L’ex président de la République, Tandja Mamadou est décidément rentré à Niamey après un long séjour parisien,  suite à son évacuation sanitaire en urgence,  il y a quelques mois. L’épreuve était telle pour le « vieux » que certains avaient même annoncé imprudemment son décès.

Apparemment bien en forme, Tandja Mamadou rentré, apprend-t-on,  dans un jet privé, a été accueilli à l’aéroport par le MNSD tendance Seini Oumarou. Certains commentateurs imprudents sont allés jusqu’à dire que le simple fait pour Seini Omar de s’afficher avec Tandja équivaudrait à un autre « verdict » dans l’affaire l’ opposant à l’Autre MNSD.

Très malheureusement, ce jubilé de Seini Omar et ses affidés n’est assorti d’aucune déclaration politique ni de Tandja ni de ses ouailles du jour. Pour la presse, il n’y a rien à redire en termes factuels en dehors des apparences qui sont du reste trompeuses.

En effet, chacun va de commentaire, les uns plus chimériques que les autres. Pour notre part, nous considérons que vue l’attitude de Tandja lui-même durant la crise du « baobab », il faut savoir proportions gardées, car le vieux nous a plutôt appris qu’il sait jouer à la duplicité.

Notre présupposé était que si tant est que Tandja avait voulu, il avait la carte maîtresse à jouer avant le pourrissement de la situation du MNSD en ce sens qu’il jouit de l’autorité morale et politique pour réunir la grande famille, ce parti qu’il lui a pourtant tout donné.

Même lorsqu’il avait a osé « médire » les Albadé en off recorder, on l’a vu promptement rétablir ses relations avec ses « mouches » de sorte qu’aujourd’hui pour ceux qui savent, c’est une prétention de déclarer de façon péremptoire que Tandja est résolument avec Seini et contre Albadé.

C’est vrai que l’obédience MNSD Seini Oumarou avait besoin de cette affiche, cette communication politique pour se faire bonne conscience, se motiver en quelque sorte face à l’impasse actuelle. Mais de là à considérer que l’aile Albadé MNSD est jetée en pâture  de la part de Tandja c’est aller trop vite en besogne.

Et que dire de la relation Issoufou/Tandja ? Là également se trouve tout le mystère. Interrogé par nos soins, un observateur averti de la chose politique du Niger, nous confie qu’aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer tout se jouera entre Issoufou et Tandja, car soutient-il, nous sommes en Afrique et ici  les gens ont une approche très particulière du pouvoir. Et d’ajouter en comparant : Tandja ne pourra pas brusquer Issoufou comme Wade le fait à Maky Sall au Sénégal.

Et notre interlocuteur se rappelle encore de la complicité entre les deux hommes au moment où Tandja était au palais. Et un argument non négligeable de notre analyste consiste à dire que la gouvernance d’Issoufou faite d’approche « chantiers » ne laissera pas indifférent le président Tandja qui selon une autre source était plein d’admiration pour Isssoufou de le voir poursuivre ce qui l’a amené à même s’octroyer un mandat.

Il est vrai que l’opposition ARDR en perte de vitesse et d’initiative, semble ne fonder son espoir que sur la seule béquille de Tandja, mais cet opportunisme risque de s’estomper au regard du caractère imprédictible du choix de Tandja.

On sait, du reste, à quel point les leaders de l’opposition peuvent se sacrifier pour avoir l’assentiment du vieux : ils lui ont proposé d’être leur candidat face à Issoufou en 2016, Hama Amadou la victime est allé demander pardon à celui qui a voulu le « tuer » ( !), on a vu les va et vient de Seini au Maroc, à Paris pour avoir la bénédiction de qui on sait, on a encore en mémoire les déclarations adulatrices de l’ARDR à l’endroit de Tandja comme leur mauvaise conscience ….

Mais depuis que Tandja avait compris que ses anciens alliés lui jouait un jeu, le manipulait d’une certaine manière, le vieux Tandja, en sage et réaliste, il a réalisé que chaque chose a son temps et qu’on ne peut pas réinventer la roue.

C’est pourquoi depuis ses propos malheureux des 400 milliards qui lui ont valu la levée de son immunité, Tandja avait pris ses distances de ses manipulateurs. Pour ce faire, il a non seulement avoué à l’opinion que les 400 milliards, Salou Djibo ne les aurait pas trouvé au trésor national mais aussi il aurait décidé dès lors de mettre la politique entre parenthèses pour ne s’occuper que de son état de santé.

C’est dire que l’opposition doit cesser de rêver pour  aller «se mouiller le boubou » comme voie royale pour la conquête du pouvoir dans et par les urnes. Et non seulement elle est tenue de s’accommoder avec et la Cour constitutionnelle et la Commission électorale nationale indépendante. Ses trop faciles récusations ne sont qu’un coup d’épée dans l’eau.

Selon une source, tout laisse à croire que côté pouvoir l’arrivée de Tandja n’est pas un événement à perdre le Nord, bien au contraire, le régime de Niamey se réjouit d’avoir plutôt accompagné le président Tandja à se faire soigner.

Pour le reste, tout le reste, il faut se garder des apparences car tout ce qui brille…… n’est pas de l’or.

Elh. Mahamadou Souleymane