La première tâche des « intellectuels » est de démasquer le langage menteur des manuels scolaires, des « médias » qui servent à l’Occident pour maintenir son hégémonie par les idéologies trompeuses de leur « modernité ».

Il n’est pas un seul des postulats de cette prétendue modernité qui ne soit un mensonge ; Et d’abord ceux de la démocratie, de la défense des droits de l’homme, de la liberté.

La démocratie a toujours été le camouflage dune minorité, des propriétaires d’esclaves aux maîtres de la richesse.

Ce que l’on appelle la « démocratie athénienne au temps de Périclès »  et que l’on donne comme exemple, (comme la « mère des démocraties »), était le gouvernement de 20.000 citoyens libres sur 100.000 esclaves dépourvus de tout droit. Il s’agissait dune oligarchie esclavagiste baptisée « démocratie ». Démocratie pour les maîtres, pas pour les autres.

La Déclaration d’indépendance des États-Unis proclame légalité des droits pour tous les hommes. Après cette déclaration solennelle, elle maintient l’esclavage pendant plus d’un siècle, et la discrimination à l’égard des noirs jusqu’à nos jours. Démocratie pour les blancs, pas pour les noirs.

La déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, de la Révolution française affirme superbement : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits », mais la Constitution censitaire, dont elle est le préambule, exclut du droit de vote les 3/4 des français parce que leur pauvreté en fait des « citoyens passifs ». Démocratie pour les riches pas pour les pauvres.

Il en est de même pour les « droits de l’homme ». Ils sont inscrits dans la « Déclaration Universelle des Droits de l’homme » des Nations Unies, en 1948.

Et tous sont des abstractions en contradiction flagrante avec la réalité . Pour ne retenir que deux exemples :

– que signifie proclamer « le droit du travail » quand le système engendre des millions de chômeurs et ne cesse d’en accroître le nombre ?

– que signifie le « droit de vote » lorsque, depuis longtemps, le billet de banque a supplanté le billet de vote ?

Pas seulement parce qu’aux États Unis, par exemple, il faut 500 millions de dollars pour financer une campagne électorale pour être sénateur ou « représentant », mais parce que dans tous ces pays la richesse permet d’acheter les deux instruments essentiels du pouvoir : les médias pour manipuler les opinions publiques, et les industries d’armement, pour les convaincre en dernier ressort.

Cette déclaration est « universelle » !

Tout le monde peut se réclamer des droits de l’homme : l’égalité est parfaite devant la loi. Le chômeur et le milliardaire ont un droit égal à fonder un journal ou à créer une chaîne de télévision. Cette égalité devant la loi est telle qu’il est également interdit à ce milliardaire ou à ce chômeur de voler un pain : ils seront passibles des mêmes peines.

Il est d’ailleurs remarquable que ceux qui s’autoproclament « défenseurs des droits de l’homme » à l’échelle mondiale, par exemple le G7 (le gang des 7 pays les plu riches du monde) qui réunit à Lyon (1996) ses dirigeants pour « lutter contre le terrorisme », soit constitué par les chefs des États les plus « terroristes » du monde et les pires violeurs des droits de l’homme. Non seulement par leur passé lointain, le massacre des Indiens d’Amérique, la Traite des esclaves noirs, le colonialisme en général,  mais par leurs crimes proches, comme les semeurs d’Apocalypse au Vietnam avec le napalm, les fournisseurs d’armes, d’argent et d’instructeurs aux tortionnaires du Rwanda, et qui sont ainsi responsables de 400.000 morts – les coupables actuels de la mort de 250.000 enfants  de moins de cinq ans dans les hôpitaux et d’un nombre de même grandeur à l’extérieur par le maintien de l’embargo en Irak. Et nous ne le répéterons jamais assez souvent, ceux dont le modèle de croissance « libéral » impose au reste du monde l’équivalent de morts d’un Hiroshima tous les deux jours.

Roger Garaudy

Les Etats Unis – Avant garde de la décadence

Cet article a été publié dans Havre de savoir le 14 octobre 2014