Sections Extérieures de l’USN (CGSE-USN)
À
Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

OBJET : PLATEFORME REVENDICATIVE COMMUNE DES ETUDIANTS ET STAGIAIRES NIGERIENS A L’ETRANGER.
Nous, l’ensemble des structures associatives et syndicales des étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger, unies et solidaires au sein du Conseil Général des Sections Extérieures de l’Union des Scolaires Nigériens (CGSE/USN), plus que jamais déterminées à défendre sans recul nos intérêts moraux et matériels trop longtemps bafoués, certifions notre rupture définitive et absolue avec l’attitude complice du silence.

Nous martelons notre soutien total aux camarades étudiants de l’université de Niamey et de toutes les universités du Niger dans leurs sursauts révolutionnaires ayant pour seul but la défense honorable de leurs droits les plus légitimes. Nous regrettons la violation et la profanation de la sacralité de l’enceinte du Campus Universitaire, survenue en date du 20 juillet 2015, par les forces de l’ordre et de sécurité. C’est en effet déroutant de penser et même de voir l’appareil sécuritaire de l’état, sensé inspirer l’assurance et la quiétude du citoyen, devenir l’instrument effroyable d’une déroute totalitaire et vicieuse.

Nous réaffirmons d’une voix sèche et meurtrie par l’hostilité froide des réalités profondes de ces pays étrangers dans lesquels nous nous efforçons sans relâche d’acquérir les connaissances indispensables à la réédification et la consolidation d’une Nation Nigérienne Forte et Fière ; une voix certes sèche et meurtrie, mais ferme et résolue à se faire entendre par tous les moyens imaginables, au nom de la justice et des intérêts supérieurs de notre chère patrie.

Conscients des incommensurables dangers auxquels l’inconséquence tragique des autres expose les étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger ainsi que l’école nigérienne, et au nom du Conseil Général des Sections Extérieures de l’USN (CGSE/USN), nous formulons la plateforme revendicative commune dont la teneur suit :
Constatant le cancer institutionnel alarmant qui pulvérise progressivement la structure même de certains organes vitaux de l’appareil d’Etat, en l’occurrence l’éducation nigérienne en perte chronique de vitesse.

En vu de l’indifférence caractérisée et le silence macabre des responsables  en charge de l’éducation face aux récurrentes revendications, plus que légitimes, des étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger qui n’ont de cesse d’assister à l’exacerbation constante de leur calvaire.
Considérant la frappante inefficience du décret N˚2013 468-PRN/MI/SP/D/A CR du 15 Novembre 2013, modifiant et complétant celui de Juillet 2006, portant réglementation des passeports de la CEDEAO (Ordinaires et de Services), ne faisant cas que prorogation des passeports et pas de leur prolongation après la date de validité. Cette décision incongrue et hautement coercitive à bien d’égards a plongé beaucoup d’étudiants nigériens à l’étranger dans une véritable situation d’irrégularité et d’illégalité.

Compte tenu de la criarde nécessité pour tout étudiant de pouvoir se rendre périodiquement auprès des siens, durant la période de sa formation à l’étranger, dans l’optique d’un contrepoids psychique au vu du dépaysement, du bouleversement social et parfois de l’hostilité permanente engendrée par les profonds contrastes socioculturels dont nous faisons l’objet : les multiples cas de grave dépression nerveuse, parfois irréversible, enregistrées de part et d’autre, au sein des communautés d’étudiants nigériens dans nombre de pays, en font une illustration plus que fulgurante.

Considérant l’inconséquence déroutante de l’Agence Nigérienne des Allocations et des Bourses (ANAB) à se saisir honorablement et efficacement de l’intégralité de ses responsabilités vis-à-vis de tous les étudiants nigériens et plus particulièrement les étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger.

En vu de la profonde sacralité de la mission des étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger, de promouvoir les valeurs culturelles et morales, la dignité et la fierté de la nation nigérienne à l’étranger, et que malheureusement parmi la multitude d’étudiants étrangers de diverses nationalités avec lesquels nous partageons les mêmes universités, les nigériens sont connus pour être l’incarnation la plus abjecte de toute la misère du monde et du dénuement le plus ahurissant.
Considérant l’impérieux besoin d’ériger des dispositions énergiques s’inscrivant dans la dynamique de l’affranchissement du nouvel étudiant nigérien à l’étranger de son statut du plus misérable, du plus démuni, parmi les nombreux étudiants de diverses nationalités, dans un climat d’interactions permanentes  où le conflit psychologique de la fierté nationale est d’une violence incommensurable.

