Mohamed Ibn Chambas, Représentant spécial en Afrique de l’Ouest du Secrétaire général de l’ONU, était les jours passés l’hôte du Niger. En charge de veiller sur la paix et la sécurité dans les pays de la sous-région, et donc d’alerter son patron sur toutes les menaces qui planent sur nos têtes, son attention a été attirée sur le Niger par les voix qui s’élèvent à l’approche des élections générales de début 2016. Lorsque le ton monte dans un pays, ce n’est guère bon signe pour ces hauts fonctionnaires du monde. Et donc, M. Ibn Chambas est venu. Pour constater que si le ton monte au Niger, c’est uniquement…du fait de l’opposition.

Au cours de son séjour dans notre pays, le représentant de l’ONU a eu de nombreuses rencontres, en particulier avec les acteurs engagés dans le processus électoral de 2016 : les partis politiques de la majorité comme de l’opposition, les organisations de la société civile, les agences des Nations unies et les représentants de la coopération bilatérale, le gouvernement, et bien sûr la Commission électorale nationale indépendante et son démembrement chargé de la confection du fichier électoral. Comme savent si bien le faire les diplomates, M. Ibn Chambas a aussi beaucoup observé.  Et à la fin de son séjour, il a rendu publique une déclaration, qui dit en substance que l’organisation des élections est menée bon train, que le gouvernement lui assure les soutiens nécessaires, que la paix et la quiétude sociales doivent être préservées pour que le processus soit mené à bon terme, et que toutes les parties doivent respecter l’incompressibilité des délais arrêtés par la CENI. En somme, une reconnaissance des efforts du gouvernement et du président de la République pour assurer des élections libres et transparentes, et un rejet de l’argumentation de l’opposition qui, sans aucun fondement, nie cette bonne volonté affichée des Autorités. Ainsi, l’opposition, qui aime prendre à témoin l’opinion nationale et internationale, se retrouve elle-même prise à témoin par l’envoyé de M. Ban Ki Moon, qui en fait lui a lancé un appel à se ressaisir.

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La communauté internationale n’a pas le « nez percé » comme le croirait l’opposition dans son infinie naïveté, et on ne la trompe pas avec des déclarations multiples et des mensonges. Elle sait écouter même quand c’est le chahut, et analyser tout ce qui est dit et écrit pour séparer le vrai du faux, et le sérieux du dilatoire. Elle utilise un langage diplomatique en toute circonstance, mais ses propos ne sont pas sujets à des interprétations fantaisistes. Ceux qui savent lire comprennent exactement ce que cachent les mots policés des diplomates.  

Ibn Chambas n’est pas nigérien de nationalité et il n’a pas de parti au Niger. C’est un diplomate chevronné, ancien ministre de son pays le Ghana, ancien patron de la CEDEAO et ancien Secrétaire permanent du groupe ACP. S’il a pu mener une telle carrière, loin de celles des faussaires Seyni Omar et Ousseini Salatou, d’un trafiquant présumé de bébés (Hama Amadou) ou d’un vulgaire voleur de yuans taiwanais (Mahamane Ousmane), cela n’est pas dû au hasard. Il mérite d’être écouté, et il n’est pas permis à certaines personnes de douter de lui. C’est pour dire qu’au lieu de continuer à vociférer sur la Cour constitutionnelle, la CENI et le CFEB, organes en charge de l’encadrement des élections, l’opposition ferait mieux d’écouter M. Chambas, et de s’atteler à la préparation de sa participation aux élections. Car, c’est bien à cela qu’invite le diplomate ghanéen.

 

Maï Riga (Le Républicain du 17 septembre 2015)