Malgré la survenance du mois béni de ramadan, un mois de pardon et de solidarité fraternelle entre les croyants musulmans, le MNSD de Seini Oumarou  s’est à nouveau illustré par une déclaration inopportune et surtout indigne d’une opposition républicaine. Cette sortie médiatique de la semaine écoulée du MNSD constitue une violation flagrante du Code d’honneur que la classe politique nigérienne s’est coutumièrement donné d’observer une sorte de trêve pendant le mois sacré de ramadan.

C’est proprement regrettable de la part d’acteurs politiques de confession musulmane pour la plupart qui ne peuvent même pas souffrir un seul mois pour mettre de côté les querelles et autres rancunes politiques pour accompagner le déroulement de ce mois béni afin qu’Allah Le Tout-Puissant descende sa bénédiction et sa miséricorde sur le Niger et son peuple ! Bof, c’est-là une autre histoire qui ne regarde que des gens qui considèrent que tous les moyens sont bons dans la vie pour  parvenir à leurs fins, ce qui nous intéresse le plus dans cette déclaration, c’est la nature itérative de celle-ci. En effet, la déclaration du MNSD du 29 juin dernier ne comportait aucune nouveauté, aucune originalité par rapport au discours général de l’ARDR tenu depuis un certain temps, à savoir la décrédibilisation du régime de la Septième République et surtout l’ap- pel du pied à l’armée pour faire irruption sur la scène politique nationale.

En prétendant dénoncer les ‘’conditions de vie et de travail’’ des soldats sur le champ des opérations dans cette déclaration, ce n’est ni plus, ni moins, à une incitation au coup d’Etat militaire que se livrait le MNSD de Seini Oumarou. Comme on le sait, depuis un certain temps, le cauchemar de l’opposition politique nigérienne réside dans les prochaines élections générales pour lesquelles elle n’est pas, visiblement, prête pour les raisons que nous avions développées dans notre article intitulé ‘’Le dilemme cornélien de l’ARDR’’.

En faisant de l’armée sa tasse de thé à chaque clin d’œil, le MNSD en particulier et l’ARDR en général es- saient, implicitement, de faire ac- croire que l’armée nigérienne est la leur, leur chose à eux, comme si nous n’étions pas en présence d’ne armée républicaine qui appartient à tous les Nigériens. Du reste, qu’ont- ils fait d’exceptionnel à l’endroit de cette armée pour la loger à une meilleure enceinte, à part la claniser pour  l’instrumentaliser ?  N’est-ce pas sous leur gestion qu’il y a eu le phénomène inédit de  ‘’La troupe’’, c’est-à-dire des mutineries des soldats pour réclamer de meilleures conditions de vie ? Pour toute ré- ponse à ces légitimes revendica- tions des hommes de troupes, le régime de la Cinquième République de Tandja, Hama, Seini Oumarou et Mahamane Ousmane ne s’était livré qu’à des purges par charrettes entières de centaines et de centaines de pauvres soldats réduits ainsi à une précarité aux lourdes conséquences.

Aujourd’hui, ce sont des gens pareils, toute honte bue, qui osent donner des leçons à un ré- gime qui a fait de la question militaire en particulier, et de la question sécuritaire en général, une priorité parmi les priorités. Il suffit de jeter un regard objectif sur l’état actuel de nos forces de défense et de sécurité pour mesurer tout le chemin qui a été parcouru depuis l’accession à la magistrature suprême de Issoufou Mahamadou. En s’aventurant sur ce terrain glissant pour eux, le MNSD et sa tutelle l’ARDR non seulement se  ridiculisent, mais se trompent carrément  d’époque :  les  coups d’Etat par procuration sont révolus aujourd’hui. Les renversements de régime démocratique ne sont envisageables et possibles que dans les cas extrêmes de sortie du cadre démocratique normal, comme cela avait été pour le tazarché aussi bien au Niger qu’au Burkina Faso !

Alors cessons de rêver en plein jour.

Hayrat Mounkaila Abdoulaye

OPINIONS N° 264 DU 07 JUILLET 2015