Très respecté par ses camarades de la Section PNDS USA, ce psychologue doit ce mérite surtout à sa rigueur comme militant du parti de la force des arguments. Héritier de la génération 90 des étudiants des  Universités de Niamey et d’Abidjan, Tahirou Ibrahim Garka vit aux Etats-Unis d’Amérique. Dans cet entretien fleuve, il nous parle du bilan du PR, du concassage des partis politiques de l’opposition, de la formation du gouvernement d’union nationale, également de sa perception de notre classe politique et  de son expérience de la politique américaine.

Niger Inter : Vous êtes président de la section PNDS Tarayya aux Etats-Unis d’Amérique. Présentez-vous brièvement aux lecteurs de Niger Inter.

 Tahirou Ibrahim Garka : Je m’appelle Tahirou Ibrahim Garka, je suis psychologue de formation. J’étais réélu à la présidence de la section du PNDS-Tarayya aux Etats Unis d’Amérique, le 26 mai 2013 à l’occasion du conseil local qui s’est tenu à Harrisburg dans l’Etat de Pennsylvanie. Notre section comprend cinq (5) sous-sections. Il s’agit des sous-sections de Caroline du Nord, de Pennsylvanie, de New York, du Midwest (Indiana, Ohio, Kentucky, Illinois) et Washington, DC – Maryland-Virginia. Nous sommes en train de voir dans quelles mesures nous allons organiser nos camarades qui vivent dans d’autres Etats tel que Vermont, Géorgie, New Jersey, Massachussetts, Connecticut, Louisiana, etc. pour leur permettre de prendre une part active aux activités que nous sommes  en train de mener.

Niger Inter : Le Président de la république, S.E Issoufou Mahamadou issu du PNDS, vient de brosser le  bilan de ses quatre ans d’exercice du pouvoir. A Niger Inter nous voudrions avoir votre analyse de la situation du pays en tant que nigérien et leader du PNDS de la diaspora. Avez-vous un commentaire sur la gouvernance du président pendant ce mandant presque à terme?

Tahirou Ibrahim Garka : Il est une tradition pour le Président de la République, S.E.M. Issoufou Mahamadou, de faire le bilan de ses réalisations afin de rendre compte à la nation nigérienne de l’avancement du programme de la Renaissance, programme sur la base duquel le Président a été élu à la tète de notre pays. Avant toute analyse, permettez-moi de rappeler les axes principaux du programme en question. 1) Bâtir des institutions démocratiques fortes, crédibles et durables ; 2) Assurer la sécurité des personnes et de leurs bien sur toutes l’étendue du territoire national ; 3) Relancer l’économie et promouvoir le développement social à travers des investissements publics ; 4) Assurer la sécurité alimentaire à travers l’initiative 3N (Les Nigériens nourrissent les Nigériens) ; 5) Assurer l’accès à l’eau potable pour tous à travers la réhabilitation et la construction d’ouvrages hydrauliques urbains, ruraux et pastoraux ; 6) Développer les infrastructures et l’énergie par des investissements dont les routes, les pistes rurales, l’électricité et le chemin de fer ; 7) Améliorer significativement les indicateurs sociaux à savoir l’éducation et la santé ; 8) Créer des emplois au profit des jeunes.

Au bout de 4 ans, l’on se rend compte que les réalisations de la Renaissance forcent l’admiration. On note entre des efforts remarquables dans le domaine de la sécurité des Nigériens et de leurs biens malgré un environnement sous-régional fortement troublé par la guerre et le terrorisme.  Sur le plan de la bonne gouvernance, notre pays se porte de mieux en mieux chaque année. Pour vous en convaincre, consultez les rapports annuels des ONGs comme Transparency International, Reporters Sans Frontières, etc. Vous allez vous rendre compte de l’amélioration progressive du rang de notre pays en matière d’indice de perception de la corruption passant de la 136ème place à la 103ème place en 2014.

En matière  de  liberté de la presse, en 2014, notre pays le Niger est classé 47e dans le monde et 7e en Afrique. Dans ce domaine,  plusieurs actions ont été menées dont la signature par le Président de la république de la Déclaration de la Montagne de la Table. La loi dépénalisant le délit de presse est effective.  L’institution de la journée nationale de la liberté de presse le 30 novembre de chaque année, la délivrance de 158 cartes professionnelles aux journalistes, et la subvention annuelle de 200 millions aux medias sont autant d’actions qui garantissent la liberté de presse. En raison de l’attachement de son SEM Mahamadou Issoufou à la liberté de la presse et des efforts qu’il consent pour une presse libre, indépendante et professionnelle, un trophée lui a même été décerné par les journalistes de la presse privée de la Nuit de la Liberté de presse NULIPRESS.  En ce qui concerne la liberté d’association ce sont 585 ONG, 320 associations et 10 partis politiques qui ont été autorisés à exercer leurs activités.

