En attendant un consensus entre les différents acteurs concernés par le fonctionnement des magasins sous douanes, le gouvernement a décidé de maintenir, à compter du 31 mai dernier, le statu quo dans la gestion desdits magasins. C’est la substance du point de presse conjoint animé dimanche dernier par le ministre des Transports, M. Saley Saidou, et le Directeur général des douanes, M. Issaka Assoumane. Dans le même ordre d’idées, le ministre Saley a apporté des précisions de mise en concession du Port sec de Dosso.
Au cours de ce point de presse, le Directeur général des Douanes est intervenu pour expliquer le fonctionnement et la mission des magasins sous douanes. Les magasins sous douanes dit-il est un service annexe de la douane, qui reçoit les marchandises en attente de dédouanement. En fait, c’est un service de gardiennage et ses prestations sont rémunérées. De nos jours, le Niger est le seul pays au monde où les magasins sous douanes sont encore gérés par la douane. Elle le fait selon Issaka Assoumane depuis 50 ans.  »Or compte tenu de la nature des prestations, il est mieux indiqué que cela soit fait par un opérateur privé, parce que cela engage la responsabilité du gérant » a indiqué le Directeur général des douanes.
Pour M. Issaka Assoumane, la séparation des rôles doit permettre une plus grande transparence et traçabilité des choses et des opérations. Comme cela, le gérant s’occupera de recevoir les marchandises et de les présenter à la douane qui elle se contentera de les dédouaner. Et en cas d’avarie, de perte ou de vol, explique le DGD, c’est au gérant des magasins de le justifier. Parlant des tarifs, le Directeur général des douanes a indiqué qu’ils sont dépassés. En effet, rappelle-t-il, ils ont été fixés par un arrêté du ministre des Finances depuis 1985. Ils sont de 650 F/tonne pour un passage simple (c’est-à-dire sans manipulation) de camion au bureau de douanes.
Lorsqu’il ya manipulation manuelle (pour un contrôle ou pour allotir les marchandises en attendant que le propriétaire les prennent), le tarif passe à 2700F/tonne et à 3600F/tonne en cas de manipulation avec engin. M. Issaka Assoumane a enfin précisé que les magasins sous douanes de Niamey Rive droite et Niamey route font partie intégrante du port sec de Dosso. Il existe d’autres magasins dans les bureaux de plein exercice notamment à Gaya, Konni, Zinder, Maradi, Agadez et Arlit.

Intervenant peu après le DGD, le ministre des Transports a tout de suite précisé que la convention de mise en concession du port sec de Dosso entre le gouvernement et le groupe Bolloré, ne concerne que le port sec de Dosso et son antenne de Niamey que constituent les magasins sous-douanes de Niamey. Les autres magasins sous douanes n’en font pas partie et le gouvernement est en train de mener des réflexions pour les mettre en concession.  »Tous ceux qui sont intéressés peuvent postuler » a dit M. Saley Saidou. Revenant sur la convention avec Bolloré, le ministre des Transports a indiqué qu’elle fait suite à un appel d’offre international lancé le 10 janvier 2014.  »Six entreprises internationales ont postulé ; quatre ont été pré-qualifiées à l’analyse des offres le 08 avril 2014. Aucune entreprise nigérienne et même la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat n’a postulé à l’appel d’offre » a-t-il dit.
L’entreprise Bolloré Africa Logistics a été retenue lors de l’analyse de qualification des entreprises pré-qualifiées le 16 juin 2014. Le Port sec de Dosso a été créé par décret n°2014-613/PRN/MT du 10 octobre 2014 et la convention de concession du port sec de Dosso et de son antenne de Niamey a été signé le 28 octobre 2014.  »C’est dire que cette convention est la résultante d’un processus totalement transparent et conforme aux lois » a précisé le ministre des Transports. Saley Saidou est revenu sur les avantages de cette convention qui, explique-t-il permettra de réduire le temps de traitement des marchandises de 10 h à 1 h,
de réduire les délais de stockage grâce aux nouveaux équipements et matériels installés, d’annuler les risques d’avaries et de vol des marchandises, d’améliorer et d’accélérer les procédures et les formalités douanières en ramenant les faux frais à zéro, d’accroître les recettes douanières et fiscales grâce à une facturation réelle des valeurs et des quantités des marchandises et de créer des emplois directs et indirects.
Aussi, selon le ministre des Transports, en plus des impôts et taxes directement perçus, l’Etat du Niger bénéficiera des redevances domaniales d’un montant de 1000F/m2, soit un (1) milliard 330 millions de FCFA et des redevances d’exploitation de 250F par tonne de marchandises traitées sur le site. Il est également prévu dans la même convention, une participation du secteur privé nigérien à hauteur de 15%. Ce taux est renégociable selon le ministre. Le personnel des magasins sous douane n’est pas oublié. En effet, la convention a prévu que ce personnel soit recruté par le concessionnaire avec une augmentation de 20% de salaire.
En somme, le système ainsi mis en place permettra non seulement de réduire les délais de stockage des marchandises mais aussi de faire disparaître les faux frais. Malgré ces dispositions favorables pour l’Etat et les utilisateurs, il ya une réelle incompréhension entre les acteurs.  »C’est pourquoi en attendant de trouver une solution consensuelle, le statuquo est maintenu, c’est-à-dire la gestion par les services des magasins sous douanes » a annoncé le ministre Saley Saidou, précisant que des réflexions sont en cours avec toutes les parties prenantes pour trouver les tarifs acceptés par tous.  »L’Etat n’est pas contre les intérêts des opérateurs économiques. Au contraire, il crée les conditions pour la promotion et le développement du secteur privé » a conclu le ministre des Transports.
Siradji Sanda(onep)