Hama Amadou rassure ses militants qu’il ne chôme pas mais plutôt qu’il se trouve présentement en « intense activité politique ». C’était sa réponse épidermique au journaliste de Golf TV qui a osé insinué que sa fuite serait synonyme de villégiature en Occident. D’un media à un autre, ce déserteur sait glisser des informations selon son public. Il sait aussi endoctriner certains journalistes puisque chaque fois dans leurs papiers ces historiens du présent ne laissent aucun doute sur leur source. C’est ainsi qu’il annonce avec témérité et de manière péremptoire à Paris Match sa décision de rentrer au Niger, advienne que pourra ! Commentaire.

L’annonce a été faite par le magazine français Paris Match « Hama Amadou bientôt de retour à Niamey ». Cet intertitre pompeux de ce journal  se résume en réalité à ceci : « Hama Amadou, lui, prépare son retour à Niamey pour participer à la campagne présidentielle. «Peu importe, ils pourront m’embastiller. Je reviendrai», nous a-t-il assuré avant de rendre visite à Mamadou Tandja, l’ancien président soigné dans un hôpital parisien. »

A la vérité, sur Golf TV après avoir écouté l’intéressé, on se rend compte que ce serait une annonce faite pour la consommation des lecteurs de Paris Match sachant que très peu de nigériens ont accès à ce magazine. Sur Golf TV, à ce sujet on a écouté un Hama Amadou spéculateur comptant sur la combativité de ses militants pour imposer sa candidature.

Il sait que les nigériens ne sont pas amnésiques : Hama lui-même a convaincu les nigériens dans sa lettre inaugurant  sa fuite qu’il ne serait de retour que lorsque « le monstre » en place (le président Issoufou) ne sera plus là. Celui qui s’estime « courageux mais pas téméraire » n’est pas de ceux qui prennent de risques. Il préfère rester dans sa zone de confort et les autres croisent le fer avec le danger et que lui pourra revenir trôner au palais.

Il a tout de même mis son regain médiatique de ces derniers jours à profit pour faire des révélations qui frisent des fictions d’un homme désaxé et déconnecté de la réalité. Il annonce pèle mêle : qu’Issoufou ne sera même pas au second tour ! Il a disculpé Tandja à propos de son séjour à Koutoukalé pour accuser l’actuel président qui aurait convaincu Tandja de l’emprisonner.  Issoufou aurait un accord secret avec Salou Djibo qui consistera au retour de Salou Djibo après le règne du président Issoufou.

Sur ce dernier point, le journaliste a rétorqué mais pourquoi avait-il alors appelé à voter Issoufou ? Dans un style spéculatif, il a essayé d’accuser son challenger de cynique puisque pour passer la main à Salou Djibo, il fallait liquider Bazoum et consorts, la fraude électorale massive à Tahoua, un tissu de farce et de démagogie pour discréditer le caractère normal de l’élection de son ex allié principal dont il se délectait d’avoir fait président dans des conditions pourtant tangibles.

Mais ce qui est symptomatique d’une machination ce sont ces annonces dont seul Hama et son parti ont le secret : Hama a anticipé pour dire le sort qui lui serait réservé ainsi que les autres leaders de l’opposition et à travers la section de Lumana en France il accuse sans appel la Cour Constitutionnelle : « La  Cour  annonce déjà, dans des conversations en aparté que :

– La candidature de Mahamane Ousmane serait invalidée s’il se présentait sous les couleurs de la CDS. On lui suggère par conséquent de se présenter en candidature indépendante, afin d’officialiser l’arrimage de la CDS au soutien à la candidature d’Issoufou Mahamadou.

– La candidature de Seyni Oumarou serait invalidée s’il se présentait sous les couleurs du MNSD-Nassara, au motif que le contentieux judiciaire avec les dissidents ne serait pas vidé par les tribunaux. On créerait ainsi la confusion dans l’esprit des électeurs fidèles à ce parti.

– La candidature de Hama Amadou serait invalidée sous prétexte qu’ayant passé plus d’une (1) année à l’étranger, il n’aurait plus droit à un certificat de résidence, en dépit de l’évidence que sa résidence principale et sa famille sont à Niamey et cela de façon ininterrompue depuis toujours. Pourtant la Loi électorale en vigueur n’a jamais évoqué une invalidation d’un candidat pour absence du Niger. »

C’est finalement de la « fixation » sur cette institution qui reçoit des tirs croisés  sans cesse répétés de l’opposition. Cette cour que Hama considère dans une gymnastique juridique comme une juridiction normale susceptible alors d’être récusée comme les autres juridictions !

 Mais c’est oublié que même Me Souley Oumarou en rapporteur général de l’ARDR a laissé comprendre que la récusation ne pourrait découler que de la subversion ou du rapport de force se référant à la jurisprudence sous l’ère Baré lorsque l’opposition de l’époque a obtenu le remplacement de deux juges à la Cour.

Toute la question est de savoir si  Me Souley Oumarou, avocat de Hama Amadou qui considère l’affaire des bébés importés comme une affaire chimérique à l’instar de l’affaire « commando K » avait argumenté comme homme politique ou juriste ? Ces politiciens de salon peuvent-ils créer ce rapport de force qui a amené Baré à faire la concession dont le contexte a été bien expliqué par Djibril Baré répondant à Me Souley Oumarou ?

Peut-être seul ce retour annoncé de Hama Amadou pourra éclairer nos lanternes quant à la faisabilité de la récusation de la Cour constitutionnelle, lui qui n’a même pas épargné la très respectée Cour de Madame Bazeye. Mais pour ceux qui n’ont pas perdu le sens de la réalité, nul doute que le retour de Hama Amadou n’est qu’une chimère qui ne fait plus recette même dans les esprits des plus intégristes de ses ouailles.

Parlant du courage voire de la témérité du député Saidou Bakary, un observateur averti nous a fait la remarque : «  Il n’a pas le choix car il est conscient que Hama Amadou n’est pas heureux là où il est ! ». Et tout laisse à croire que c’est ce mal être qui lui a arraché cette petite phrase servie à Paris Match : «Peu importe, ils pourront m’embastiller. Je reviendrai».

Tiemago Bizo

Niger Inter

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