Il n’est pas possible d’exposer les réactions faites durant dans les domaines de la sante, de la création d’emplois, de l’hydraulique, de l’agriculture, concernant, les 3N, le programme de Kandaji, la diaspora (la double nationalité est désormais un acquis), etc.

Niger Inter : D’aucuns pensent que le Président Issoufou n’a rien fait…

Tahirou Ibrahim Garka : Je n’ai pas entendu dire que le Président Issoufou n’a rien fait. Les réalisations du Président sont palpables et même l’opposition ARDR qui formule des critiques à l’endroit des réalisations du Président Issoufou est de plus en plus désavouée par les Nigériens dans leur écrasante majorité. Le contre bilan des 4 ans concocté par M. Seini Oumarou est vraiment une imposture. D’ailleurs, la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN) vient de rétablir la vérité à travers une déclaration rendue publique le samedi 23 mai dernier. Par exemple, les 9609 classes dont parlait le Président de la république ont bel et bien été construites. Elles se repartissent comme suit : 6665 classes pour le primaire, 1961 classes pour le secondaire, 901 classes pour l’enseignement professionnel et technique et enfin 82 classes pour le supérieur.

Niger Inter: Selon l’opposant Hama Amadou qui se considère comme le principal opposant, le Président Mahamadou Issoufou n’a « ni bilan, ni avenir politique » et qu’il ne pèserait que 25% de l’électorat nigérien. Avez-vous une réaction ?

 

Tahirou Ibrahim Garka : Bien sûr que oui ! Je commencerais par vous rappeler une chose que vous saviez déjà. Le titre du principal opposant ne s’arroge pas. On ne peut pas juste pour attirer l’attention sur soi s’autoproclamer le principal opposant. Ce titre revient à celui qui a perdu les élections présidentielles au second tour. Donc, c’est plutôt M. Seini Oumarou qui est le principal et non M. Hama Amadou quel que soit par ailleurs le boucan qu’il fait.  Quant à l’affirmation selon laquelle le Président de la république SEM Issoufou Mahamadou n’aurait ni bilan, ni avenir politique et le PNDS-Tarayya ne pèserait que 25% de l’électorat nigérien, elle est tout simplement le produit de l’imagination très fertile de M. Hama Amadou. Une telle affirmation est franchement insoutenable au regard des réalisations du Président de la république d’une part et d’autre part en jetant un regard sur l’évolution du PNDS-Tarayya et son implantation progressive depuis sa création. Déjà à sa première participation aux élections générales en 1993, notre parti a réalisé un score de 16%, puis 18% malgré le hold up de l’ancien Président feu Ibrahim Mainassara Baré (paix à son âme !). En 1999 et 2004, nous étions à 25%. Le PNDS-Tarayya a continué sa progression et a réalisé un score de plus de 36% aux dernières élections de 2011. Donc, vous voyez bien que notre parti a toujours progressé même lorsque nous étions à l’opposition. Je reste confiant qu’il va continuer son ascension fulgurante et assurer de manière éclatante un second mandat au Président de la République SEM Issoufou Mahamadou à la grande colère de celui qui a préféré fuir le terrain du combat pour une affaire de justice. Moi je préfère vous retourner plutôt la question : qui de Hama ou de Issoufou n’a vraiment pas d’avenir politique ? Une chose est sure selon mon expérience de la politique américaine, Hama Amadou serait un homme politique ici en fuyant la justice de son pays ce serait un crime de lèse majesté. Il faut vraiment chez nous pour voir certaines aberrations. Mais je crois que même au Niger aucun homme politique sérieux n’aurait fui du moment où tout le monde est d’accord sur l’indépendance de la justice nigérienne.

 

Niger Inter: Un des reproches fait au Président Issoufou, c’est de renoncer à la lutte contre la corruption contrairement à ses engagements électoraux…

 

Tahirou Ibrahim Garka : On ne peut pas raisonnablement reprocher au Président de la république d’avoir renoncé à lutte contre la corruption dans notre pays. Et pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les différents rapports de l’organisation Transparency International, on se rendra compte à l’évidence que la corruption recule de plus en plus dans notre pays. Je pense que je vous ai déjà donné les différents classements de notre pays de 2011 à aujourd’hui. Le Niger est passé de la 136e en 2011 à la 109e en matière d’indice de la perception de la pauvreté. Et un autre détail non des moindres à ce sujet : les observateurs avertis vous diront que sous la gouvernance de Issoufou il n’y a plus cet argent facile qui permettait sous d’autres régimes d’amuser la galerie. Et c’était justement cela un moment qui était objet des récriminations de certains qui prophétisaient même  que c’était une malédiction : avec Issoufou on ne voyait pas l’argent circuler, soutenaient-ils un moment. Ce qui est tout à fait normal du moment que sous la Renaissance du Niger l’argent va là où il est destiné. Et je me réjouis du fait que les réalisations du président de la République viennent corroborer cet état des faits.

