Certes, l’homme politique est un rêveur, mais trop rêver sans être réaliste, c’est manquer du respect à l’intelligence de l’opinion publique. Amadou Boubacar Cissé, un des arrivistes ‘’planificateurs’’ de la mise en œuvre du Programme de la Renaissance du Niger préconisé par SEM Issoufou Mahamadou, qu’il l’a copté dans les circonstances politiques que l’on sait, à la tête du Ministère en charge du Plan, semble ignorer la réalité politique actuelle de notre pays. Ce qui n’est pas surprenant, parce que ‘’Cissé Anassara’’, entendez Cissé le Blanc, en langue Zarma, ignore tout du Niger profond. Et peut-être que le Président Issoufou se serait lourdement trompé en lui confiant la gestion de ce département ministériel, dont l’une des attributions essentielles est axée sur le développement communautaire.

De toute façon, après le tintamarre de Cissé autour de son ‘’PDES 2012-2015’’, un catalogue de visées paradisiaques pour le Niger, et son échec retentissant au programme Kandadji, puis son départ sans surprise du Gouvernement, l’homme n’a trouvé mieux que de se déclarer ‘’principal challenger’’ du président Issoufou aux élections 2016. En tenant ces propos, Cissé semble oublier que pendant qu’il cumulait ses échecs dans la gestion du ministère en charge du plan, Issoufou, lui, forçait l’admiration de la communauté internationale, des populations nigé- riennes, voire de certains adversaires politiques qui ont cru à la noblesse ainsi qu’à la grandeur de son engagement à rassembler les nigériens pour bâtir l’édifice national.

Quand, lui faisait la politique de salon, loin du reliquat de ses militants de base, eux-mêmes aujourd’hui choqués par son confinement dans la paperasse, le Président Issoufou gagnait une adhésion massive des militants à son programme et aux réalisations concrètes pour ce Niger émergent. Adhésions y compris des militants de l’UDR-Tabbat pour le PNDS Tarraya qui ont fini par comprendre l’inefficacité et l’échec de la politique de salon climatisé dans laquelle a beaucoup excellé Cissé et lui seul au Niger. C’est donc sans tambour ni trompette que le Président Issoufou s’investit à tenir vaille que vaille les promesses faites au peuple le 07 Avril 2011. Sur ce, Cissé et ses acolytes le savent, le peuple sera certainement reconnaissant au Président Issoufou au rendez électoral de 2016. Tout ce qu’il fait et continue de faire c’est honorer ses engagements à servir le Niger au grand bonheur des populations.

Parce qu’il a toujours été aux cotés des populations, particulièrement nos compatriotes du monde rural, pour avoir sillonné plus de 30.000 villages que compte notre pays, Issoufou Mahamadou sait mieux que le ‘’planificateur’’ Cissé, les conditions de vie des populations nigériennes, et reste par conséquent le choix idéal pour la poursuite des réalisations concrètes faites dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de la Renaissance.

En se déclarant principal challenger au président Issoufou aux élections de 2016, après l’avoir courtisé, Cissé a non seulement fait preuve d’ingratitude politique, mais en plus, il a totalement sous-estimé la force de frappe que représente l’opposition politique nigérienne. Une opposition politique certes affaiblie, mais qui se souviendra toujours des manœuvres souterraines de Cissé depuis 2009, pendant le Tazartché, avec un Mahamane Ousmane aujourd’hui en disgrâce. L’opposition politique se souviendra surtout des multiples alliances de salon concoctées par le planificateur Cissé et qui ont fini par s’effriter car, l’objectif ‘’planifié’’ dès au départ par Amadou Boubacar Cissé était de se servir. Ni plus ni moins.

Enfin, par quelle osmose, Cissé qui n’a jamais pu rencontrer le restant de ses militants pour avoir passé le plus clair de son temps à signer des Conventions, peut-il se présenter d’abord candidat, a fortiori principal challenger du président Issoufou ? C’est méconnaitre la maturité politique du peuple nigérien. Or nous le savons, même le reliquat des militants de l’UDR-Tabbat ne connaissent pas le domicile de ce pré- sident renfermé. A la vérité, Amadou Boubacar Cissé a toujours été aux antipodes des réalités du Niger profond qu’il ne tente de tâter qu’à la veille des consultations électorales. D’ailleurs, cela doit interpeller certains scribes acquis à la cause de Cissé qui n’a que ses rêves à leur offrir dans l’illusion d’une assise électorale qu’il a même perdue au profit du PNDS-Tarayya.

Abdrahmane.A ( Le Républicain du 26 Novembre 2015 )