Les Pays membres du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) se sont réunis mardi et mercredi derniers à Niamey. L’objectif de cette rencontre est de  »contribuer à l’organisation d’élections libres, honnêtes et transparentes dans les pays membres du RIARC, à travers une régulation indépendante et équitable des médias en période électorale. En marge des travaux, notre reporter a rencontré les présidents des instances de régulation du Niger, M. Abdourhamane Ousmane et M Donko Djagou Balogou du Togo pour parler des expériences de ces pays.

Monsieur le président, votre institution a organisé, mardi et mercredi derniers, un séminaire qui a regroupé des participants venus de plusieurs pays africains sur l’accès aux médias en période électorale. Pouvez-vous nous dire dans quel contexte se situe cette rencontre des instances africaines de régulation des médias qui s’est tenue à Niamey?

Le séminaire sur la régulation de médias en période électorale organisé par le Conseil Supérieur de la Communication entre dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2014-2015 du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication dont nous assurons la présidence. Le plan d’action qui a été adopté ici même en 2013, à l’occasion de la 7ème conférence des présidents, a prévu à l’axe 3 la thématique de la régulation en période électorale. Cet axe a prévu trois grandes activités, le séminaire de renforcement de capacité des institutions membres de RIARC ; les échanges d’expériences et les missions d’information et de contacts à l’occasion des élections. Du fait que, certains pays membres de notre réseau ont organisé des élections au cours de cette année 2015 et que d’autres pays se préparent pour entamer leurs processus électoraux dans quelques mois, le RIARC a jugé nécessaire de réunir ces deux catégories de pays pour voir comment, nous pouvons nous renforcer mutuellement en vue de contribuer à l’organisation d’élections libres, honnêtes et transparentes dans nos pays respectifs à travers une régulation indépendante et équitable des médias.

Ceux qui ont organisé des élections ont présenté leurs expériences, notamment les différents critères réglementaires qu’ils ont eux à mettre en place dans leurs pays et les modalités pratiques à travers lesquelles, ils ont réglementé l’accès aux médias en période électorale. Ceux qui vont organiser les élections vont prendre exemple sur ceux qui ont déjà achevé leurs processus électoraux pour encore tirer les leçons, mettre à profit les bonnes pratiques pour contourner les difficultés auxquelles, les prédécesseurs ont été confrontés. Voilà donc les objectifs visés à travers ce séminaire.

Le Niger est un pays d’expériences en matière d’organisation d’élections. En 2011, le pays avait organisé des élections libres transparentes et indépendantes. En ce moment, votre institution avait pour appellation, Observatoire National de la Communication (ONC) que vous aviez dirigé et aujourd’hui, c’est le Conseil Supérieur de la Communication (CSC). En ce qui concerne l’accès aux médias en période électorale, avez-vous présenté des expériences appréciées par les participants des autres pays à ce séminaire ?

Evidemment, le Niger a présenté ses expériences aussi bien celles relatives à l’égal accès des candidats à l’élection présidentielle que celle relative à l’accès des partis politiques et des listes indépendantes aux élections législatives et municipales. Ces expériences ont été beaucoup appréciées par les différents pays participants et beaucoup ont pris l’engagement de s’inspirer de l’expérience du Niger pour encore améliorer leur gestion des élections. Je précise que depuis 2011, le Niger a inspiré beaucoup de pays.
Certains sont spécialement venus ici pour voir comment nous avons géré les médias pendant la transition de 2011. C’est le cas du Burkina Faso, du Tchad et de beaucoup d’autres pays africains. Le Niger a été invité à plusieurs rencontres régionales internationales pour partager son expérience, nous l’avons fait aussi à l’occasion de ce séminaire. Je peux dire que le Niger demeure une référence dans ce domaine et au-delà de l’Afrique pour ce qui concerne la gestion des médias en période électorale. Cependant, il faut aussi dire que cette expérience du Niger est perfectible. Nous avons aussi tiré beaucoup de leçons depuis le passage au CSC. Nous sommes entrain de nous inspirer des différents pays dans lesquels, nous avons envoyé des missions et aussi, à la faveur de ce séminaire, de recueillir d’autres informations et d’autres exemples pour mieux améliorer notre expérience au cours des prochaines élections.

Quelles sont vos attentes à l’issue des travaux de ce séminaire ?
Que les instances de régulation Africaines repartent avec un nouvel état d’esprit qui est celui de contribuer à rendre les élections plus transparentes, plus justes, plus crédibles en Afrique ! En effet, on se rend compte que, malgré un quart de siècle de démocratisation, dans certains pays, les élections continuent d’être sources de préoccupations, à la fois pour les pouvoirs publics que pour les citoyens et pour la Communauté Internationale. Cela, du simple fait qu’on n’a pas encore mis en place des mécanismes institutionnels et des cadres juridiques à même de garantir suffisamment la transparence des scrutins. Il ne faut plus qu’en Afrique, les élections soient sources d’angoisse. Nous pensons que les instances de régulation, à côté des autres organismes impliqués dans la gestion du processus électoral, ont leur contribution à apporter. De même, les médias ont un rôle important à jouer. Donc, il faudrait que ceux qui sont chargés d’encadrer les médias puissent impulser l’orientation et définir une vision vers laquelle tous les acteurs médiatiques doivent tendre. Cette vision et celle d’organiser des élections libres et transparentes. C’est celle de pouvoir donner la possibilité aux citoyens électeurs de faire un choix conscient, et ce qui va renforcer la démocratie en Afrique. Voilà notre principale attente au sortir de ce séminaire.

Réalisée par Seini Seydou Zakaria(onep)

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