Depuis quelques temps, les deux ailes du parti CDS Rahama se concertent dans l’espoir de trouver un terrain d’entente afin de recoller les morceaux suite à une longue procédure judiciaire. Les deux camps, ont mandaté des représentants en vue de peaufiner les termes de l’accord entre eux. Pour rappel, le parti s’est cassé en deux suite au Congrès de Zinder qui a donné lieu à une sanction infligée à quelques hauts responsables du parti. Puis après, de procès en procès, l’aile Abdou Labo a organisé un autre congrès à Niamey qui a vu l’exclusion de Mahamane Ousmane et ses sympathisants.

A l’approche des échéances électorales, les deux parties tentent de recoudre le tissu déchiré pour mieux affronter les différents scrutins. En soi, si cela arrivait à être possible, il occulterait certainement des bons offices pour les intéressés eux-mêmes.

Le hic se trouve au niveau des divergences sur les points de l’accord entre les deux parties, surtout, les plus importants. L’aile Mahamane Ousmane, exige que celle d’en face se retire du gouvernement pour revenir à l’opposition, ce qui est presque chose impossible connaissant les enjeux de cette alliance. L’aile Labo qui ré- pond légalement au nom du parti, à la fin de la dernière procédure judiciaire, exige de son côté la reconnaissance par l’aile Ousmane du congrès de Niamey.

La semaine dernière, Kadri Moutari, membre du Bureau politique national au titre de la région de Zinder, sur les ondes d’une radio de la place, a affirmé que l’aile Ousmane a accepté de reconnaî- tre le congrès de Niamey tenu par Abdou Labo et autres. Juste 24 heures après, Moussa Hayatou, membre aussi du parti, facilitateur dans les négociations en cours, était sorti sur les ondes de la même radio pour démentir la reconnaissance du congrès de Niamey par l’aile Ousmane. Il considère que Kadri est allé vite en besogne en déclarant que tout est parfait. Il a ajouté que c’est toujours le statu quo et les parties campent chacune sur sa position mais le dialogue continue fort heureusement. Dans les jours à venir, ces pourparlers entre les militants du parti vert se poursuivront dans le but d’aboutir à un accord entre les deux parties.

Moussa Hayatou a ajouté que rien n’est impossible et que la réconciliation souhaitée peut bel et bien être effective tant que les parties n’arrêtent pas la concertation entreprise dès lors. A ce niveau, une équation presque impossible à résoudre se pose avec acuité. De Labo ou de Ousmane, qui acceptera de rejoindre l’autre dans le camp actuel de l’autre ? Ousmane à la majorité avec Issoufou ou Labo à l’opposition avec l’ARDR ?

De la solution à cette énigme sortira le futur du parti vert et l’espoir de voir tous ses fils réconciliés et pardonnés, main dans la main, afin de mieux faire face aux adversités propagandistes et électoralistes de cette année et même de celle qui viendrait notamment les élections de 2016 où tout va se décider pour sceller le devenir de notre pays en matière de changement de système de gouvernance ou des gouvernants eux-mêmes, certainement, ceux-là qui n’ont pas bien accompli les promesses qu’ils ont faites aux électeurs citoyens. Tout est possible car c’est de la politique politicienne, et en la matière, il n’y a pas de limite possible !

Mounkaila ALI

Le Canard déchaîné N°695 du 20 juillet 2015