Communiqué sur l’organisation et la tenue des élections générales 2016

C’est sans surprise que le MOJEN constate la pose du jalon d’une crise sociopolitique de nature à compromettre l’organisation des élections générales en 2016 dans notre pays. En effet, pressentant l’avènement de cette crise, le MOJEN à travers déclarations et communiqués avait attiré l’attention de tous les acteurs politiques sur la nécessité et leur obligation de répondre aux attentes de notre peuple habitué à recevoir les éloges et les honneurs de la communauté internationale en matière d’élections démocratiquement réussies.

Les accusations mutuelles entre le pouvoir et l’opposition sur la question de la transparence et l’équité ne peuvent que retarder notre pays au risque de voir ces élections bâclées voire totalement compromises. En la matière rien ne vaut un consensus du moment que le cadre institutionnel existe et que notre pays regorge des personnalités indépendantes à même de renforcer l’arbitrage entre le pouvoir et l’opposition. En dépit, du discours du président de la république de faire éviter à notre pays toute escalade de violence en relation avec l’organisation et la tenue de ces élections, force est de constater le règne d’un climat de méfiance, de défiance et de doute de nature à compromettre la sérénité et la quiétude sociale.

En effet, au MOJEN nous estimons que la traduction concrète de l’aveu du président doit se manifester dans une volonté réelle d’implication effective de tous les acteurs afin que rien ne se passe sans consensus préalable. Il nous semble urgent et nécessaire que les différentes parties s’accordent sur la fiabilité du fichier  électoral qui est l’une voire la première des pièces maitresses dans l’organisation et la tenue des élections. En effet, sans un fichier transparent pour toutes les parties, on ne peut aller en élection sans compromettre les résultats.

C’est pourquoi, il faut auditer le fichier pour mettre en confiance toutes les parties prenantes.

A propos du calendrier électoral, tout autant que la reprise du fichier électoral, le pouvoir actuel ne peut se dérober de son entière responsabilité car nous l’avons dit auparavant qu’il a disposé  suffisamment de temps, en effet plus de quatre années et des moyens financiers nécessaires qui auraient même permis de faire de la question biométrique un lointain souvenir. Malheureusement, c’est à la dernière minute au moment où tout aurait été normalement terminé qu’on a pensé à faire du bricolage. Le pouvoir doit s’assumer et se condamner à s’entendre avec l’opposition afin de ne pas compromettre la promesse du président de la république. N’est –il pas nécessaire de faire un réaménagement permettant de coupler les locales avec le 1er tour des présidentielles et les législatives du second tour ? Si tel qu’il est impossible d’organiser les locales seules en premier puis le reste. Quoi qu’il en soit une rencontre entre les parties s’impose à cet effet. De la récusation  de la cour constitutionnelle, c’est le droit de l’opposition de le faire mais que faire de la loi d’inamovibilité de ses membres ? Si le pouvoir s’en tient exclusivement à l’application de la loi, on ne peut que se tourner vers la cour constitutionnelle elle-même. En effet, les hommes et les femmes qui gèrent cette institution accepteront-ils d’être à la base du cahot sociopolitique nigérien ? Sont-ils à la hauteur de faire un geste inédit de démissionner pour cause de perte de confiance d’une opposition qui représente plus de 45% des citoyens nigériens ? Quoi qu’il en soit l’opposition ne peut espérer obtenir satisfaction sur tous les points, il y a nécessité qu’un consensus se dégage. C’est pourquoi, le MOJEN :

– Attire l’attention du président de la république sur le respect de la parole donnée devant Dieu, la nation et la communauté internationale.

-Demande au président de la république de faire du consensus sur toutes les questions litigieuses l’outil cardinal de solution.

-Invite tous les acteurs impliqués dans cette crise qui se dessine de faire preuve d’élévation d’esprit et de sens de responsabilité pour servir le Niger, rien que le Niger.

  Fait à Niamey, le 11 Août 2015

  Je vous remercie

  LE PRESIDENT du BEN MOJEN

  M. Sirajo Issa