Le verdict a donné l’espoir à Seini qui ne se voit plus dans la posture du porteur d’eau de quelqu’un, fut-il son vieil ami, Hama. C’est pourquoi, on se rappelle, Hama Amadou n’a eu de cesse de le dire urbi et orbi que le seul opposant digne du nom, celui qui est capable d’affronter Issoufou Mahamadou et de le vaincre, c’est lui et personne d’autre. Seini Oumarou, Mahamane Ousmane et les autres sont bons pour travailler à son service, à l’émergence de sa candidature. C’est aussi pourquoi, il a récemment annoncé qu’il a Tillabéri et Niamey, et que Mamadou Tandja et Mahamane Ousmane vont lui apporter Maradi et Zinder. Et hop, il a le pouvoir. Les régions de Tahoua, Dosso, Agadez et Diffa ? Non, ce n’est pas significatif à ses yeux pour gagner haut les mains le pouvoir d’Etat.

La donne est entrain de changer mais pas du côté des lumanistes qui pensent que c’est toujours le statu quo. C’est ainsi que le mardi 13 octobre, ils ont tenu une réunion dans la perspective du retour toujours annoncé mais toujours reporté de leur champion, Hama Amadou, qui a fui la justice nigérienne depuis le 26 août 2014. Il s’agissait pour la réunion de convenir de la mobilisation de quelques 5.000 jeunes Lumana, ARDR et FPR (2 coalitions pour la même opposition) pour s’occuper du retour de Hama. En clair, il s’agit de 5.000 jeunes prêts à provoquer la chienlit conformément à la logique putschiste et subversive qui caractérise un pan de l’opposition. Ces 5.000 jeunes devront avoir pour mandat d’empêcher à la justice d’arrêter Hama à son retour, conformément au mandat d’arrêt qui a été lancé contre lui. Ce mandat d’arrêt, se rappelle-t-on, a été confirmé, il y a 2 mois, par la Cour d’appel de Niamey en réponse à la requête de Hama lui même.

Pour cette opération de recrutement des jeunes hors la loi, indiquent nos sources, 2 points focaux ont été désignés dont un acteur dit de la société civile.

Le niet est venu des responsables du MNSD qui refusent de partager l’idée de mobiliser des jeunes de leur parti pour Hama. En fait, ils refusent de faire la promotion de la candidature de Hama, alors qu’eux-mêmes entendent présenter leur président Seini Oumarou. C’est aussi la logique de violence que les gens reprouvent, une violence destinée à satisfaire les ambitions pouvoiristes d’un individu qui ne se gêne pas à prendre ses jambes au cou pour ne pas assumer les conséquences des actes délictueux qu’il pose.

Dans le même temps, des bisbilles sont apparues au sein de Lumana même où des responsables refusent de se laisser écraser. C’est le cas du député de la région de Niamey dont la reconduction de la candidature à l’occasion des législatives de février 2016 fait problème du fait de l’opposition de certains responsables de sa section. Le député, qui ne se laisse pas conter, a décidé de se faire entendre en brandissant la menace de se faire utile ailleurs. C’est une nouvelle crise interne, à l’exemple de celle qui a secoué le parti avec la mise en quarantaine de Seyni Mereda, un ami du président du parti. Un comité de crise vient d’être mis en place. Il a mandat d’éviter que le député et sa base ne claquent la porte. Au moment du bouclage du journal, le comité a été appelé à se réunir pour éteindre le feu dans ce qui est considéré comme le fief de Lumana. Les conclusions de cette rencontre qu’on peut qualifier de celle de la dernière chance sont certainement très attendues. Quelle que soit l’issue de cette réunion, la crise est là.

Ces événements en eux seuls traduisent le malaise qui s’empare progressivement de l’opposition, à mesure que l’on tend vers les élections. Ce malaise, sur fond de guerre de leadership latente, va s’accroitre certainement les jours et semaines à venir.

Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que la rencontre du comité de crise pour rapprocher les positions du député Djaffarou et des responsables de la section de Niamey a échoué et qu’il a été décidé de transmettre le dossier au niveau du conseil des sages du parti.

Gorel Harouna 

Le Républicain du 15 Octobre 2015