Selon les praticiens, le besoin d’uriner est ressenti 4 à 6 fois par 24 heures. Ce besoin n’est pas ressenti pendant le sommeil nocturne car dit-on la vessie dort la nuit. Mais ici on parle de la normalité ; ce qui, dans la vie souvent trépidante de tous les jours, la donne arrive à changer. En effet, il y a ce que les spécialistes appellent le besoin anormalement fréquent d’uriner ; le besoin impérieux ou urgence mictionnelle ; ou aussi le besoin rare de pisser.
Le besoin anormalement fréquent d’uriner s’appelle la Pollakiurie. Il se traduit par une fréquence exagérée des mictions, c’est-à-dire l’action d’uriner. Les techniciens indiquent qu’un besoin qui conduit à des mictions rapprochées, peut être exclusivement diurne (le jour) ou nocturne (la nuit). Lorsque la pollakiurie est diurne, elle entrave les activités, et quand elle se manifeste la nuit, elle gêne le sommeil. La pollakiurie peut être permanente ou passagère.
Les praticiens disent que plusieurs mécanismes peuvent expliquer la fréquence exagérée des mictions. Il y a ce qu’ils appellent l’élimination d’une quantité abondante d’urine. C’est la polyurie. Elle se perçoit par l’émission de plus de 2 litres d’urines par 24 H. Ils expliquent que cette polyurie est soit la conséquence de l’ingestion de grandes quantités de boissons, soit le reflet d’un diabète ou d’une maladie rénale. Un autre mécanisme de fréquence exagérée des mictions, c’est la réduction de la capacité vésicale. En effet, la vessie qui sert de réservoir des urines sécrétées par les reins peut, à l’état normal, contenir 300 à 600 millilitres d’urine. La réduction de la capacité vésicale est parfois en rapport avec une maladie de la paroi de la vessie qui devient scléreuse et ne peut donc plus se distendre. A titre indicatif on notera que les petites vessies consécutives à une bilharziose, engendrent une pollakiurie très prononcée qui est une véritable infirmité. Dans d’autres circonstances renseignent les techniciens, la réduction de la capacité vésicale est due à une tumeur des organes voisins qui compriment la vessie. Comme cela peut être aussi la présence d’une masse anormale dans la vessie, un obstacle qui peut notamment être une tumeur ou un gros calcul dans la vessie, si ce n’est un problème au niveau de la prostate. Les inflammations de la vessie sont également des causes de pollakiurie souvent accompagnée de brûlures pendant et après l’action d’uriner. Une fréquence exagérée de mictions passagère peut être de cause nerveuse. C’est le cas des pollakiuries liées à une émotion.
Toujours est-il que l’interprétation d’une pollakiurie nécessite un examen médical complété par des explorations de la vessie, un examen bactériologique des urines, des radiographies.
A côté de ce que les spécialistes appellent le besoin anormalement fréquent d’uriner, il y a aussi le besoin impérieux ou urgence mictionnelle, d’uriner. Ils expliquent que le besoin impérieux oblige une satisfaction rapide, en ce sens que le patient ne peut pas se retenir. Il traduit l’irritabilité du col vésical ou de l’urètre. Les techniciens tiennent à préciser que le besoin impérieux répond soit à des causes locales, soit à une atteinte neurologique. C’est ainsi qu’aux nombres des causes locales, il peut s’agir d’une inflammation de la vessie, d’un calcul vésical, d’un mal de la prostate ou d’une atteinte de l’urètre au cours par exemple d’une maladie sexuellement transmissible.
Il existe aussi ce qu’on appelle le besoin rare d’uriner. Les praticiens indiquent que lorsque le besoin d’uriner n’est perçu qu’1 ou 2 fois par 24 heures, le besoin est dit rare. Ils précisent même que dans certaines maladies neurologiques, le besoin d’uriner n’est plus ressenti du tout. Dans tout les cas disent les praticiens, en présence d’un besoin d’uriner rare, il est impératif et indispensable de réaliser un bilan rénal clinique et biologique et un examen neurologique.

Issaka Saïdou(onep)