Niger Inter : Sur le plan politique, il est reproché au PNDS-Tarayya et au Président de la république de ne pas s’accommoder avec l’opposition et pire de concasser les partis d’opposition. Que répondez-vous ?

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Tahirou Ibrahim Garka © NigerInter.com

Tahirou Ibrahim Garka : Vous faites vraisemblablement allusions aux dissensions qui minent les formations politiques de l’opposition. Eh bien le PNDS-Tarayya n’y est pour rien  et moins encore le Président de la république qui depuis son investiture s’est véritablement placé au dessus des partis politique pour pouvoir réaliser le programme de la Renaissance au profit de l’ensemble du peuple nigérien. Les véritables problèmes de ces formations politiques sont la manière dont elles sont gérées. Elles sont minées par des conflits de leadership et d’autres  problèmes de nature interne. Par exemple, la CDS a connu 13 scissions avant l’élection de Mahamadou Issoufou à la présidence de la république. Quant au MNSD-Nassara, qui a concassé ce parti mieux que Hama. Malheureusement les leaders de l’ARDR refusent de voir la réalité en face, ils refusent d’affronter les vrais problèmes de leurs partis. Ils se lamentent, ils cherchent d’autres personnes à blâmer ou rendre responsables des leurs forfaitures. Ces mêmes individus ont tout fait pour déstabiliser et liquider le PNDS-Tarayya quand eux ils étaient pouvoir. Lors de son passage à Greensboro en Caroline du Nord, le Président du PNDS-Tarayya, le Camarade Bazoum Mohamed a expliqué comment sous l’AFC, M. Mahamane Ousmane alors Président de la république, s’est attelé à diviser les responsables de notre parti en proposant la primature au Camarade Bazoum Mohamed pour se débarrasser De Issoufou Mahamadou alors Premier Ministre.

Niger Inter : Vous êtes aux USA, une grande démocratie. On a vu le Président Obama recourir aux cadres républicains dans son administration alors que chez nous cela constituerait un scandale politique ou du moins un interdit sans l’aval des partis politiques. Comment expliquez-vous une telle aberration quand on sait que l’Etat a besoin de la compétence de tous ses fils ?

 

Tahirou Ibrahim Garka : Aux Etats-Unis, ce n’est pas un problème de travailler avec les cadres de l’opposition. Le Président Barack Obama a, plusieurs fois, nommé des républicains à des postes stratégiques comme la défense nationale, les renseignements (la CIA), etc., et cela n’a jamais posé de problème. Mais, la volonté du Président Issoufou de former un gouvernement d’union nationale a suscité diverses interprétations et provoqué des difficultés bien que cela soit constitutionnellement permis selon l’avis de la Cour constitutionnelle lorsque celle-ci  a été saisie par le Premier Ministre SEM Brigi Rafini. Je pense qu’il faudrait plutôt condamner et rejeter les tares de notre classe politique qui met ses intérêts partisans au dessus de l’intérêt général. A mon avis de la même façon que les enseignants et les médecins, etc. accomplissent leur devoir avec conscience professionnelle, de cette même façon n’importe quel citoyen peut être appelé à servir le pays. Et je pense que si nous aimons notre pays il n’y a pas lieu de nourrir et cultiver des considérations partisanes chaque fois qu’il s’agit de l’intérêt de notre pays. Cela doit être une action civique que tout citoyen doit promouvoir avec enthousiasme. De la même façon que l’américain est fier de servir son pays autant je pense un nigérien doit cultiver cet état d’esprit. Bref, j’observe que nous sommes très en retard sur ce plan et mon vœu c’est de voir la jeune génération se démarquer de plus en plus des attitudes négatives de nos aînés qui ne cadrent pas avec l’intérêt général et les ambitions d’une nation moderne.

Niger Inter : Justement vous êtes un jeune leader politique. L’amour de la patrie doit être en principe au dessus des partis politiques. Comment expliquez-vous aujourd’hui un certain négationnisme chez certains Nigériens qui ne voient que du noir au Niger sous Issoufou ?

