que demain, alors je pense que pour bien apprécier un régime il faut intégrer cette réalité. Mais comme il faut apprécier même relativement, je dirais que notre régime a démontré que le Niger n’est pas un pays pauvre. Le Niger est un pays de l’espoir et que son développement ne dépend que de la qualité des leaders ! Nous avons un président visionnaire qui dessine un autre visage du leadership en Afrique. Mais globalement nous pouvons mieux faire. A bien d’égards le président Issoufou est en train de placer le Niger de plus en plus dans les nations qui comptent. Sans pour autant faire de l’autosatisfaction, je dirais que le président Issoufou avec le programme de la Renaissance du Niger vient de faire une réelle fondation pour faire du Niger un pays où l’espoir est permis pour tous ses fils malgré tous les bâtons dans les roues que certains ont bien voulu nous opposer pour faire chavirer le train de la Renaissance.

Niger Inter : A Niger Inter nous avons dénoncé dans un article récent l’échec de la classe politique au pouvoir comme à l’opposition s’agissant de la gestion des medias publics. Chaque équipe au pouvoir les monopolise quitte une fois à l’opposition à dénoncer la censure. Que dites-vous à propos de cet échec de tous contre tous ?

Député Assoumana Malam Issa : Acceptons que cela fasse partie de ce qu’on peut qualifier de ratés de notre mandat à corriger et j’ai confiance que cela est possible. Il en est de l’œuvre humaine qui ne saurait être parfaite.

Niger Inter : Le Niger est en guerre contre Boko Haram, avez-vous un appel à l’endroit des nigériens notamment les jeunes ?

Député Assoumana Malam Issa : Personne ne doit vouloir que cette situation perdure! Nous avons démontré notre solidarité et notre attachement à la paix à travers les différents votes de loi a l’Assemblée nationale relativement à cette question, à travers le téléthon qui a permis de mobiliser plus de 2 milliards en faveur de nos forces de défense et de sécurité, mais aussi à travers les différentes marques de soutien et de solidarité dans cet effort de guerre. Alors ne baissons pas les bras et collaborons avec ces jeunes qui dédient leur vie au service de notre sécurité.

Propos recueillis par Elh. Mahamadou Souleymane

Niger Inter

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