En vue la situation d’extrême misère dans laquelle végètent nombre d’étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger dont beaucoup sont incapables de payer leurs frais de scolarités, leurs logements, leurs fournitures scolaires, leurs déplacements, leurs frais de médicaments et d’hôpitaux en cas de maladies, leurs frais d’équipements spécifiques liés aux climats hostiles de certaines régions du monde ainsi que leurs subsistances.

Constatant les dangers auxquels s’exposent certains étudiants incapables de disposer des moyens pour faire ou renouveler leurs cartes de séjours, de payer leurs frais de scolarité ou frais d’inscriptions dont l’État nigérien est sensé assurer.

Compte tenu des risques grandissant de compromission morale et de la bonne formation auxquels sont constamment exposés les étudiants et étudiantes nigériens à l’étranger, du fait de la précarité de la vie, en permanente exacerbation, dans laquelle ils s’efforcent de survivre au grand mépris de ceux-là même qui, hier encore, étudiaient aux frais du contribuable nigérien, dans des conditions de vie plus que meilleures, avec tous les honneurs, les avantages et les grands soins.
Considérant le fait indéniable que les étudiants nigériens à l’étranger constituent les produits les moins médiocres de la machines éducative nigérienne en pleine déliquescence, et qu’il est du devoir de l’Etat de les soutenir convenablement, de les encourager et de raviver en eux la fierté patriotique dans leur vaillante quête de savoirs et de compétences qu’ils aspirent mettre au service de l’émergence du Niger.

En vu de la nécessité impérieuse pour tout Etat-Nation résolument engagé à assurer son émergence et sa prospérité,  de disposer d’une élite intellectuelle dûment formée et qualifiée.
Nous, structures associatives et syndicales des étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger, membres du Conseil Général des Sections Extérieures de l’Union des Scolaires Nigériens (CGSE-USN), revendiquons :

Le rehaussement conséquent du montant de la bourse d’étude octroyée aux étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger dans les meilleurs délais, en tenant rigoureusement compte du niveau de vie et des innombrables exigences socio-académiques dans nos différents pays d’accueil. Le montant dérisoire de la bourse d’étude qui nous est octroyée est sans commune mesure avec le niveau de vie de nos pays d’accueil, plus modernes et plus ouverts à l’économie du marché.

L’octroi de la bourse d’étude à tous les étudiants et stagiaires nigériens, régulièrement inscrits à l’étranger, sans aucune forme de discrimination. C’est certes déplorable qu’au nom du mérite et de l’excellence, nos modestes familles soient obligées de supporter l’essentiel de toutes les lourdes charges inhérentes à la poursuite de nos études alors qu’elles s’acquittent  honorablement et dignement de leurs impôts.

L’octroi de frais de stages et de frais de mémoire pour  tous les étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger se trouvant en fin de cycle. En effet, l’énorme travail technique et de recherches qu’exigent les soutenances de thèses de fin de cycle dans la plus part de nos universités d’accueil, très ouverts à l’usage de moyens technologiques et d’équipements modernes, engendre des dépenses colossales insupportables par les maigres revenus de nos modestes familles.
Le retrait incessant du décret N˚2013 468-PRN/MI/SP/D/A CR du 15 Novembre 2013 et le dégagement d’une perspective sereine et imparable afin que tout nigérien à l’étranger ait la possibilité de prolonger son passeport au niveau des autorités chancelières nigériennes. Cette possibilité est gage de régularité et de sécurité pour les tous les nigériens vivant à l’étranger.
La mise à la disposition du nouveau bachelier bénéficiaire de la bourse d’étude à l’étranger d’un montant susceptible de lui permettre d’adoucir les titanesques charges des frais d’installation, frais d’équipements spécifiques liés au climat,  frais de fournitures scolaires, frais de quittance de logement et frais d’examens médicaux et autres tractations couteuses entrant dans le cadre de la constitution du dossier de titre de séjour.

La mise en place d’un fond de soutien aux initiatives créatives des différents Comités Exécutifs de nos cadres organisationnels tels que les forums scientifiques, les ateliers de formation en montage de projets, l’assistance aux camarades en cas d’urgence, l’organisation d’activités culturelles s’inscrivant dans la dynamique de la promotion de la culture nigérienne.

