Ira-t-elle ou n’ira-t-elle pas aux élections? C’est la question que l’on se pose après la dernière sortie de l’opposition. A quatre (4) mois des élections au Niger, notamment présidentielles, l’opposition a décidé de faire monter d’un cran les enchères avec de nouvelles revendications et de manifestations de rues. Mais le régime du président Issoufou reste intransigeant et plus que jamais déterminer à tenir les élections aux dates prévues et avec les institutions actuelles, notamment la CENI et la Cour Constitutionnelle.

Le Front Patriote Républicain (FPR), la coalition de l’opposition, entend aligner les candidatures de ses trois (3) leaders lors des élections présidentielles de l’année prochaine. Outre la candidature de facto de M. Seini OUmarou, chef de file de l’opposition pour le compte du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD-Nassara), la principale formation de l’opposition, le FPR entend imposer celle de l’ancien Président de la République M. Mahamane Ousmane (pour le compte de la Convention Démocratique et Sociale, CDS-Rahama) et celle de l’ancien président de l’Assemblée Nationale M. Hama Amadou déjà investi par son parti le FA-Lumana). «Le FPR, ne fera aucune concession par rapport à la candidature de Hama Amadou et de la candidature de Mahamane Ousmane » a indique l’opposition dans une déclaration rendue publique.

 L’opposition décide d’abattre ses dernières cartes

 Pourtant, M. Mahamane Ousmane a été débouté par la justice nigérienne au profit de son rival M. Abdou Labo dans la crise qui oppose les deux (2) personnalités pour le contrôle de la CDS-Rahama. Quant à Hama Amadou, il est activement recherché par la justice nigérienne dans le cadre de l’affaire des bébés importés du Nigeria. Exilé en France depuis plus d’un an, il est sous le coup d’un mandat d’arrêt national.

 L’opposition entend donc aller aux présidentielles en rang dispersé (si elle se décide à aller) avec au moins trois (3) candidatures faute de s’entendre sur un candidat unique, une stratégie qui risque fort de faire les affaires du président sortant, le président Mahamadou Issoufou, candidat à sa propre succession pour un second et dernier mandat. Fort de ses réalisations dans plusieurs domaines, infrastructures (Dosso, Sogha, Niamey Nyala et bientôt Maradi Kolliya), économique, diplomatique et surtout sécuritaire, notamment la lutte contre les groupes terroristes au Mali, en Lybie et au Nigeria, le président Issoufou fait figure de grand favori des prochaines présidentielles.

 Mais, le FPR tentera de faire plier le régime dès cette semaine à travers des manifestations de rue, pour exiger des élections libres, inclusives, transparentes et équitables. Le lancement du mot d’ordre du Front Patriote Républicain intervient à quelques jours d’intervalle du lancement des manifestations des scolaires nigériens. Simple coïncidence ou volonté manifeste d’utiliser les scolaires nigériens comme boucliers humains pour satisfaire des revendications purement politiques ?  Les jours prochains nous le diront.

 Le président Issoufou tend la main, mais ne cède rien

 La coalition de l’opposition exige entre autre, l’Audit du fichier électoral; la récusation des membres de la Cour constitutionnelle actuelle du Niger, le fonctionnement de la CENI et le respect des séquences traditionnelles des scrutins. Toutefois, le président Issoufou reste intransigeant sur le respect de la Constitution et sur l’indépendance de la CENI et de la Cour Constitutionnelle. «Je n’ai pas le pouvoir de dissoudre la Cour constitutionnelle et je n’ai l’intention ni de modifier la composition de la Ceni, ni d’interférer dans ses décisions » a affirmé clairement le chef de l’état. Mais le président a tendu la main à l’opposition lors d’une visite jeudi dernier à N’gourti (est du pays) pour des élections «apaisées, justes, crédibles et transparentes » tout en souhait des débats sereins, programme contre programme.

 «On ne peut pas reprocher au président d’avoir mis en place il y a presque deux (2) ans un gouvernement d’union pour éviter la cohabitation après le départ de son principal allié, car la formule trouvée avec certains poids lourds du MNSD  a bien tenu contre vents et marrées et on s’achemine lentement mais surement vers la fin du mandat du président, ce qui n’était pas d’avance gagner » a expliqué un observateur de la scène politique nationale.

 Dans quelques mois en effet, le président Mahamadou Issoufou aura doublement rendez-vous avec l’histoire du Niger. S’il parvient à achever son mandat (ce qui semble acquis), il entrera dans l’histoire comme étant la seconde personnalité politique à avoir terminé un mandat Constitutionnel (en 25 ans de démocratie multipartite), après le président Tanja Mamadou. Le premier président démocratiquement élu M. Mahamane Ousmane et son successeur (il est vrai après une élection contestée) M. Ibrahim Baré Mainassara ayant tous été renversés par des coups d’état militaire. S’il parvient à rempiler pour un second et dernier mandat, il entrera la également dans l’histoire, comme étant le second président à briguer deux (2) mandats et à se succéder à lui-même, rejoignant toujours le président Tanja. Apres quoi, Zaki pourrait se retirer la tête haute dans son Dandadji natal avec le sentiment de mission accomplie et d’avoir donné le meilleur de lui-même pour l’épanouissement du peuple nigérien. « Je ne serai jamais celui qui sera à la base du travestissement de l’expression de la volonté populaire » a promis Zaki.

Kakaniger.net