Dès sa constitution, bon nombre d’observateurs de la chose politique ne donnaient pas cher de la durabilité de l’Alliance pour la Réconciliation, la Démocratie et la République (ARDR), tant les intérêts et agendas politiques de ses trois principaux leaders étaient divergents au fond. Dans un article prémonitoire, notre brillantissime contributeur le Pr Al Mansour avait déjà pressenti la fin inéluctable de cette alliance.

Aujourd’hui, les choses se précisent davantage, Seini Oumarou ayant obtenu provisoirement la direction du MNSD pendant que Mahamane Ousmane était jeté comme un malpropre de la CDS, Hama Amadou s’éternisant dans un exil doucereux à l’extérieur dont personne ne connait la fin, laissant ainsi un parti politique en friche. C’est dans ce contexte politique que l’ARDR menace d’imploser, les ambitions croisées des uns et des autres en sont certainement pour beaucoup.

Tout récemment, une réunion au sommet de l’ARDR avait fini en queue de poisson. La raison principale de cette pomme de discorde était relative au cas Hama Amadou. En effet, par la bouche même de ses représentants, le Fugitif aurait estimé que l’ARDR ne prenait pas véritablement en charge sa situation, histoire de dire qu’il était désormais aux oubliettes ! Seini Oumarou, président provisoire du MNSD, au cours d’une tournée dans la région de Tillabéri, avait d’ailleurs enfoncé le clou par es allusions à peine voilées à l’endroit de ‘’Usain Bolt’’ en affirmant qu’au ‘’MNSD, la fuite n’était point dans leur tradition’’.

Pourquoi alors Seini Oumarou, qui s’était réconcilié avec son ancien mentor politique avant que celui-ci ne prit la fuite vers l’extérieur, a-t-il lancé cette boutade humiliante ? En réalité, excédé par les pleurnicheries de Hama, un homme si versatile, qui, un jour, décide de faire appel aux amis communs qu’il partage avec le Président Issoufou pour servir d’intermé- diaire pour le réconcilier avec ce dernier, un autre jour appelle Seini pour mettre le feu au Niger, le président du MNSD aurait finalement découvert le jeu sournois du Fugitif qui lui avait déjà fait un bébé dans le dos lors de la création de l’ARN en 2011.

Dans tous les cas, il était clair que l’idylle entre Seini et Hama n’irait pas loin, car la duplicité du second s’oppose à la sincérité du premier. Seini aurait peut-être compris que son combat différait de celui de Hama impliqué dans une histoire de vol de bébés que la simple morale répugne sous tous les cieux. Alors pourquoi perdre son temps en compagnie d’un délinquant judiciaire ?   Affaire à suivre.

Adamu Bako

ECHOS DU NIGER N° 03 – DU 17 JUIN 2015