Que l’ancien président de la République soit accueillie à grande pompe par les militants de son parti est tout à fait appreciable, qu’il soit accueillie à bras ouvert par ses parents, amis et proches est tout aussi justifiée et même normal dira-t-on. Mais que monsieur Tandja soit passé pour le héros de la nation, me semble politiquement inopportun, démocratiquement inadmissible, juridiquement non avenu.

Les honneurs qui lui sont offerts doivent être ceux que son rang d’ancien président de la République lui permet mais pas au-delà encore moins en deçà, en d’autres termes ni plus ni moins. L’aura dont jouit Monsieur Tandja au sein de la base militante du MNSD est incontestable, mais il faut se garder d’une mise en scène qui pourrait être assimilable à une insulte. L’esprit républicain doit prévaloir et guider en tout lieu tout democrate, même lorsqu’il s’agira du père bien aimé des militants du MNSD. Le « tazartche » qu’on accepte d’en parler ou non à été un coup dur, un frein, sinon une entorse à notre démocratie et vouloir réhabiliter ceux des acteurs qui l’ont enfanté en raison de leur rang social, leur âge ou toute autre cause est une atteinte aux valeurs républicaines, sinon une insulte à la mémoire de ceux qui sont morts pour la démocratie voire un doigt d’honneur aux nigériens qui croupissent en prison pour leur forfaiture.

Il est aujourd’hui indéniable que Tandja s’est rendu coupable de haute trahison et les juristes s’accordent tous à le reconnaître à travers les dispositions constitutionnelles de 1999. Alors question? Tandja serait-il dispensé de poursuite malgré le crime de haute trahison avéré du fait de son âge? Sinon qu’est ce qui a empêché ou empêche, la représentation nationale en fin du mandat, de voter la mise en accusation? À ma connaissance le bénéfice de l’âge n’existe pas en droit pénal nigérien? N’est-ce pas là un déni avéré de justice?

Pourtant la démocratie suppose pour sa viabilité, une application stricte des textes, expression de la volonté populaire. Elle ne peut s’accommoder avec des états d’âmes. Et que ceux qui se sont rendus complices de ce déni de justice le sachent, l’histoire situera les responsabilités et le Niger gardera avec lui les séquelles douloureux. À moins que notre démocratie ne soit basée sur des textes sélectifs. Je m’interroge tout en cherchant le sens de cette démocratie dont nous nous targuons.

Maître Bachir

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