Le pèlerinage est le cinquième pilier de l’Islam, à l’imitation du Prophète qui s’est rendu à la Mecque, accompagné d’un grand nombre de musulmans, le douzième mois de l’an dix de l’Hégire. Il inaugure alors le rite du hajj.

Le Hadj comporte différentes étapes dont la sacralisation pendant laquelle le pèlerin porte un habit particulier de deux pièces d’étoffe, tout blanc, sans aucune couture; les femmes, elles, portent une robe très longue cousue et cachant le visage. Pendant la durée du pèlerinage, le pèlerin doit respecter un certain nombre d’interdits (ne pas se couper les cheveux, poils, ongles), ne pas avoir de rapports sexuels, ne pas tuer de bêtes.
La circumambulation est une autre étape. En arrivant à la Mecque, le pèlerin se rend devant la Kaaba, il en fait sept fois le tour en allant vers la droite en partant de la Pierre Noire. Il doit ensuite courir entre deux buttes nommées Safâ et Marwa, distantes de 400 mètres l’une de l’autre ; il faut faire quatre fois l’aller et trois fois le retour en souvenir d’Agar, perdue dans le désert, affolée, sur le point de mourir de soif, et qui aurait couru entre ces deux buttes avant de trouver le puits sacré de Zemzem, non loin de l’emplacement de la Kaaba.

Le 9ème jour, la foule se met en route vers le mont Arafat, situé à une vingtaine de kilomètres de la Mecque. D’après la tradition, c’est au sommet de cette montagne, qu’Adam et Eve, chassés du Paradis, se retrouvèrent, au Djebel Arafat, la montagne de la Reconnaissance. Mais c’est surtout un endroit sacré parce que le Prophète Mohamed (SAW) s’y est arrêté pendant son pèlerinage des Adieux. Le pèlerin prie debout, de midi au coucher du soleil.

Sur le trajet du retour, à Muzdalifa, le pèlerin fait provision de petits cailloux qui serviront le lendemain pour la Lapidation des stèles sataniques. Ce rite est basé sur un souvenir historique, celui d’Abraham, que Satan chercha par trois fois à faire désobéir à Dieu, lequel lui avait ordonné de sacrifier son fils Ismaël ; les trois fois, Abraham répondit au tentateur en le chassant à coups de pierres.

Après la cérémonie de la lapidation, on procède au sacrifice: brebis, chèvres, moutons, ceci en souvenir du sacrifice effectué par Abraham, qui selon la tradition, eut lieu à Mina. Mais le pèlerin immole aussi sa nature animale, ses passions mauvaises. Le pèlerinage se termine par un nouveau  » tawaf  » de sept tours autour de la Kaaba.
Le pèlerinage, selon la religion musulmane, permet l’expiation des péchés, grands et petits, conformément à la parole du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui), rapportée par Boukhari :  »Quiconque fait le pèlerinage, sans avoir de rapport sexuel, et sans commettre de grand péché, est dégagé de ses péchés et redevient pur comme le jour où sa mère l’a mis au monde »; cela, à condition que son intention soit sincère envers Allah, que l’argent utilisé pour effectuer son pèlerinage soit licite, et qu’il se préserve du grand péché.
Le pèlerinage constitue donc une série d’efforts réunis, qui sont envisagés comme une manière de calmer son âme, c’est-à-dire de la maîtriser. En effet, il constitue une dépense d’argent, un effort contre ses passions par la faim, la soif, le fait de veiller longtemps, de subir des épreuves, l’éloignement de son lieu de résidence, la séparation d’avec sa famille et ses amis.

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