Il y a quelque temps déjà, ils avaient dit qu’ils récusaient la Cour constitutionnelle, sous le prétexte qu’un membre de ladite juridiction était cousin d’un ami du frère d’un responsable de l’équipe au pouvoir. Or, l’actuelle cour a été constituée de la même manière que par le passé. C’est l’une des Cours constitutionnelles au monde qui comptent le moins de membres désignés par l’Exécutif (un seul, contre 3 en France, au Mali, au Bénin et au Togo, 5 au Sénégal et au Tchad). Le mode de désignation de ses juges, resté inchangé, n’était pas mauvais avant, il l’est maintenant que certains ténors de la vie politique sont à l’opposition !

Puis ils ont dit que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), ainsi que son comité chargé de l’élaboration du fichier électoral (CFEB),  ne comprenaient que des gens du pouvoir ; or, les textes fondant la CENI, ainsi que le processus de mise à jour du fichier, n’ont pas été modifiés ; de fait, toutes ces structures sont animées pour l’essentiel par les délégués des partis politiques, y compris ceux de l’opposition. Qui siègent à leurs postes, au moment même où leurs bureaux politiques clament qu’ils n’y sont pas. Tout simplement surréaliste !

Ils étaient allés aux élections à  plusieurs reprises sous le même régime juridique, concocté d’ailleurs par la classe politique dont ils sont partie, avec la facilitation du Conseil national de dialogue politique (CNDP), une exception nigérienne qui fait école dans le monde.

Samedi dernier, ils sont encore montés au créneau pour, dans une déclaration, rejeter le calendrier électoral proposé non par le gouvernement, mais comme depuis toujours par la CENI, en application stricte de ses prérogatives.

Aujourd’hui encore, ils font abstraction du rôle qu’ils ont joué dans l’élaboration des textes encadrant les élections au Niger, dans la mise en place des structures qui en découlent, et qui comprennent leurs représentants. Il n’y a rien à comprendre à leur attitude.

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Oh que si ! L’opposition n’est pas d’accord. Systématiquement. Elle n’est pas d‘accord avec Tout. Pas d’accord avec la Cour constitutionnelle, pas d‘accord avec la CENI, pas d’accord avec le CFEB, pas d‘accord avec le calendrier électoral, pas d’accord avec le bilan du Président, pas d’accord avec la présence militaire française, pas d’accord avec le soutien aux FDS, pas d’accord avec les poursuites judiciaires contre ses membres, quels que soient par ailleurs les crimes commis.

On connaît la raison principale de l’agitation du chef de file du nouveau mouvement Pas d’accord, Mahamane Ousmane : il a empoché tout seul un crédit de plusieurs millions de dollars accordé à l’Etat du Niger ; du maître penseur du mouvement Hama Amadou : il veut que le gouvernement foule aux pieds l’indépendance des juges et  se mêle de ses … démêlés judiciaires dans l’affaire des bébés importés ; du permanencier Seyni Omar : il est un leader par défaut et un faussaire, susceptible en plus d’être rattrapé par des affaires de gestion.

Mettant la politique au service exclusif de leur propre impunité, ils se jouent avant tout de leurs militants, qui peu à peu comprennent qu’ils ne sont que des pauvres c…, comme dirait Sarkozy.

En balayant d’un revers de la main les assurances données par le président Issoufou dans son adresse à la Nation du 2 août, concernant le processus électoral, l’opposition regroupée au sein de l’ARN a étalé la plus mauvaise foi de l’histoire du Niger. En effet, on n’a jamais connu, autant que maintenant, une mouvance politique qui n’est pas d’accord avec tout ce qu’on lui présente. Qui veut tout et en même temps rien. En invoquant ceci ou cela,  sans aucun fondement, pour bloquer les institutions et les organes électoraux, pour ne pas aller aux élections, ou pour les repousser, l’opposition ne fait que du dilatoire. Avec le risque très probable que cela se retourne contre elle.

Maï Riga (Le Républicain, 13 août 2015)

 

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