Dans un article récent, à Niger Inter, nous mettons en évidence la similitude de style de Diori Hamani et Mahamadou Issoufou concernant leur politique extérieure. Certains nihilistes ont tendance à critiquer les visites du PR à l’extérieur pour faire croire à l’opinion que le président Issoufou s’offre des villégiatures pour une promenade de santé vidant ainsi vainement le trésor national. Pourtant avec ces résultats qui crèvent l’œil, on peut dire sans risquer de se tromper que la diplomatie nigérienne sous la Renaissance a connu des avancées significatives à travers les offensives qui ont contribué à la visibilité et à la crédibilité du Niger sur le plan international. Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres, dit-on.

Au plan de la diplomatie, le Niger a axé son action sur l’amélioration de la visibilité du pays en présentant ses potentialités économiques et les avantages qu’offre le pays aux investisseurs. La diplomatie a également été axée sur le maintien de la paix et de la sécurité dans la sous-région à travers un fort d’investissement en moyens matériels, humains, et financiers dans ce domaine et sa participation aux efforts à l’échelle internationale.

La période 2011-2014 a été intense en activités diplomatiques se traduisant par des visites à l’extérieur des plus Hautes Autorités du pays, l’organisation et la participation à des fora, conférences, symposiums à travers le monde, afin de faire connaitre le pays et ses potentialités, attirer les investisseurs et booster le développement. Pour élargir la carte diplomatique, plusieurs représentations diplomatiques ont été ouvertes à travers le monde et des représentations étrangères ont été accueillies au Niger. De plus, les relations existantes ont été renforcées et dynamisées avec une douzaine de pays africains, 10 d’Asie, 10 d’Europe, 3 d’Amérique et 2 de l’Océanie.

Le Niger a organisé dans plusieurs pays du monde (Londres, Paris, Singapour, Istanbul, Bruxelles…) des tables rondes et des conférences afin de mieux faire connaitre les potentialités d’affaires et présenter les gros chantiers du Niger. Cela a suscité un regain d’intérêt de la part de plusieurs investisseurs français, britanniques, chinois, Singapouriens et turcs pour le Niger.

Ces actions ont permis la signature des accords de coopérations et conventions bilatérales dans les domaines importants de la sécurité et du développement socioéconomique et culturel (la santé, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, l’environnement, les infrastructures…), l’octroi des bourses de coopération pour les étudiants et des stages de formation aux agents de l’Etat et de la société civile nigérienne.

De façon spécifique, la coopération avec le Nigéria a été fortement dynamisée surtout eu égard aux questions de sécurité consécutive aux attaques perpétrées par la secte Boko Haram. Cette coopération a abouti à la création en 2013 d’une école bilingue franco-anglaise à Niamey sous le régime d’internat.

Au plan multilatéral, le Niger a développé ses relations, entre autres avec les institutions telles que le système des Nations Unies, l’Union Européenne, la Banque Mondiale, l’Union Africaine et la Banque Islamique de Développement

Pour ce qui est de la sécurité, toutes les tribunes internationales ont été utilisées pour faire du plaidoyer à la sécurité du Sahel. Le Niger a, à plusieurs occasions, été sollicité compte tenu de la fermeté de ses autorités pour le règlement des crises dans certains pays ; ce qui lui a, entre autres, valu de siéger comme membre au Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l’Union Africaine pour la période 2014-2016 et d’être une destination sûre pour l’organisation et la tenue de plusieurs rencontres de portée internationale. C’est également ce qui a valu au Niger, la visite d’éminentes personnalités pour témoigner au Président de la République leurs reconnaissances et leurs gratitudes pour sa vision, son engagement et son attachement à la paix et à la sécurité.

Parmi ces visites mémorables, on peut citer la mission conjointe conduite par BAN KI MOON, Secrétaire Général des Nations Unies, accompagné de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine Mme DLAMINI NKOSANA ZUMA, du Président de la Banque Mondiale DR.JIM YONG KIM, du Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), DR. DONAL KABERUKA et du Commissaire Européen au Développement, Mr. ANDRIS PEIBALGS.

La visite au Niger du Président français, Mr François Hollande, vient encore renforcer cette marque de considération eu égard au climat d’insécurité de la sous-région. A cette série de visites, il convient d’ajouter celle du Président du Conseil Européen ainsi que d’autres importantes personnalités de la sous-région et des responsables de grandes institutions internationales.

La part prise par le Niger dans le règlement des crises dans certains pays lui a valu d’être élu membre du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine pour la période 2014-2016. Dans le même sens, le Niger a abrité la 3ème réunion sur le processus de Nouakchott, et a reçu mandat des 24 Etats membres de la CEN-SAD d’organiser une réunion des Ministres chargés de la sécurité et des responsables des services des renseignements de la CEN-SAD qui devrait dégager une stratégie commune en vue de faire face aux trafics illicites d’armes, de drogues et la criminalité transfrontalière organisée.

L’implication des autorités dans la lutte contre le terrorisme et la préservation de la paix s’est traduite par la participation de contingents nigériens au maintien de la paix notamment au Mali, en Côte d’Ivoire, au Congo, ainsi qu’un investissement personnel du Chef de l’Etat dans les processus ayant conduit à la libération des otages français d’Areva puis tout récemment celle du journaliste français Serge Lazarevic.

S’agissant de la Diaspora, longtemps ignorée du processus de développement du pays, l’image de la Diaspora a été restaurée et ses membres organisés et encadrés afin d’assurer une plus grande participation aux efforts de développement du pays. La Diaspora est désormais considérée comme la 9ème région et en conséquence, depuis 2011, beaucoup d’actions ont été réalisées en sa faveur.

Ainsi, toutes les occasions de déplacement des hautes autorités du pays à l’extérieur du pays ont été utilisées pour rencontrer les nigériens de l’extérieur afin de les sensibiliser sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans le développement. Pour la première fois au Niger, un forum de la Diaspora a été organisé, à l’issue duquel un plan d’actions a été élaboré et un comité mis en place pour suivre les recommandations qui en sont découlées. Dans ce cadre, le Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur a bénéficié d’un renforcement de capacités à travers la création d’un site web et la dotation en matériels divers favorisant un meilleur accueil et l’orientation des membres de la Diaspora.

Dans la même lancée, le code de nationalité a été modifié pour permettre aux nigériens de l’extérieur de pouvoir bénéficier de la double nationalité.
Le code électoral a également été révisé pour permettre le vote et la représentation des nigériens de la Diaspora à l’Assemblée Nationale. Suite à la modification du nombre des députés à l’Assemblée Nationale, 5 places ont été octroyées à la diaspora.

Des missions d’indentification et de sensibilisation ont été organisées notamment dans les pays à fortes communautés de nigériens et des consuls honoraires recrutés afin de mieux les organiser.

Un deuxième forum de la Diaspora est en cours de préparation. Il sera procédé à cette occasion, de faire le point sur les leçons apprises du premier forum en vue d’améliorer la participation de la Diaspora au processus de développement du pays. D’ores et déjà, on note une évolution lente mais positive, des investissements de la Diaspora avec forte prédominance dans le secteur hôtelier.

Source : BILAN DES 4 ANS DE MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME DE RENAISSANCE