Il y a quelques temps de cela, à Zinder, un banal esclandre avait opposé le gouverneur de la région à certaines autorités judiciaires de la localité. En fait, de quoi s’agissait il ?

C’est un fait banal, voire ordinaire qui s’était produit dans la ville de Zinder, lorsqu’un monsieur, à la descente du travail, faisant la corvée habituelle pour aller chercher son épouse exerçant dans un service de la place, s’était cru autorisé de stationner devant la devanture d’un organisme privé. Le vigile, très probablement, lui aurait indiqué qu’il était interdit de stationner à cet endroit réservé, mais l’automobiliste en question aurait mal pris cette injonction en refusant de bouger sa caisse. Sur insistance du vigile des lieux, il finit par marteler en quelques sortes qu’il n’était point un citoyen ordinaire, mais bien un magistrat de son état. Le vigile informa alors ses responsables qui sortirent en masse pour lui signifier que sa profession ne l’exemptait point du respect du domaine privé.

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Grosso modo, il en eut fallu de peu pour que les deux parties n’en viennent aux mains. Rentré furieux au bureau, le magistrat décida d’envoyer les forces de l’ordre pour embarquer toutes les personnes mêlées à cette affaire sous le chef d’accusation d’agression contre un magistrat. Les personnes mêlées furent automatiquement arrêtées et incarcérées. Informé de l’affaire, le gouverneur de Zinder usa de son autorité pour faire libérer les protagonistes du magistrat. Voilà, succinctement, les faits, tels qu’ils se sont produits selon nos sources depuis Zinder.

L’intervention du gouverneur avait été interprétée par le corporatisme judiciaire comme une entrave à la justice, alors même que le gouverneur entendait simplement rétablir la justice devant un cas flagrant d’abus d’autorité de la part d’un magistrat. Pour notre part, nous estimons que cette affaire ne méritait vraiment pas tout le boucan qui avait été fait autour, nous pouvons déplorer simplement que deux autorités dépositaires du pouvoir régalien se soient écharpées comme de vieilles gonzesses alors qu’elles auraient pu régler cette minable affaire autrement !

Dommage pour nos ‘’procureurs’’ publics en mal de sensations qui auraient bien voulu voir, dans cette pitoyable comédie, un cas flagrant d’immixtion de l’exécutif dans les attributions du judiciaire, car les deux ridicules dans cette histoire sont bel et bien le magistrat et le gouverneur de Zinder !

Zak (OPINIONS N° 266 DU 28 JUILLET 2015)