C’est Karl Marx qui a dit : « Celui qui ne connait pas l’histoire est condamné à la revivre ». En effet, ayant vécu sous le régime de sept (7) Républiques, avec neuf (9) constitutions différentes, une conférence nationale souveraine et quatre (4) Coups d’État, n’a visiblement pas servi de leçon à la classe politique nigérienne qui renoue avec les polémiques sans fin.

Polémiques amplifiées par les regroupements alarmistes sur fond de déclarations incendiaires décrivant un Niger dans le désenchantement total. Le tout se passe dans un contexte où les plus hautes autorités du pays et l’ensemble des populations sont préoccupées par la situation sécuritaire d’une part, et de l’autre, le résultat final de la campagne agricole en cours.

On le sait, le gouvernement est gouvernement parce qu’il est censé être sur tous les fronts et en toutes circonstances, mais encore faut-il, dans l’intérêt général, lui faciliter la tâche ou que lui-même crée les conditions optimales qu’on lui la facilite.

En général, les élections sont synonymes de calculs politiciens, manœuvres souterraines et autres manigances visant à valider la victoire de son mentor politique ou salir celle de son adversaire. Cependant, la morale étant indissociable de la Démocratie, on ne peut, dans une logique du politiquement correct, vouloir en même temps une chose et son contraire.

Ce paradoxe est bien mis en évidence ici par un ami : « Le régime en place semble vouloir profiter des problèmes dans les partis et des affaires pendantes devant la justice pour ne pas affronter des opposants qui se croient populaires. Les opposants veulent profiter de quelques erreurs techniques et fautes liées à des personnes pour ne pas aller aux élections dramatisant ainsi la situation afin que les résultats des élections prochaines plongent le pays dans la méfiance et l’insécurité. »

C’est dans cet imbroglio que vient de naitre lundi dernier, le Front Patriotique et Républicain (FPR). Il faut dire que ce conglomérat de structures associatives réunies au sein du FPR n’a pas d’avenir tout comme la défunte CFDR dont on sait aujourd’hui les malheureux résultats et surtout les vraies motivations de ses barbouzes au perchoir des institutions de la République.

A bien d’égards, ce FPR ressemble à une sorte de politique de l’autriche de l’ARDR qui, sentant le danger avec sa récusation inopérante et mal inspirée de la Cour Constitutionnelle, essaie de créer un rapport de force qui lui fait défaut face au pouvoir en place. En effet, c’est sans appel, jusqu’ici même les juristes proches de l’opposition ne sont pas capables de démontrer comment la récusation de la CC pourrait être légalement possible.

D’ailleurs, beaucoup de signataires de la charte de création du FPR le savent. C’est de la diversion ! Seulement faisons attention car dans cette aventure, l’opposition prétend imposer au régime en place l’organisation d’élections inclusives, libres et transparentes. En même temps, dans une logique désespérée de gagner ces élections, elle anticipe sur la course en embobinant très tôt en son sein certaines organisations peu crédibles de la société civile et des partis non affiliés, contre un soi-disant  »désenchantement total » dans lequel serait plongé le Niger. Exactement comme l’a fait le PNDS-Tarraya et ses acolytes de 2009 contre le Président TANDJA et la suite était le pique-nique du soldat qui s’est fait broder d’étoiles sans rendre compte à personne (….).

Bien sûr que les deux situations ne sont pas comparables, mais le fait inquiétant est que nous avons les mêmes acteurs avec le même état d’esprit, même vision et mêmes ambitions dans des contextes qui diffèrent légèrement.

Le plus choquant dans cette cacophonie, c’est la création de la pléthore d’observatoires électoraux par les mastodontes de la société civile nigérienne proches du pouvoir et de l’opposition. Une société civile donc divisée. Et certainement le reliquat des partis non affiliés puis les futurs candidats indépendants seront prédisposés à se positionner dans un ping-pong inutile en perspectives par médias interposés.

En réalité, le FPR n’a d’autre mission que s’opposer éventuellement au passage estimé hallucinant du Président Issoufou au premier tour des Présidentielles 2016. Autrement dit, c’est le plan B de l’ARDR (opposition politique) au cas où ça chaufferait aux élections. Le FPR prendra le devant de la rue avec certainement un  »pacte politique satanique » pour barrer la présidence au PNDS. Et là c’est parti….on rebelote : l’histoire se répète.

Au regard de ce qui précède, si tel est que c’est le Niger rien que l’intérêt du Niger qui serait à la base de leur création, les observatoires électoraux doivent également fusionner en un seul cadre fédérateur et la classe politique doit dialoguer, s’entendre sur un chronogramme consensuel des élections au sein du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP). La crédibilité des élections, la Paix et la quiétude sociale au Niger le recommandent.

Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou
Ecrivain du Sahel

Niger Inter

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