Dans sa réponse à Boubacar Seyni Gagara, le directeur des archives au ministère de la défense nationale, Ousseini Salatou a eu recours a la méprise pour dénigrer un camarade du campus qu’il connait très bien. Il a parlé au nom de l’ARDR mais au lieu de répondre avec des idées et des arguments comme l’a fait Sieur Gagara, le politicien Salatou avait étalé ses états d’âme visant à dénigrer Gagara et le ministre Mahamadou Karidjo.

Tout au long de son point de presse, il parle d’individu même quand le journaliste a bien voulu le rappeler à l’ordre, il a persisté pour montrer que c’est son choix délibéré et sa façon à lui de dénigrer un camarade en feignant de ne jamais le connaitre.

On peut avoir des divergences politiques, mais cette façon de procéder est proprement indigne d’un leader. Salatou connait personnellement Karidjo et Gagara. Mais les circonstances politiques l’ont amené à mettre en avant les préjugés et anathèmes à leur encontre. Soit. C’est un choix. Son choix à lui tout comme il a choisi au nom de l’ARDR que les contre vérités puissent prospérer.

Mais en fait quel est le crime du directeur des archives du ministère de la défense nationale, Boubacar Seyni Gagara? Il a eu en tant que fonctionnaire à apporter des éléments qui mettent en évidence le caractère non conforme à la vérité et aux faits de certains propos du chef de file de l’opposition. Dans son style, Gagara a eu à dire sans masques à plusieurs reprises dans son argumentaire que « Seini Omar a menti ».

C’est vrai cela pourrait choquer les partisans et militants de l’ARDR et même plus au regard du conformisme ambiant. Ce style étant inhabituel. Pourtant, dans une optique de la recherche de la vérité, ce n’est pas autrement qu’on enrichit le débat politique que de rétablir les faits. C’est cela le fact checking, une démarche qui a fait ses preuves ailleurs.

Tout esprit scientifique doit encourager Gagara et tous ceux qui voudraient faire avancer le débat démocratique. Pour être clair : il est grand temps que journalistes, intellectuels, acteurs de la société civile s’inscrivent dans cette démarche de la recherche de la qualité dans les diatribes politiciennes. Si nous commençons à apporter des faits qui contredisent les hommes politiques de tous bords, cela aura pour conséquence désormais d’amener les uns et les autres à faire attention de ce qu’ils vont dire à l’opinion.

Pour ce faire, la démarche de Gagara à savoir fouiller les archives, confronter les propos des acteurs aux faits, nous semble la voie la plus indiquée pour transcender la médiocrité de certaines prestations. Le fact checking est une arme redoutable particulièrement pour les journalistes pour rehausser le débat politique au Niger qui a besoin d’une certaine éthique pour surmonter les pièges de la manipulation et de la désinformation.

Dans ce sens, lorsque Ousseini Salatou  fait dire à Gagara que les militaires sur le terrain ne valent rien, c’est bien là un cas de manipulation tout comme l’ARDR qui utilise dans ses déclarations la désinformation pour manipuler la grande muette. Gagara a dit que les attachés militaires dans nos ambassades ont été choisis sur la base de leur maitrise des questions géopolitique et stratégique.

Mais Salatou voudrait exposer sans vergogne Gagara à la vindicte des soldats en leur disant des monstruosités qui n’ont rien à voir avec les propos de l’intéressé. Nous disons simplement  à Salatou c’est aussi cela la communication gouvernementale. Le gouvernement peut faire appelle à tout fonctionnaire de venir éclairer l’opinion sur la base des faits et des informations qu’il détient. Contrairement à Salatou qui voit en Gagara un simple larbin, porte parole de Karidjo.

Le laisser aller serait l’irresponsabilité. On l’aura compris, Mr Salatou, votre colère conforte la thèse de vos adversaires que vous manquez de maturité politique. Combien de fois l’ARDR a procédé par des attaques en règle à la personne du chef de l’Etat? Vous voulez dire que être fonctionnaire fait obligation à tout cadre de ne pas exprimer ses opinions. Quelle compréhension assez spécieuse des choses !

Pourtant, Salatou sait très bien que Gagara ne porte pas des masques pour s’affirmer partisan, hier comme aujourd’hui. Tout ce que vous pouvez faire le jour où vous aurez le pouvoir, c’est de le remplacer. Un cadre émancipé comme Gagara saura quitter les choses de lui-même. Et cela aussi savoir tirer les conséquences politiques au lieu de s’accrocher comme certains dans vos rangs savent le faire.

Pour le reste, il y a lieu de rétablir ce tort fait à ce cadre valeureux, contrairement à ces opinions propagées é son encontre. Nous défions quiconque de nous prouver le contraire : Boubacar Seyni Gagara est techniquement hyper habilité à occuper ce poste de Directeur des archives. Je dirais sans risque de me tromper qu’on ne pourrait pas trouver à l’état actuel de notre administration trois (3) cadres aussi qualifiés que Gagara dans le domaine de la culture et de la gestion de patrimoine.

C’est dire à l’endroit de  Ousseini Salatou, c’est très malhonnête de raisonner en méprisant un camarade comme si on ne l’a jamais connu pour juste amuser la galerie. Et quand on attaque de cette façon quelqu’un, on convainc plus avec des arguments que des attaques personnelles. Non seulement Karidjo et Gagara ne sont pas inconnus de Salatou mais aussi ils sont issus de la même région.

Martin Luther King nous avertit que nul besoin de déclarer la guerre, il suffit simplement de dire ce qu’on pense. C’est le cas de Boubacar Seyni Gagara qui est aujourd’hui dans le collimateur de l’ARDR pour avoir exprimer son opinion. Et surtout pour avoir dit ce qui est. En lieu et place de ce qui n’est pas.

Tiemago Bizo