La mise à la disposition de l’étudiant ou stagiaire d’un billet d’avion aller-retour, tous les deux ans, afin qu’il puisse rentrer auprès des siens durant une sur deux périodes de grandes vacances.
La régularité et le strict respect de la ponctualité dans le paiement, à terme échu, des bourses d’études, des frais d’inscription, et des frais de scolarités : l’absence de ces frais au moment opportun a de tout temps fait l’objet de sérieuses difficultés et complications à nombre d’étudiants se voyant refuser leurs réinscriptions ou le retrait même de leurs diplômes.

Le remboursement immédiat  des arriérés des frais de scolarités et des frais d’inscription à tous les étudiants et stagiaires nigériens à l’étranger concernés par cette dépravante situation. Nous exigeons que tous les étudiants puissent percevoir leurs frais de scolarités et frais d’inscription, avant le début effectif des rentrées académiques de l’année considérée.

Le paiement  des bourses d’études des mois d’Avril, Mai et Juin au titre de l’année académique 2014-2015 dans un délais de deux semaines à compter du 15 Juillet 2015.

C’est pour nous le lieu de réaffirmer, à l’endroit de qui de droit, notre irrévocable appartenance, ferme et assurée, au laborieux peuple nigérien.
La longue distance qui nous sépare aujourd’hui de nos familles, et de notre chère patrie, ne fera jamais de nous des citoyens de seconde classe dont on peut se permettre de bafouer, librement et froidement, les droits et intérêts. Et contrairement à l’utopie politicienne entretenue et renforcée pour feindre l’illégitimité de nos saines revendications, nous ne sommes pas de cette classe de nigériens « super citoyens » à laquelle tous les honneurs et les avantages sont réservés : nous sommes les fils issus des profondeurs des entrailles de ces couches sociales, honnêtes et travailleuses, dont la sueur, la patience et l’endurance constituent le ciment et la fierté de notre société.

Nous ressentons, jusque dans la profondeur de nos âmes l’effroi, de toutes les tragédies qui frappent notre chère Patrie, et nous nous réjouissons de tout bonheur que les vaillantes masses populaires nigériennes ont la chance de connaitre.

            Notre aversion la plus brute va à l’encontre des exactions froides et inhumaines commises par la tentaculaire secte terroriste connue sous le nom de « BOKO HARAM » ; nous pleurons aux côtés de tous les nigériens, chaque vie perdue, chaque bien détruit, et nos condoléances les plus attristées vont aux familles des victimes, leurs proches ainsi qu’au peuple nigérien tout entier.

            Nous pleurons aux côtés de tous les nigériens, les lourdes pertes causées par la méningite, le paludisme, entre autres calamités contre lesquelles nous implorons la protection d’Allah Tout Puissant et exhortons le gouvernement nigérien à se saisir davantage de toutes ses responsabilités, pour soulager encore et davantage les masses populaires nigériennes qui n’ont jamais connu de répit.

             Nous déplorons avec déception et dégoût le dysfonctionnement tragique et scandaleux  des institutions de l’Etat en charge de l’éducation qui est un secteur plus que déterminant dans l’édification et la consolidation de tout Etat-Nation émergent, fort et respectable. C’est avec consternation que nous constatons la profondeur de la gangrène qui s’empare progressivement de l’école nigérienne : la fraude, la corruption et l’impunité prenant une envergure plus que déconcertante, avec comme théâtre illustratif le fiasco survenu lors des récents examens du Baccalauréat.

Nous interpellons les autorités diplomatiques nigériennes à travers le monde à plus de responsabilités, d’humanité et de justice au regard des situations parfois chaotiques dans lesquelles leur désinvolture et leur carence vis-à-vis des nigériens à l’étranger, leurs responsabilités, plongent beaucoup de nos camarades. Le cas le plus écœurant est celui de l’étudiant nigérien en Tunisie qui, avant de pouvoir disposer d’un titre de séjour, se voit souvent contraint de dépenser de lourdes  sommes d’argent allant dans le demi-million de nos francs, ne bénéficiant d’aucune assistance administrative de la part de l’ambassade du Niger en Algérie dont il relève : le Niger ne dispose pas de représentation diplomatique en Tunisie.

Dans l’attente d’une suite des plus favorables veillez agréer, Monsieur le Ministre, nos  plus vifs sentiments de respects. Et en Homme d’Etat avisé, dévoué et déterminé, nous osons espérer que vous trouverez toute la légitimité de toutes nos revendications et notre fiévreux appel, dans l’intérêt supérieur de la Nation Nigérienne.
Pour le CGSE/USN,

Le Secrétaire Général provisoirement  délégué.
Salaou Abdourahamane Almoustapha, SG UESNA (Algérie)
Niger Inter

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