La Cedeao a procédé ce mardi, au lancement du projet régional d’accompagnement des Etats membres pour l’éradication du phénomène des « enfants dans la rue » en Afrique de l’ouest. Objectif: conjuguer au passé ce fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur. « Depuis plusieurs années, le phénomène des enfants dans la rue a augmenté de façon exponentielle au sein de notre espace sous régional, sans que les institutions, à commencer par les familles, ne soient parvenues à donner une réponse efficace et ainsi minimiser la souffrance des enfants contraints à la mendicité et autres pratiques préjudiciables à leur développement et à leur santé », a fustigé le juge Maria do Céu Silva Monteiro, présidente de la Cour de Justice de la Cedeao.
Pour elle, « c’est un problème transversal à toutes les sociétés et régions, qui, au-delà des disparités casuistiques et culturelles, mérite notre plus grande attention ». D’où la nécessité et l’urgence d’intensifier nos relations avec les autres organisations, de façon à converger nos efforts en vue de l’élimination de ce problème ». Le juge Monteiro précise que ce phénomène est une affaire claire et irréfutable violation des droits de l’enfant et par conséquent, des droits de l’homme.
Aussi, la Présidente de la Cour de Justice de la Cédeao souligne la nécessité d’éradiquer ce « phénomène grave qui mine aussi bien les familles, la sécurité publique, la paix sociale et la stabilité ». Massamba Sene, Directeur de cabinet du ministre de l’Intégration africaine, a abondé dans le même sens.
« Outre le fait d’obérer nos efforts de développement durable, le phénomène des enfants de la rue a, également, de graves conséquences sur le plan sécuritaire. Plusieurs études ont, en effet, permis de constater que dans nos pays, des insurgés et des groupes terroristes de tous acabits profitent de la situation d’abandon, de désœuvrement et d’ignorance de ces enfants pour les mettre en première ligne lors des conflits », signale-t-il. Ce qui doit être une source de vive préoccupation, « car, à l’évidence, demain, ces enfants sans éducation ni formation, donc sans véritable espoir d’insertion socioprofessionnelle, pourraient être tentés, pour assurer leur survie future, de s’adonner à toute sortes d’actes immoraux périlleux pour l’équilibre de nos sociétés », déclare M. Sene.

Youssoupha MINE Seneweb

Niger Inter

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