Maradi attend toujours sa première femme spécialiste en obstétrique.  » A Maradi il n’y a aucune gynécologue femme, dans toutes les cliniques ce sont des hommes qui examinent les malades. A l’hôpital, il y a une généraliste mais elle n’est pas gynécologue». Ce sont les propos d’une habitante de Maradi qui nous racontait tout son supplice, toute sa frustration de se faire examiner par un gynécologue homme.
On nous dira que tout de même il y a un spécialiste obstétricien. Soit. Mais à en croire cette femme, ce qu’elle a vécu est insupportable et révoltant. Elle a senti son intimité violée. C’était très douloureux mais elle ne pouvait rien faire comme elle n’a pas de choix.


Et je pense que c’est le rôle de l’Etat dans la mesure du possible et dans le respect du droit à la santé des citoyens de créer les conditions de possibilité pour que nos femmes, nos sœurs puissent faire suivre leurs grossesses et leur situation dans la sérénité et le respect de leur intimité. Simplement dans le respect des valeurs qui constituent leur être, leur identité.


Très malheureusement dans nos villes et villages, il y a encore des parents qui sont très hostiles à envoyer leurs filles à l’école. Ceux-là épousent autrement la doctrine « boko haram » (l’école du blanc illicite étymologiquement).

C’est le résultat de mauvaises attitudes et décisions des parents d’hier qu’on vit aujourd’hui. C’est dire simplement qu’il est plus que nécessaire d’envoyer les filles à l’école dans nos villes comme dans nos villages. Et pas seulement cela, il faut aussi les laisser développer leur potentiel à l’école.

C’est ainsi seulement qu’on pourrait répondre à ce cri de cœur exprimé par Hadiza, l’habitante de Maradi citée plus haut. A l’évidence, on se rend compte que tous ces spécialistes qu’on se targue d’avoir formés, ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan tant les défis et les besoins sont énormes dans notre pays où tout est prioritaire….. pas seulement dans le secteur de la santé.

EMS

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