 

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Tahirou Ibrahim Garka © NigerInter.com

Tahirou Ibrahim Garka : Il est très difficile d’expliquer les attitudes négatives de certains nigériens et notamment des leaders politiques nigériens surtout lorsque ceux-ci se retrouvent à l’opposition. Les leaders de l’opposition ARDR par exemple, sont très pressés de reprendre le pouvoir et cela peu importe les voies et les moyens. Ils ont commencé par des boycotts systématiques des inaugurations et autres cérémonies officielles, puis ils mènent des actions contre la Renaissance en vue de provoquer une insurrection et anticiper brutalement la fin du mandat du Président de la république. Je n’en veux pour preuve que les violences perpétrées les 17 et 18 janvier 2015 respectivement dans les régions de Zinder et de Niamey lesquelles violences ont soulevé la colère de l’écrasante majorité des citoyens nigériens contrairement aux leaders de l’opposition qui sont restés  muets comme une carpe. Pas un seul mot pour condamner ces violences. Aucune manifestation de compassion à l’égard des victimes ou de leurs familles. Ils sont plutôt préoccupés à préparer de nouvelles attaques, de nouvelles conspirations en vue de déstabiliser notre pays et s’emparer du pouvoir d’Etat. Leur silence et leur indifférence confortent bien les thèses qui  leur attribuent la responsabilité de ces violences meurtrières et incendiaires.

 

Niger Inter : Le Niger va résolument vers les élections générales. Jusqu’à présent il reste un vœu pieux pour les Nigériens de voir un président démocratiquement élu passer le témoin à son successeur. Pensez-vous que le PNDS tiendra ce pari ?

 

Tahirou Ibrahim Garka : Il n’y a aucun doute là-dessus du moment où le président de la République en fait une profession de foi. Il l’a réaffirmé même récemment les nigériens connaissent le président Issoufou comme un homme de parole.

Niger Inter : Une question personnelle : en tant que jeune militant PNDS, êtes-vous satisfait de la gouvernance  de l’homme qui vous a fait rêver et aussi tout le peuple nigérien ?

 

Tahirou Ibrahim Garka : Les Nigériens, dans leur majorité reconnaissent que beaucoup de réalisations ont été faites. Les bénéficiaires de ces réalisations disent souvent : Kayi, Mungani, Mungodé. Que l’on peut traduire littéralement : tu as fait, nous avons vu, merci ! Prenez l’exemple du chemin de fer, c’est un rêve national âgé d’environ 80ans. Aujourd’hui, ce rêve est entrain de se réaliser. Et quand on sait que le chemin de fer a impact réel et très positif sur le développement économique de notre pays, on ne peut que saluer cette initiative heureuse du Président de la république. C’est vous dire que nul doute, le président Issoufou reste et demeure cet homme visionnaire qui portera loin les couleurs nationales dans le concert des nations et j’en suis fier.

Niger Inter : Pouvez-vous nous dire une chose que vous regrettez dans l’exercice de ce premier mandat du Président Issoufou ?

Tahirou Ibrahim Garka : Je ne pense pas qu’il est bien indiqué de poser la question en terme de regrets. Tout ce qui a été réalisé pendant les 4 ans de la Renaissance du Niger rentre dans le cadre du développement économique, social et culturel de notre pays. S’il y a une chose que je regrette, c’est bien l’exploitation des défis sécuritaire de notre pays que tente de faire l’ARDR. Les partis membres de la mouvance présidentielle l’ont très bien souligné à l’occasion de la déclaration qu’ils ont rendue publique le samedi 23 mai 2015. Ils disaient : « Au plus fort des attaques de Boko Haram dans la région de Diffa, l’opposition n’avait jamais daigné faire la moindre petite déclaration pour condamner cette organisation terroriste. Dans la réalité, l’opposition l’a toujours perçu comme l’allié objectif qui lui facilitera les voies de raccourci pour accéder au pouvoir avant le terme des mandats des institutions républicaines. On se souvient qu’à l’occasion de la marche historique du 17 février 2015 en soutien à nos Forces de Défense et de Sécurité, l’opposition avait préféré distiller des fausses rumeurs d’attaques terroristes imminentes, afin de perturber la manifestation. »

Niger Inter : Le Niger est en guerre contre la secte Boko Haram. Avez-vous une pensée pour nos vaillants soldats dans cette dure épreuve?

Tahirou Ibrahim Garka : En effet, je suis de cœur avec tous les éléments de force de défense et sécurité particulièrement ceux qui sont sur le front et bravent la mort, les intempéries pour défendre l’intégrité de notre territoire et assurer notre sécurité. Leur courage, leur sacrifice et leur professionnalisme forcent l’admiration. J’ai une pensée pieuse à toutes les victimes de Boko Haram civiles ou militaires et leurs familles. Qu’Allah dans son infinie bonté accorde sa grâce à tous nos soldats tombés sur le champ d’honneur mais aussi aux victimes civiles et qu’il accorde un prompt rétablissement aux blessés. Et je formule également le vœu que l’accession au pouvoir de Muhammadu Buhari connu comme un « homme a poigne » facilite la victoire totale de nos FDS sur les terroristes de Boko haram !

Propos recueillis par Tiemago Bizo (nigerinter.com)